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Charles Michel, «l’homme qui a plaqué la Belgique»
International 3 min. 01.11.2019

Charles Michel, «l’homme qui a plaqué la Belgique»

Charles Michel, «l’homme qui a plaqué la Belgique»

International 3 min. 01.11.2019

Charles Michel, «l’homme qui a plaqué la Belgique»

Le départ précipité du libéral francophone lui vaut les foudres de ses adversaires politiques et de la presse. Tout cela alors que la Belgique n’a toujours pas de gouvernement.

De notre correspondant, Max HELLEFF (Bruxelles) - Il est «l’homme qui a plaqué la Belgique», un «petit pays pas sexy», pour les ors de l’Europe. Sur les ondes de la RTBF, le chroniqueur Thomas Gunzig s’est fendu d’un billet assassin à l’encontre de l’ancien Premier ministre, Charles Michel, en partance pour la présidence du Conseil européen. Un poste qu’il occupera à partir du 1er décembre.

Cette saillie ne serait qu’une charge supplémentaire contre le libéral francophone si elle ne croisait un sentiment largement répandu. Charles Michel passe volontiers pour un irresponsable qui abandonne son pays toujours sans gouvernement. Le 25 octobre dernier, l’ex-Premier a annoncé son départ immédiat en marge des 18 ans de la princesse Elisabeth, sans autre avertissement préalable.


HANDOUT - 24.10.2019, Belgien, Brüssel: Elisabeth, Kronprinzessin von Belgien, sitzt auf einem antiken Schreibtisch im Königlichen Palast (undatierte Aufnahme, die am 24.10.2019 vom belgischen Königspalast zur Verfügung gestellt wurde). Prinzessin Elisabeth feiert am 25. Oktober 2019 ihren 18. Geburtstag. Foto: Belgischer Königspalast/BELGA/dpa - ACHTUNG: Nur zur redaktionellen Verwendung und nur mit vollständiger Nennung des vorstehenden Credits +++ dpa-Bildfunk +++
Elisabeth de Belgique, 18 ans et un trône en héritage
Une page se tourne en Belgique. Pour la première fois depuis l'indépendance en 1830, une femme est potentiellement en droit de monter sur le trône. Elisabeth, la fille aînée du roi Philippe et de la reine Mathilde, a 18 ans ce vendredi. Majeure, elle pourra un jour succéder à son père sans qu'un régent n'ait été entre-temps désigné.

L’ex-parlementaire bruxelloise Antoinette Spaak en veut particulièrement à Charles Michel d’être parti «sans prévenir personne». «C’est un abandon de poste, confie au Soir celle qui fait figure de sage de la politique belge. Il aurait dû expliquer ses intentions un mois à l’avance. Mais au lieu de cela, dire un soir qu’on veut partir et le faire le lendemain, c’est regrettable. On ne l’a finalement entendu que pour dire que son gouvernement avait été exemplaire. Désolée, mais ça ne se fait pas !»

Charles Michel justifie son attitude par les préparatifs qu'impliquent ses nouvelles responsabilités. Réponse d’Antoinette Spaak :  «L’Europe peut très bien fonctionner sans que M. Michel doive bosser comme un étudiant pour se préparer à la fonction. Il n’y a pas d’enjeu prioritaire qui justifierait une quelconque urgence. Le poste de président du Conseil n’est pas celui d’un commissaire, ce n’est pas le même travail technique.»

L'Etat proche de la banqueroute

Les adversaires politiques de Charles Michel brandissent son départ comme une énième preuve de l’opportunisme de l’homme qui a tout passé à la N-VA pendant 4 ans. Cette faute n’en serait que plus grande en l’absence d’une coalition fédérale. Charles Michel n’avait-il pas aussi affirmé «qu’il n’est pas impossible d’avoir un gouvernement avant novembre». C’était en août dernier…

Deux mois plus tard, aucun projet de coalition n’émerge. Jeudi, il s’en est même fallu de peu pour que l’Etat se retrouve sans le sou. Finalement, la Chambre a approuvé en séance plénière le projet de loi amendé du gouvernement en affaires courantes ouvrant de nouveaux crédits provisoires pour les mois de novembre et de décembre. La N-VA a voté contre ; le Vlaams Belang s’est abstenu. Un échec aurait mis la Belgique dans la situation d’un shutdown à l’américaine, une série de paiements fédéraux ne pouvant être réalisés.

Un désintérêt marquant

Cet épisode fait monter d’un cran la pression sur le monde politique, accusé de ne rien faire pour former un gouvernement. «En 2011, ils ne pouvaient pas former une coalition. Aujourd’hui, ils ne "veulent pas" former une coalition», estime le journaliste flamand Ivan de Vadder, comme pour mieux caractériser l’état d’apathie général qui règne dans les partis. Le politologue Carl Devos ajoute qu’ «il n’y a toujours pas de gouvernement fédéral, et l’impression qui domine, pardonnez-nous l’expression, c’est que tout le monde s’en fout...»

Lundi dernier, la nomination de la libérale francophone Sophie Wilmès au poste de Premier ministre a révélé à son tour ce désintérêt, cette fois au nord du pays. Seul un journal flamand lui a consacré sa une...


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