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Charles Michel avoue sa «fierté» après le sommet
International 4 min. 27.07.2020

Charles Michel avoue sa «fierté» après le sommet

L'homme politique libéral Charles Michel a été Premier ministre en Belgique de 2014 à 2019.

Charles Michel avoue sa «fierté» après le sommet

L'homme politique libéral Charles Michel a été Premier ministre en Belgique de 2014 à 2019.
Photo: AFP
International 4 min. 27.07.2020

Charles Michel avoue sa «fierté» après le sommet

Diego VELAZQUEZ
Diego VELAZQUEZ
Président du Conseil de l'UE depuis décembre, l'ancien Premier ministre belge a dû gérer la pandémie quelques mois plus tard. Il revient sur le sommet dédié à la relance économique des 27 qui a permis de trouver un compromis historique.

(MF avec Diego Velazquez) – Le fait que l'Union européenne s'est mise d'accord la semaine passée sur un plan de relance historique de 750 milliards d'euros contre la crise du coronavirus avec un budget communautaire de 1.074 milliards d'euros sur sept ans est notamment dû au président du Conseil, Charles Michel. Dans une interview accordée au Luxemburger Wort et huit autres journaux européens, l'ancien Premier ministre belge est revenu sur ce marathon et ses suites. 


European Commission President Ursula Von Der Leyen (L) and European Council President Charles Michel (R) bump elbows at the end of the news conference following a four days European summit at the European Council in Brussels, Belgium, early July 21, 2020. - EU leaders approved a 750-billion-euro package to revive their coronavirus-ravaged economies after a tough 90-hour summit on July 21, along with a trillion-euro budget for the next seven years. (Photo by STEPHANIE LECOCQ / POOL / AFP)
Les 27 de l'UE approuvent un plan de relance historique
Il aura fallu quatre jours et quatre nuits et de multiples prises de bec. Mais les 27 dirigeants européens ont fini par trouver mardi un accord sur un plan destiné à soutenir leurs économies frappées par la crise du coronavirus. Pour la première fois, il se base sur une dette commune.

Au moment de sa prise de fonction Charles Michel dit avoir été «bien conscient qu'à un moment donné de mon mandat, je devrais faire face à une crise majeure» mais avoue-t-il, au lendemain d'une âpre négociation de quatre jours qu'il ne s'attendait pas à ce que ce moment «vienne si tôt». Il reconnaît volontiers que ce sommet, durant lequel il a exhorté les dirigeants européens à l'unité -  a été «un grand défi». Mais il veut qu'on en retienne surtout que le conseil a été «capable de réagir rapidement et de prendre des décisions rapides».

L'unanimité est une garantie que les petits pays ont la possibilité d'influencer une décision

Charles Michel, président du Conseil européen

Interrogé sur l'unanimité nécessaire au sein du Conseil de l'UE pour valider une décision et le handicap qu'elle peut représenter, le président estime qu'effectivement «l'unanimité est un grand défi, mais c'est aussi une garantie que nous prenons en compte toutes les sensibilités». Ce n'est «pas seulement» un inconvénient à ses yeux, mais bien au contraire, «c'est aussi une garantie que les petits pays ont la possibilité d'influencer une décision». 

Une enveloppe historiquement élevée

Par le biais de ce processus décisionnel, «chaque pays peut faire sienne une décision européenne» même s'il reconnaît qu'il existe aussi des arguments pour le rendre «plus flexible». La conférence sur l'avenir de l'Europe à venir, pense Charles Michel «sera un bon moment pour poser ces questions. Mon instinct me dit cependant qu'un débat sur les traités va rapidement se transformer en une sorte de nombrilisme».

A la critique du Parlement européen selon laquelle l'accord sur le plan de reconstruction n'a été obtenu que parce que des économies ont été réalisées dans des domaines importants (protection du climat, recherche ou politique étrangère), Charles Michel rétorque que «jamais auparavant dans l'histoire de l'Union européenne il n'y a eu une enveloppe financière aussi importante - nous parlons de 1,8 billions». 


Luxembourg's Prime Minister Xavier Bettel gestures as he speaks upon arrival for a European Union Council in Brussels on July 17, 2020, as the leaders of the European Union hold their first face-to-face summit over a post-virus economic rescue plan. - The EU has been plunged into a historic economic crunch by the coronavirus crisis, and EU officials have drawn up plans for a huge stimulus package to lead their countries out of lockdown. (Photo by Francisco Seco / POOL / AFP)
Bettel revient de Bruxelles avec 100 millions d'euros
Le Luxembourg aura donc sa part dans les 750 milliards d'euros du plan massif de l'UE pour relancer l'économie européenne. Mais que de tensions et d'âpres négociations pour en arriver là.

Le point de départ de sa réflexion est de dire qu'«en tant qu'Union européenne nous faisons des dépenses en ce moment». Et il cite les exemples concrets du programme Erasmus qui «sera doublé», les dépenses de santé qui seront «quatre fois plus élevées» et souligne que «plus de 17 milliards sont désormais consacrés à la protection du climat. En décembre, nous étions encore à zéro euro sur ce plan».

Plutôt que de répondre aux critiques émanant des Etats, le président du Conseil de l'Union européenne est d'avis que «ce qui est sur la table est une nouvelle façon de penser la relation entre l'UE et ses États membres. Nous avons décidé de nous endetter ensemble afin de lancer des investissements et des réformes communes». Dans un langage plus romantique, ajoute-t-il, «il s'agit du renouvellement de nos vœux de mariage». 

Pourtant la question de l'Etat de droit fragilise ces vœux, tant il existe des interprétations fondamentalement différentes. A quoi Charles Michel répond que «le texte est très clair: en amont de l'importance de la notion d'Etat de droit, un régime de conditions est introduit pour protéger le budget et le plan de relance», explique-t-il. Dans ce contexte, précise-t-il, «la Commission proposera des mesures à prendre en cas d'infraction, qui seront adoptées par le Conseil à la majorité qualifiée». 

Après quoi le Conseil européen traitera «rapidement de la question». Charles Michel se dit «très fier que, lors du récent sommet européen, nous ayons eu pour la première fois un débat de fond sur cette question». En coopération avec la chancelière allemande Angela Merkel - l'Allemagne assure actuellement la présidence de l'UE - «nous nous pencherons sur la question (de l'Etat de droit, ndlr) dans les mois à venir». 

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