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Ces pays épargnés par l'envolée des eurosceptiques
International 4 min. 22.05.2019 Cet article est archivé

Ces pays épargnés par l'envolée des eurosceptiques

61% des citoyens européens considèrent positivement l'adhésion de leur pays à l'UE.

Ces pays épargnés par l'envolée des eurosceptiques

61% des citoyens européens considèrent positivement l'adhésion de leur pays à l'UE.
Photo: AFP
International 4 min. 22.05.2019 Cet article est archivé

Ces pays épargnés par l'envolée des eurosceptiques

Espagne, Portugal ou encore Irlande.... La vague anti-européenne attendue aux élections ne touchera pas tout le continent.

(AFP, Marc Auxenfants) - Extrême droite europhobe, conservateurs eurosceptiques et populistes ambitionnent une percée lors de ce scrutin organisé du 23 au 26 mai dans les 28 pays de l'UE pour renouveler le Parlement européen. Selon le dernier Eurobaromètre publié par le Parlement européen, la proportion de citoyens européens (61%) considérant positivement l'adhésion de leur pays à l'Union européenne est remontée à un niveau qu'on n'avait plus vu depuis le tournant des années 1990. 

L'Espagne (69% d'opinions positives), qui envoie à Strasbourg le cinquième contingent de députés européens et où les socialistes sont donnés gagnants du scrutin dimanche, en est le reflet. Selon une enquête réalisée par l'institut Real ElCano en France, en Italie, en Allemagne et en Espagne, le sentiment d'appartenance à l'UE est plus marqué chez les Espagnols.

«L'intégration à l'Europe (en 1986) et le retour à la démocratie (après la fin de la dictature franquiste en 1975) sont les deux faces de la même médaille» , explique Jose Ignacio Torreblanca du cercle de réflexion European Council on Foreign Relations. «L'identité nationale s'est configurée comme une identité européenne face au franquisme. Les Espagnols sont donc vaccinés contre un nationalisme anti-européen».

Résultat, les Espagnols ne sont pas divisés sur l'Europe, selon l'analyste. Même le programme de Vox, le parti d'extrême droite qui a fait une percée aux législatives fin avril, commence par «nous croyons en l'Europe car nous sommes l'Europe». «Alors qu'en France, on parle des Trente Glorieuses après la Seconde Guerre mondiale, ici notre période de prospérité maximale est associée à l'entrée dans l'UE», poursuit M. Torreblanca. L'adhésion à l'UE a propulsé l'Espagne dans la modernité. Elle s'est notamment dotée du réseau de trains à grande vitesse le plus étendu d'Europe, cofinancé par des fonds européens. 

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Comme l'Espagne, le Portugal figure aussi en bonne place (69%) parmi les pays pro-UE dans l'Eurobaromètre. Entré au sein de l'Union en même temps que son voisin, lui aussi après des décennies de dictature, le pays a «beaucoup bénéficié du projet européen», en matière sociale, de transports ou d'éducation,» souligne la tête de liste socialiste aux européennes Pedro Marques. «Depuis qu'il y a des statistiques en 1995, le taux de pauvreté des personnes âgées a été réduit de moitié. C'est impressionnant et pas comparable avec la moyenne européenne, dit-il. Les sondages y donnent, comme en Espagne, les socialistes gagnants dimanche tandis que le score de la droite populiste devrait y être négligeable. 


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Parmi les pays les plus europhiles, l'Irlande (83% d'opinions positives selon l'Eurobaromètre),» a elle aussi largement bénéficié de son adhésion à l'UE en 1973. Selon des chiffres officiels irlandais, 42 milliards d'euros de fonds européens y ont été injectés, 700.000 emplois y ont été créés depuis son entrée dans l'UE et le commerce extérieur a été multiplié par 90. Les principaux partis y sont pro-européens comme le Fine Gael du Premier ministre Leo Varadkar qui est, selon ce dernier, «le parti de l'Europe». 

Europhilie dans les pays Baltes

Selon Kathryn Simpson, politologue à la Manchester Metropolitan University, la Grande-Bretagne et l'Irlande «ne peuvent pas être plus différentes dans leur rapport à l'UE», Dublin «ayant eu constamment une position positive et pro-UE». L'Irlande sera en première ligne des conséquences économiques du divorce à venir entre Londres et l'UE et bénéficie d'un soutien sans faille de ses partenaires. 

Dans les  États baltes, anciennes républiques soviétiques qui ont adhéré à l'UE en 2004 et ont depuis adopté la monnaie unique, l'UE a aussi été synonyme de prospérité via l'accès au marché unique et les fonds européens mais aussi de sécurité face au voisin russe. 

87% d'opinion positive au Luxembourg

Même en Estonie, où un parti d'extrême droite eurosceptique fait partie de la coalition au pouvoir, le taux d'opinions positives à l'égard de l'UE est de 74% selon l'Eurobaromètre, plus qu'en Lituanie (71%) ou en Lettonie (54%). Dans ces deux derniers pays, aucune force eurosceptique notable n'est en lice pour les européennes.


ARCHIV - 27.04.2019, Sachsen, Dresden: Zahlreiche Europa-Fähnchen sind in einem Eimer am Stand der Pulse of Europe verstaut, während auf dem Neumarkt die Pulse of Europe-Demonstration vor der Europawahl 2019 stattfindet. (zu dpa "Der Kampf ums Geld - «Wer bezahlt Europa?") Foto: Daniel Schäfer/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Au Luxembourg, qui compte 93% de citoyens de l'UE au sein de sa population, 56% des résidents se sentent citoyens de l'Union européenne et 87% d'entre eux voient même l'appartenance du pays à l'Union comme quelque chose de positif, selon le sondage Eurobaromètre. Le 9 mai dernier, le pays a instauré son premier jour férié luxembourgeois en l'honneur de l'Union européenne. Du jamais-vu encore au sein des 28 États membres.




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