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C’est la lutte finale
International 2 min. 19.02.2022 Cet article est archivé
Chronique de l’élection présidentielle en France

C’est la lutte finale

International 2 min. 19.02.2022 Cet article est archivé
Chronique de l’élection présidentielle en France

C’est la lutte finale

Le regard hebdomadaire de notre chroniqueur Gaston Carré sur l'élection présidentielle en France.

Par Gaston Carré

Connaissez-vous Fabien Roussel? Non? Il s'agit du secrétaire général du Parti communiste français, le PCF, oui ça existe. Et ça existe d'autant plus, le PCF, qu'il effectue un inattendu retour dans la course à l'Elysée, avec un programme combinant ses tropismes historiques (hausse des pensions et du salaire minimum) avec des revendications (énergie nucléaire, mesures sécuritaires) que ne renierait pas un progressiste de droite. Comment s'expliquer ce retour, par-delà ce syncrétisme programmatique?


French conservative party Les Republicains (LR) presidential candidate Valerie Pecresse gives a speech during her meeting at the Zenith de Paris, in Paris, on February 13, 2022, ahead of the April 2022 French presidential election. (Photo by Alain JOCARD / AFP)
L'heure des femmes a sonné en France
Le nombre de candidates à l’élection présidentielle française n'a jamais été aussi élevé. Pourtant, le sexisme est encore largement répandu.

Par un phénomène dont le Luxembourg est familier depuis longtemps: la politique comme physique, comme mécanique de permutation, telle qu'une place prise est une place qui vient de se libérer, hors toute considération quant à la légitimité objective de l'élu installé.

La place, dans la course à l'Elysée, est considérable, c'est un boulevard, celui-ci est vide et le PCF met à profit cette vacuité. Car il n'y a plus de gauche en France. Rien que des Insoumis irascibles, des socialistes larmoyants et des écologistes qui en vérité sont des socialos roulant à vélo. Et ces mouvances que tout sépare ont un ressort commun, qu'est l'hostilité des unes à l'égard des autres.

Entre paranoïa et régression

Il n'y a pas de gauche donc, mais il n'y a plus de droite non plus. Rien qu'une droite extrême, incarnée par une Le Pen dédiabolisée mais cornue encore, Zemmour confit dans sa hantise d'une France «remplacée» et, enfin, une Valérie Pécresse qui en sa grand-messe de dimanche au Zénith a chanté une ode au steak charolais et au vin blanc, à une France franchouillarde et pure, affirmant qu'elle serait prête, face aux vagues migratoires, à «soutenir des murs».

Car il n'y a plus de gauche en France. Rien que des Insoumis irascibles, des socialistes larmoyants et des écologistes qui en vérité sont des socialos roulant à vélo.   

On en est là. Entre paranoïa et régression. Face à Emmanuel Macron qui dans son olympe voit venir son heure, si sûr de sa victoire qu'il n'a pas même besoin de déclarer sa candidature. Or Fabien Roussel, qui dans les intentions de vote dépasse déjà la socialiste Anne Hidalgo, met à profit cette mécanique électorale, cette physique de permutation qui fait que le candidat heureux est celui qui se trouve devant la bonne chaise au bon moment.

La gauche se cherche, la droite s'est égarée et les communistes investissent la place vacante. Peut-on imaginer dès lors un second tour qui par une régression de second degré serait une lutte finale, entre Roussel et Macron en incarnation du Capital?

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