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Bruxelles veut mobiliser plus de 5 milliards d'euros par an
International 4 min. 07.06.2017 Cet article est archivé
Défense européenne

Bruxelles veut mobiliser plus de 5 milliards d'euros par an

«Même dans le scénario le plus ambitieux, on ne suggère pas de rivaliser avec l'Otan», a expliqué Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne.
Défense européenne

Bruxelles veut mobiliser plus de 5 milliards d'euros par an

«Même dans le scénario le plus ambitieux, on ne suggère pas de rivaliser avec l'Otan», a expliqué Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne.
Photo: AFP
International 4 min. 07.06.2017 Cet article est archivé
Défense européenne

Bruxelles veut mobiliser plus de 5 milliards d'euros par an

Bruxelles a détaillé mercredi un projet censé mobiliser 5,5 milliards d'euros par an d'investissements pour la défense européenne, dans un contexte plus propice que jamais, marqué par le Brexit et les doutes sur l'engagement des Etats-Unis au côté de l'Europe.

(AFP) – Bruxelles a détaillé mercredi un projet censé mobiliser 5,5 milliards d'euros par an d'investissements pour la défense européenne, dans un contexte plus propice que jamais, marqué par le Brexit et les doutes sur l'engagement des Etats-Unis au côté de l'Europe.

«Sur le plan politique, ce que nous pouvons faire est d'encourager nos amis américains à rester engagés sur la scène mondiale», a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, en présentant les propositions de la Commission.

Mais l'exécutif européen estime qu'il est temps que l'UE renforce son «autonomie stratégique», faisant écho à la chancelière allemande Angela Merkel qui a récemment appelé les Européens à «prendre leur destin en main».

«En complément de notre coopération avec l'Otan, nous devons faire plus et mieux par nous-mêmes», a plaidé le commissaire chargé des Investissements, Jyrki Katainen, expliquant que Bruxelles aiderait les pays européens à «dépenser plus efficacement l'argent des contribuables» en matière de défense.

Drone et hélicoptères

Le fonds présenté mercredi, qui devra être approuvé par les Etats membres pour se concrétiser, comprend un premier volet consacré au financement de recherches sur des nouvelles technologies, comme les logiciels cryptés ou encore la robotique.

L'UE a déjà prévu de consacrer 90 millions d'euros jusqu'à la fin de 2019 à ce type de projets «collaboratifs». Mais l'exécutif européen veut passer à la vitesse supérieure après 2020, en y consacrant 500 millions d'euros par an issus du budget européen.

La Commission propose aussi d'intervenir désormais dans la phase plus délicate du développement, en offrant des cofinancements de prototypes mis en œuvre ensemble par plusieurs pays et en encourageant les achats groupés, de drones ou d'hélicoptères par exemple.

La Commission propose «500 millions d'euros pour 2019 et 2020», puis «un milliard d'euros par an après 2020» pour le développement.

Ce montant, provenant du budget de l'UE, est censé déclencher des financements nationaux des pays intéressés par des projets communs, et «pourrait donc générer un investissement total de 5 milliards d'euros».

Au total, les investissements pour la recherche et ceux mobilisés pour le développement pourraient atteindre 5,5 milliards par an après 2020, selon Bruxelles, pour qui le manque de coopération entre Etats membres dans la défense coûte chaque année «entre 25 et 100 milliards d'euros».

«L'Union n'est pas une alliance militaire et ne va pas devenir une alliance militaire», a pris soin de préciser Mme Mogherini, expliquant que les projets de Bruxelles visaient à «maximiser la valeur ajoutée que va apporter l'UE» dans un domaine de la défense qui reste pour l'heure une chasse gardée nationale.

«Pas rivaliser avec l'Otan»

Le départ programmé du Royaume-Uni, qui a toujours été hostile à toute idée d'intégration en matière de défense au niveau européen, constitue une opportunité pour mettre en œuvre ces projets, soulignent des diplomates européens.

Le flou des engagements de l'allié américain peut également y contribuer. Donald Trump demande aux Européens de dépenser plus en matière de défense et il s'est gardé fin mai de confirmer qu'il soutenait l'«article 5» du traité fondateur de l'Otan, qui prévoit que les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression extérieure.

«C'est un moment exceptionnel, des tabous ont été levés», estime un diplomate d'un Etat membre, jugeant qu'il «était impensable il y a quelques années d'avoir un consensus sur le principe d'autonomie stratégique européenne.

Outre son projet de fonds, la Commission a également présenté mercredi plusieurs scénarios possibles d'évolution de la défense européenne à l'horizon 2025, appelant les pays européens à exprimer leurs préférences.

L'option la plus conservatrice laisserait aux Etats membres «la faculté de décider de leur plein gré, au cas par cas, de l'opportunité d'une coopération en matière de sécurité et de défense».

La plus audacieuse prévoit elle la mise en place »progressive d'une politique de défense commune de l'Union«, avec une »intégration plus poussée des forces de défense des États membres«.

Mais «même dans le scénario le plus ambitieux, on ne suggère pas de rivaliser avec l'Otan», a insisté Mme Mogherini, tandis que le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, a salué mercredi le projet de fonds européen pour la défense, «une opportunité d'encore améliorer la coopération Otan-UE».

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