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Bruxelles, une cible de choix pour Poutine
International 3 min. 01.03.2022
Conflit Ukraine-Russie

Bruxelles, une cible de choix pour Poutine

L'attitude imprévisible de Vladimir Poutine fait aujourd'hui tomber toutes les certitudes.
Conflit Ukraine-Russie

Bruxelles, une cible de choix pour Poutine

L'attitude imprévisible de Vladimir Poutine fait aujourd'hui tomber toutes les certitudes.
Photo: Kremlin
International 3 min. 01.03.2022
Conflit Ukraine-Russie

Bruxelles, une cible de choix pour Poutine

Le risque d’une cyberattaque russe massive contre l’Otan, les institutions européennes et le secteur économique est pris au sérieux

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Après l’Ukraine, Bruxelles pourrait être la prochaine cible de Poutine. Plusieurs experts rappellent  que la capitale accueille les institutions européennes ainsi que le siège de l’Otan. Il s'agit d'un constat semblable à celui qui fut posé en 2015-2016, lorsque la vague des attentats terroristes frappait l’Europe.


TOPSHOT - An Ukrainian Territorial Defence fighter takes the automatic grenade launcher from a destroyed Russian infantry mobility vehicle GAZ Tigr after the fight in Kharkiv on February 27, 2022. - Ukrainian forces secured full control of Kharkiv on February 27, 2022 following street fighting with Russian troops in the country's second biggest city, the local governor said. (Photo by Sergey BOBOK / AFP)
Le Luxembourg va envoyer armes et véhicules en Ukraine
En date du 28 février 2022, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, François Bausch (Déi Gréng), a annoncé des mesures d’assistance et d’appui militaires en faveur de l’Ukraine. Il a informé la commission parlementaire de la Défense de cette décision ce lundi matin.

Personne ne croit que les chars russes vont franchir le Rhin et la Meuse pour écraser Bruxelles – même si l'attitude imprévisible de Vladimir Poutine fait aujourd'hui tomber toutes les certitudes. Pour le professeur en cybersécurité Axel Legay (UCLouvain), c’est une cyberattaque qu’il faut craindre en priorité. Une cyberattaque semblable à celle qui, le 22 janvier dernier, a désorganisé l’appareil étatique ukrainien. « Cela s’est passé un mois avant l’attaque, a-t-il expliqué sur les ondes de la RTBF, mais certains disent que cela dure depuis huit ans ». Un tel front pourrait demain s’ouvrir face aux hauts-lieux décisionnels bruxellois.

Mais ce n’est pas tout. Une cyberattaque peut passer par des « fakenews», la mise à mort d’un site web pour rendre les services inopérants, le blocage d’une centrale nucléaire, du fonctionnement d’un barrage. Cela dépend de ce que l’on veut faire : soit on veut être passif, observer, soit on veut être actif et détruire », continue Axel Legay. « Les hackers sont à peu près partout, ils n’ont pas besoin de masser 160.000 hackers à la frontière pour attaquer l’Ukraine, on peut faire ça de partout. »

Des cyberattaques massives

Au cours des dernières années, la Belgique a subi plusieurs cyberattaques massives. En 2017, NotPetya, qui visait précisément un service gouvernemental ukrainien, s’était étendu à plusieurs entreprises belges et néerlandaises. En 2021, c’est le ministère de l’Intérieur qui a été frappé par une attaque d’une ampleur telle que seul un Etat étranger a pu la mener. On estime que pour la même année, 2 % des entreprises du pays ont été touchées, parfois jusqu’à quinze reprises.


IPO,Ministerrat&Briefing-Senningen,Xavier Bettel,Franz Fayot,Corinne Cahen,Claude Turmes, Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Le gouvernement passe à l'offensive
Accompagné des ministres de l'Energie, de la Famille, et de l'Economie, Xavier Bettel (DP) a présenté ce lundi une série de mesures visant à venir en aide aux ménages face à la hausse des prix de l'énergie.

La Belgique est souvent décrite comme étant à la traîne en matière de cybersécurité. Il existe bien le Centre pour la Cybersécurité Belgique, mais il est limité dans son action. En Wallonie, un «cyberwall» doit aider les industriels à se protéger. Dans le domaine militaire, le Service général du renseignement et de sécurité (SGRS) demande une extrême vigilance aux collaborateurs de la Défense et à leur famille : « Il est possible que des événements pouvant être liés à la situation en Ukraine surviennent également sur le territoire belge. Nous devons tous prêter une attention particulière aux signaux qui pourraient indiquer une cyberattaque ».

Une opposition forte

Ces risques sont pris d’autant plus au sérieux qu’au cours des derniers jours, les sanctions européennes se sont multipliées contre la Russie.  Les déclarations d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, en faveur de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE ne laissent plus aucun doute quant à la volonté  de s’opposer frontalement à Vladimir Poutine.


This handout video grab released by the Russian Defence Ministry on February 15, 2022, shows Russian tanks leaving for Russia after joint exercises of the armed forces of Russia and Belarus as part of an inspection of the Union State's Response Force, at a firing range near Brest. - Russia said on February 15, 2022 it was pulling back some of its forces near the Ukrainian border to their bases, in what would be the first major step towards de-escalation in weeks of crisis with the West. The move came amid an intense diplomatic effort to avert a feared Russian invasion of its pro-Western neighbour and after Moscow amassed more than 100,000 troops near Ukraine's borders. (Photo by Handout / Russian Defence Ministry / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO /  RUSSIAN DEFENCE MINISTRY" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Des armes belges pour soutenir l’Ukraine
L’envoi de 2.000 mitrailleuses de type FNC et de 3.800 tonnes de fuel répond aux demandes du gouvernement ukrainien.

Si l’hypothèse d’une cyberattaque est jugée aujourd’hui très crédible, elle n’enlève pas pour autant la menace nucléaire brandie par le président russe. Les sept réacteurs belges sont toujours actifs, au moins jusqu’en 2025, et constituent autant de cibles potentielles dont la destruction paralyserait en partie le pays.  Une vingtaine d’armes nucléaires américaines seraient stockées par ailleurs depuis 1963 sur la base aérienne de Kleine Brogel (Limbourg), la Belgique passant outre le traité de non-prolifération auquel elle a adhéré. 

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