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Bruxelles offre deux options pour sortir de l'impasse
L'UE met les Britanniques face à leurs responsabilités, les forçant à assumer leur choix du divorce

Bruxelles offre deux options pour sortir de l'impasse

AFP
L'UE met les Britanniques face à leurs responsabilités, les forçant à assumer leur choix du divorce
International 5 min. 22.03.2019

Bruxelles offre deux options pour sortir de l'impasse

Les dirigeants européens ont décidé jeudi soir d'accorder au Royaume-Uni deux options pour un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars, fixant désormais au 12 avril la date fatidique.

(AFP) - La Première ministre Theresa May, interrogée pendant plus d'une heure par ses 27 collègues, obligée d'attendre l'issue de leurs discussions dans une autre salle, a accepté les deux scénarios proposés par les Vingt-Sept.

«La décision d'aujourd'hui souligne l'importance pour la Chambre des communes de voter l'accord sur le Brexit la semaine prochaine, pour que l'on puisse mettre un terme à l'incertitude et partir d'une façon souple et ordonnée», a-t-elle conclu lors d'une conférence de presse.


(de g. à dr.) Sebastian Kurz, chancelier de la République d'Autriche ; Donald Tusk, président du Conseil européen ; Giuseppe Conte, président du Conseil des ministres de la République italienne ; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d'État
«On cherche une issue de secours»
Les dirigeants européens ont mis le Royaume-Uni au pied du mur jeudi, en avertissant qu'un nouveau rejet de l'accord de Brexit déboucherait sur un divorce chaotique. Xavier Bettel a estimé, quant à lui: «On ne cherche plus une porte de sortie, on cherche une issue de secours».

Selon cette offre, si les députés britanniques approuvent la semaine prochaine l'accord de divorce conclu en novembre avec l'UE, la date du Brexit sera reportée jusqu'au 22 mai. En cas de nouveau rejet, Londres aura jusqu'au 12 avril pour décider d'organiser des élections européennes. Ce qui lui permettrait alors de demander un nouveau report dont la durée n'a pas été fixée.

Theresa May a réaffirmé jeudi soir sa réticence à participer au scrutin européen, se disant «fortement défavorable à l'idée de demander aux Britanniques de participer à ces élections, trois ans après avoir voté pour quitter l'UE».

La proposition européenne constitue un assouplissement de la position initiale puisque plusieurs dirigeants avaient auparavant affirmé que faute de vote positif des élus britanniques, l'on s'acheminait vers une sortie sans accord du Royaume-Uni dans huit jours. Ce que Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois, avait résumé ainsi ce jeudi: «On ne cherche plus une porte de sortie, on cherche une issue de secours».  

«Le 12 avril, le nouveau 29 mars»

A l'issue de longues heures de discussions, la nouvelle date couperet pour le Brexit devient de facto le 12 avril. «Le 12 avril est le nouveau 29 mars», a commenté un responsable européen. Jusqu'à cette date, qualifiée de «clé», «toutes les options sont ouvertes», a déclaré M. Tusk, évoquant le vote de l'accord, une sortie sans accord, un long report du Brexit et même la possibilité que le Royaume-Uni renonce au Brexit.

Pour Xavier Bettel, sans réponse au 12 avril, il y aura un no deal
Pour Xavier Bettel, sans réponse au 12 avril, il y aura un no deal
AFP

Pour Xavier Bettel, «le 12 avril, nous devons savoir où nous en sommes. Si nous n'avons pas de réponse d'ici là, nous aurons un no deal», a-t-il déclaré jeudi soir face à une partie de la presse luxembourgeoise à Bruxelles. La Première ministre britannique souhaitait un report au 30 juin mais cette date posait problème d'un point de vue juridique à l'UE en raison du scrutin européen, prévu du 23 au 26 mai.

La Commission européenne avait mis en garde contre les «graves risques juridiques et politiques pour l'UE» d'un report au-delà des élections. Car le Royaume-Uni serait tenu d'organiser le scrutin européen même s'il se retire ensuite avant la session inaugurale du Parlement, début juillet. S'il ne le faisait pas, il mettrait en péril la légalité du nouveau Parlement avec le risque d'une paralysie durable du fonctionnement de l'UE, selon l'exécutif européen.


Tandis que Mme May n'a pas évoqué de date pour un nouveau vote, selon Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition britannique, il pourrait avoir lieu lundi ou mardi. Mais il a exclu de se ranger derrière l'accord de Mme May. «Nous ne pensons pas que c'est la bonne voie et cherchons une alternative qui puisse rassembler une majorité au parlement», a-t-il dit à la presse. 

2,4 millions de signatures contre le Brexit

Jeudi, les 27 ont également «approuvé» les garanties supplémentaires sur le traité de retrait grappillées par Mme May dix jours plus tôt à Strasbourg, lors d'une rencontre avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans l'espoir qu'elles contribueraient à favoriser un vote positif des députés britanniques.

Alors que les élus britanniques ont déjà rejeté deux fois le traité de retrait, le président de la Chambre des Communes John Bercow avait refusé en début de semaine de les faire revoter sur un texte inchangé, arguant d'une règle parlementaire vieille de quatre siècles. Mme May devra donc le convaincre que le report de la date du Brexit constitue le changement «substantiel» qu'il réclamait.

Screenshot: parliament.uk

Au Royaume-Uni, une pétition en ligne demandant au gouvernement de renoncer au Brexit a dépassé les deux millions de signatures jeudi, engrangeant un succès fulgurant au lendemain de son lancement sur la plateforme dédiée du Parlement britannique. 

Non sans provoquer des problèmes techniques. En effet, les serveurs de Westminster ont été inaccessibles à plusieurs reprises face à l'afflux des signatures, parfois plus de 2.000 par minute.  



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