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Bruxelles isole un peu plus la voiture
International 3 min. 12.08.2022
Mobilité

Bruxelles isole un peu plus la voiture

Bruxelles n'entend plus tout céder à la voiture. Seuls 30% des habitants du «pentagone» possèdent d'ailleurs leur propre automobile.
Mobilité

Bruxelles isole un peu plus la voiture

Bruxelles n'entend plus tout céder à la voiture. Seuls 30% des habitants du «pentagone» possèdent d'ailleurs leur propre automobile.
Photo: AFP
International 3 min. 12.08.2022
Mobilité

Bruxelles isole un peu plus la voiture

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Dès le 16 août, l'hypercentre sera interdit aux automobilistes qui effectuent des déplacements de «transit».

Par Max Helleff (Bruxelles) 

«Ça va secouer». C'est avec ces mots que le bourgmestre de la ville de Bruxelles Philippe Close a annoncé l'entrée en vigueur du plan d'«apaisement» de la mobilité dans le centre de la capitale.


13.9. Belgique /Poste Frontiere  Sterpenich  Foto: Guy Jallay
Accéder à Bruxelles sera bientôt plus difficile
Le viaduc Herrmann-Debroux, qui constitue pour les automobilistes la porte sud de la capitale, va être détruit pour faire place à la mobilité douce.

À partir du mardi 16 août, la circulation dans le «pentagone» sera profondément modifiée. La mesure concerne la partie de la ville cernée par le ring intérieur («petite ceinture»). L'accès au cœur de Bruxelles sera alors limité aux déplacements automobiles jugés nécessaires  (livreurs, services de secours, commerçants, etc.), via notamment un système de bornes rétractables. Tout le trafic de transit, évalué à 40%, sera maintenu en dehors de cette zone.

Philippe Close explique sa décision sans détours. «Les gens doivent comprendre que, moi, j'ai de plus en plus d'habitants. Donc j'ai besoin d'espaces publics. Le 16 août, ça ne va pas être simple et il va falloir parfois s'adapter», dit-il.  

Concrètement, l'automobiliste se retrouvera dans une «boucle» au moment où il pénètrera dans le «pentagone». Ceux qui ne sont pas autorisés à entrer dans le centre-ville seront comme centrifugés, contraints de reprendre le ring intérieur ou de s'arrêter dans un des parkings publics. Ces derniers sont présentés comme étant désormais plus démocratiques, le prix d'une journée étant inférieur à la redevance à payer lorsque la durée de stationnement autorisée a été dépassée.

Mobilité douce et transports en commun

On passera ici sur le nouvel agencement en zones, sur les rues dont le sens est inversé et celles où il ne sera plus possible de pénétrer par l'accès habituel en raison de l'apparition d'arrêts de tram modifiés.


Motor Automotive Auto Autoindustrie
Bruxelles bannit le moteur thermique
Les voitures diesel et essence seront interdites d’accès à la capitale belge, respectivement en 2030 et 2035.

Une chose est sûre: Bruxelles n'entend plus tout céder à la voiture. Seuls 30% des habitants du « pentagone » possèdent d'ailleurs leur propre automobile, la mobilité douce et les transports en commun se taillant la part principale.

La réorganisation de la circulation dans la capitale d'ici 2030 se poursuit avec pour objectifs l'amélioration de l'air, la sécurité routière et l'accessibilité au centre-ville.

L'an dernier, une réduction drastique de la vitesse a été imposée sur la plupart des axes routiers de la capitale. Le 30 km/h et le 50/km/h sont désormais la règle, contribuant à l'apaisement d'une mobilité marquée trop souvent jusque-là par le laisser-faire. Dans la décennie qui vient, le viaduc Herrmann-Debroux qui donne l'accès à la ville aux voitures qui arrivent depuis le sud par l'E-411 sera détruit et l'espace regagné donné en partie à la mobilité douce. En 2015, pour citer un autre exemple, l'ancien bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur avait entrepris de créer un vaste piétonnier autour de la Bourse et de la Grand-Place. Décrié par les automobilistes et les commerçants locaux, le projet est passé en force.

Une vague de mécontentement

Aujourd'hui, d'autres projets de piétonisation figurent au programme. Rues Ravenstein et Montagne du Parc, place de la Vieille Halle aux Blés, etc. sont autant d'endroits où la voiture sera bannie à l'avenir.


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La mortalité routière incite le gouvernement à mettre en place un éventail de sanctions plus élargi.

La ville s'attend à faire face à une vague de mécontentement. Elle dit avoir informé les usagers depuis février dernier via un site web, un call center, et une multitude de réunions avec les associations et les commerçants. Des stewards seront chargés de réorienter les automobilistes aux endroits les plus sensibles.

Il faut assurément s'attendre à d'énormes bouchons. La valse des voitures qui ne pourront plus pénétrer dans le «pentagone» devrait créer un engorgement en amont aux heures de pointe, jusque dans les communes voisines. La rentrée sera mouvementée sur les chaussées de la capitale de l'Europe.

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Illustration Rettungsgasse, Stau, A3, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort