Changer d'édition

Brexit: May forcée de concéder un éventuel report pour garder la main
International 4 min. 27.02.2019

Brexit: May forcée de concéder un éventuel report pour garder la main

Dans un avis publié mardi, le gouvernement avait rappelé que sans accord, la croissance de l'économie britannique serait de 6,3 à 9% inférieure à son niveau de développement sur quinze ans en cas de maintien dans l'UE. Il a également mis en garde sur les conséquences d'éventuelles perturbations du trafic trans-Manche, notamment le risque de "pénuries" de certains produits alimentaires, en particulier les fruits et légumes frais.

Brexit: May forcée de concéder un éventuel report pour garder la main

Dans un avis publié mardi, le gouvernement avait rappelé que sans accord, la croissance de l'économie britannique serait de 6,3 à 9% inférieure à son niveau de développement sur quinze ans en cas de maintien dans l'UE. Il a également mis en garde sur les conséquences d'éventuelles perturbations du trafic trans-Manche, notamment le risque de "pénuries" de certains produits alimentaires, en particulier les fruits et légumes frais.
dpa-tmn
International 4 min. 27.02.2019

Brexit: May forcée de concéder un éventuel report pour garder la main

La Première ministre britannique Theresa May soumet mercredi au vote des députés une motion pour prolonger les pourparlers avec Bruxelles sur un accord de Brexit, tout en leur proposant un mécanisme de report de la date du divorce en cas d'échec des discussions.

(AFP) - La cheffe du gouvernement réalise là une concession majeure: elle avait toujours écarté jusqu'ici l'idée de retarder la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue le 29 mars. Sa volte-face lui permet de désamorcer les menaces de démission de certains conservateurs, qui craignaient, à 30 jours de l'échéance, de voir se concrétiser le scénario d'un "no deal". Elle obtient aussi un délai supplémentaire pour conclure avec les dirigeants européens une version remaniée de l'accord de retrait, le texte initial ayant été rejeté par le parlement britannique en janvier.                

"Je sais ce dont cette assemblée a besoin pour soutenir un accord de retrait", a affirmé mardi Theresa May à la Chambre des communes. "Et je travaille dur pour l'obtenir".                


26.02.2019, Rheinland-Pfalz, Mainz: Mit einem Asylantrag in der Hand springt die Queen bei der Präsentation der Motivwagen des Mainzer Carneval-Vereins (MCV) angesichts des drohenden Brexits über den Schlagbaum in die EU. Die Wagen werden bei Rosenmontagszug durch die Mainzer Innenstadt rollen. Foto: Boris Roessler/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Trois ministres «implorent» May de repousser le Brexit
Plusieurs membres du gouvernement britannique ont menacé mardi de démissionner si la Première ministre ne s'engage pas à écarter le scénario d'une sortie brutale de l'Union européenne.

Pour la suite, elle propose un mécanisme qui se décompose en trois étapes. Elle prévoit d'abord de soumettre au vote du parlement, le 12 mars au plus tard, la version modifiée de l'accord de divorce qu'elle aura pu obtenir de Bruxelles. Si cette nouvelle version est rejetée par les députés, elle leur demandera le 13 mars s'ils veulent sortir de l'UE sans accord. S'ils refusent, elle leur soumettra le 14 mars une proposition de report du Brexit.                

"Plus de temps"

Ce mécanisme a été accueilli avec soulagement par les membres du Parti conservateur effrayés par l'hypothèse d'une sortie sans accord.               

 "Satisfait que la Première ministre ait effectivement exclu un Brexit sans accord, donnant ainsi aux députés la possibilité de disposer de plus de temps pour trouver un compromis, si son accord ne passe pas", a ainsi tweeté Richard Harrington, le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie. Il avait menacé mardi de démissionner, comme deux autres membres du gouvernement, pour forcer l'exécutif à écarter le scénario d'un "no deal".

Le député conservateur Oliver Letwin et la travailliste Yvette Cooper, eux, ont retiré l'amendement qu'ils voulaient soumettre au vote mercredi, qui prévoyait d'imposer au gouvernement de retarder le Brexit en cas d'absence d'accord au 13 mars. Ils l'ont remplacé par un autre amendement qui reprend les termes de la proposition gouvernementale.                

Dans un avis publié mardi, le gouvernement avait rappelé que sans accord, la croissance de l'économie britannique serait de 6,3 à 9% inférieure à son niveau de développement sur quinze ans en cas de maintien dans l'UE. Il a également mis en garde sur les conséquences d'éventuelles perturbations du trafic trans-Manche, notamment le risque de "pénuries" de certains produits alimentaires, en particulier les fruits et légumes frais.

"Complot" contre le Brexit

Mais sur un sujet aussi clivant que le Brexit, les concessions de Theresa May n'offrent pas au gouvernement un soutien unanime des parlementaires. Les plus fervents Brexiters ont exprimé leurs inquiétudes sur ce compromis qui menace selon eux la concrétisation du Brexit. "Pour moi, tout retard du Brexit est un complot visant à l'arrêter", a tweeté le député conservateur Jacob Rees-Mogg.                

Le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a lui annoncé le dépôt d'un amendement demandant le maintien du pays dans une union douanière avec l'UE après le Brexit. Il a prévenu que si cet amendement n'était pas adopté, il prévoyait de déposer, à une date ultérieure non précisée, un autre amendement réclamant un second référendum.               

 Cette prise de position, qui constitue un revirement inattendu de la part du leader travailliste, a été interprétée comme une tentative d'endiguer les défections au sein du parti, dont les membres les plus europhiles lui reprochaient son attitude ambiguë sur le Brexit.               

Enfin, le tout nouveau "Groupe indépendant", qui réunit justement onze anciens députés travaillistes et conservateurs déçus par la position de leurs partis respectifs sur le Brexit, a déposé un amendement réclamant l'organisation d'un second référendum. Cet amendement a reçu le soutien du parti indépendantiste écossais SNP et du Parti libéral-démocrate.

La motion du gouvernement, ainsi que les amendements qui auront été sélectionnés par le président de la Chambre des communes John Bercow, seront soumis au vote à partir de 19h00 GMT.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Troisième chance pour le Brexit version Theresa May
Ce devait être le jour du divorce entre Royaume-Uni et Union européenne, ce sera au mieux le jour de la sortie de l'impasse. Les députés britanniques sont appelés à voter vendredi une nouvelle fois sur l'accord conclu avec Bruxelles en novembre 2018.
Union and EU fags flutter outside the Houses of Parliament in Westminster, London on March 28, 2019. - Faced with losing all control over the Brexit process, British Prime Minister Theresa May looks to have played her final card by announcing she will step down if MPs approve her Brexit deal. (Photo by Niklas HALLE'N / AFP)
Le chaos s'installe au Parlement britannique
Les députés britanniques ont rejeté mercredi soir de justesse une sortie de l'Union européenne sans accord, et la Première ministre, Theresa May, a annoncé dans la foulée qu'elle allait leur soumettre à nouveau son accord de Brexit, qu'ils ont déjà rejeté deux fois.
A handout photograph released by the UK Parliament on March 13, 2019 shows the main opposition Labour Party leader Jeremy Corbyn speaking during the weekly Prime Ministers Questions session in the House of Commons in London on March 13, 2019. - Britain's finance minister and business chiefs on Wednesday urged the country to avoid a "no deal" Brexit after another crushing parliamentary defeat for Prime Minister Theresa May over her EU-divorce deal with Brussels. The fast-moving Brexit saga largely overshadowed the government's budget update that slashed the 2019 economic growth forecast, with the UK economy also hit by China's slowdown and trade war tensions. MPs will decide later Wednesday whether the country should leave the European Union without a deal, with analysts expecting parliament instead to favour delaying its departure beyond the March 29 exit date, in a further vote due Thursday. (Photo by MARK DUFFY / various sources / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, ADVERTISING PURPOSES - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / MARK DUFFY / UK Parliament"
Theresa May recule pour mieux sauter
La Première ministre britannique a différé «d'ici au 12 mars» un vote des députés sur l'accord de Brexit. Donald Tusk y est favorable alors que le Royaume-Uni critique vivement cette décision.
La Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne à Charm el-Cheikh lors du sommet entre l'UE et la Ligue arabe.
Énième défaite pour May au Parlement
La Première ministre britannique a essuyé jeudi un nouveau revers embarrassant au Parlement, qui fragilise encore un peu plus sa position dans les discussions qu'elle mène avec Bruxelles pour tenter d'obtenir une modification de l'accord de Brexit.
A handout photograph released by the UK Parliament shows Britain's Prime Minister Theresa May (C) speaking during Prime Minister's Questions (PMQs) in the House of Commons in London on February 13, 2019. - The British government denied Wednesday it was secretly plotting to bounce MPs into a last-minute choice just days before Brexit between a rejigged deal or a lengthy delay. ITV television reported that it had overheard Prime Minister Theresa May's chief Brexit negotiator Olly Robbins in a Brussels bar saying the European Union would probably let Britain extend its March 29 departure date. (Photo by JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, ADVERTISING PURPOSES - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO /JESSICA TAYLOR / UK Parliament"