Changer d'édition

Brexit: ils réclament un second référendum

Brexit: ils réclament un second référendum

AFP
International 17 2 min. 20.10.2018

Brexit: ils réclament un second référendum

Des dizaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont commencé à manifester bruyamment samedi à Londres pour réclamer un référendum sur l'accord final sur le Brexit, encore négocié entre Londres et Bruxelles à cinq mois du retrait de Royaume-Uni de l'Union européenne.

(AFP) - Sous un doux soleil automnal, le cortège de manifestants, venus des quatre coins du pays et amenés par plus de 150 cars, a commencé à parcourir le centre de la capitale britannique à la mi-journée, en direction du Parlement. 

Parmi eux figurent notamment de nombreux citoyens européens, représentés notamment par «The3Million», un groupe de pression défendant les intérêts des quelque 3,7 millions d'Européens installés au Royaume-Uni.

Ils répondaient à l'appel de «People's Vote» (Le vote du peuple), un mouvement militant pour un «vote populaire» et réunissant plusieurs associations europhiles. Lors du dernier défilé de ce genre, en juin, environ 100.000 personnes s'étaient rassemblées et les organisateurs espèrent bien dépasser ce nombre, avec la manifestation «la plus grande» et la plus «bruyante» jamais organisée en faveur d'un tel scrutin.

Les organisateurs estiment que les Britanniques, qui se sont prononcés à 52% en faveur de la sortie de l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, auraient voté différemment s'ils avaient eu conscience des réels enjeux du Brexit. «Je pense que les gens ont été trompés de plusieurs manières», estime l'entrepreneur Peter Hancock, interrogé par l'AFP alors qu'il noue un drapeau européen, étoiles jaunes sur fond bleu, autour du cou de son grand chien de berger George. «Nous voulons rester européens», ajoute sa femme Julie, en fauteuil roulant.

«Nous ne voyons pas du tout les bénéfices d'un retrait». 

May inflexible

Mais ce rassemblement risque peu de convaincre la Première ministre Theresa May, fermement opposée à cette idée. «Il n'y aura pas de second référendum. Les gens ont voté», a déclaré la cheffe de gouvernement britannique mercredi, déterminée à «mettre en oeuvre» le résultat de ce vote.

De leur côté, les organisateurs soulignent qu'à quelques mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, les négociations entre Londres et Bruxelles bloquent toujours, en particulier sur la question de la frontière sur l'île d'Irlande et que l'incertitude demeure sur la façon dont le Royaume-Uni quittera l'UE. «Les problèmes les plus importants restent à négocier, de nombreuses conséquences restent cachées», estime Carmen Smith, partisane du mouvement For our Future (Pour notre avenir), citée dans un communiqué.

«Le temps presse. C'est un sujet urgent. L'+élite du Brexit+ a montré qu'elle était incapable de résoudre le problème. Mais vous, vous pouvez, en demandant un vote du peuple». L'idée d'un nouveau référendum a gagné en popularité ces derniers mois au Royaume-Uni et des personnalités politiques de tous bords la soutiennent, comme l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair.

Parmi les orateurs attendus samedi dans le centre de Londres figurent le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, ainsi que des députés des partis conservateur, travailliste, libéral-démocrate, vert, et du SNP (parti indépendantiste écossais). «Le Brexit divise les générations. Une grande majorité de ma génération a voté pour partir. Une grande majorité des jeunes ont voté pour rester. Votre génération [les jeunes] est trahie par la mienne», doit dire le chef des libéraux-démocrates, Vince Cable, à l'intention des jeunes manifestants. 


Sur le même sujet

Les pro-Brexit entendent marcher sur Londres
S'estimant trahis par leurs dirigeants, des partisans du départ du Royaume-Uni de l'UE se sont élancés samedi pour une longue marche vers la capitale britannique, qu'ils doivent atteindre le 29 mars, date théorique du divorce entre Londres et Bruxelles.
Pro-Brexit campaigners walk during the first leg of the March To Leave march in Sunderland on March 16, 2019. - Pro-Brexit campaigners are marching to London from northern England to coincide with Britain's anticipated departure from the EU on March 29. (Photo by ANDY BUCHANAN / AFP)
Le chaos s'installe au Parlement britannique
Les députés britanniques ont rejeté mercredi soir de justesse une sortie de l'Union européenne sans accord, et la Première ministre, Theresa May, a annoncé dans la foulée qu'elle allait leur soumettre à nouveau son accord de Brexit, qu'ils ont déjà rejeté deux fois.
A handout photograph released by the UK Parliament on March 13, 2019 shows the main opposition Labour Party leader Jeremy Corbyn speaking during the weekly Prime Ministers Questions session in the House of Commons in London on March 13, 2019. - Britain's finance minister and business chiefs on Wednesday urged the country to avoid a "no deal" Brexit after another crushing parliamentary defeat for Prime Minister Theresa May over her EU-divorce deal with Brussels. The fast-moving Brexit saga largely overshadowed the government's budget update that slashed the 2019 economic growth forecast, with the UK economy also hit by China's slowdown and trade war tensions. MPs will decide later Wednesday whether the country should leave the European Union without a deal, with analysts expecting parliament instead to favour delaying its departure beyond the March 29 exit date, in a further vote due Thursday. (Photo by MARK DUFFY / various sources / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, ADVERTISING PURPOSES - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / MARK DUFFY / UK Parliament"
Brexit: Theresa May se remet au travail
La Première ministre britannique Theresa May, après avoir survécu de justesse à une motion de censure, doit retourner jeudi à la difficile mission qui lui est assignée: sauver le Brexit.
Britain's Prime Minister Theresa May delivers a statement to members of the media in Downing Street in London on January 16, 2019, after surviving a vote of no confidence in her government. - British Prime Minister Theresa May's government saw off a vote of no confidence in parliament on Wednesday, called after MPs overwhelmingly rejected the Brexit deal. (Photo by Ben STANSALL / AFP)
Brexit: les principaux scénarios à l'issue du vote des députés britanniques
Les députés britanniques se prononcent mardi sur l'accord de Brexit négocié par Theresa May avec Bruxelles. Un texte qui ne satisfait ni les europhiles, partisans de liens plus étroits avec l'Union européenne, ni les eurosceptiques, désireux d'une rupture plus nette, ce qui est de mauvais augure pour la Première ministre conservatrice.
Theresa May devant le célèbre 10, Downing Street, l'adresse du Premier ministre britannique.
A un an du Brexit, Theresa May veut rassembler les Britanniques
Un an jour pour jour avant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la Première ministre britannique Theresa May s'est engagée jeudi dans un périple au Royaume-Uni pour tenter de rassembler et rassurer ses concitoyens sur un Brexit toujours très clivant.
«Ayant repris le contrôle de nos lois, nos frontières et notre argent, et saisi les opportunités offertes par le Brexit, le Royaume-Uni prospérera en tant que pays fort et uni qui bénéficie à tout le monde, peu importe votre vote pour ou contre le Brexit», assure la premier ministre Theresa May