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Bras de fer belgo-belge sur le climat
International 4 min. 12.10.2021
Environnement

Bras de fer belgo-belge sur le climat

Dimanche à Bruxelles, la foule a mis la pression sur le gouvernement De Croo sur les questions environnementales.
Environnement

Bras de fer belgo-belge sur le climat

Dimanche à Bruxelles, la foule a mis la pression sur le gouvernement De Croo sur les questions environnementales.
Photo : AFP
International 4 min. 12.10.2021
Environnement

Bras de fer belgo-belge sur le climat

Max HELLEFF
Max HELLEFF
A deux semaines de la COP 26, la Belgique n’a toujours pas d’ordre de marche pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La commission d’enquête parlementaire qui met sous la loupe les inondations catastrophiques de la mi-juillet a connu un moment important lundi avec la présentation du rapport indépendant rédigé par le bureau suisse Stucky et l’université de Liège. Celui-ci montre que, contrairement à un sentiment omniprésent chez les sinistrés, le barrage d’Eupen a permis d’éviter le pire et que les procédures ont été suivies.


A picture taken on July 15, 2021 shows a view of a flooded street  in the Belgian city of Verviers, near Liege, after heavy rains and floods lashed western Europe. - The provincial disaster plan has been declared in Liege, Luxembourg and Namur provinces after large amounts of rainfall. Water in several rivers has reached alarming levels. (Photo by ANTHONY DEHEZ / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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Mais il reste que la Belgique est insuffisamment préparée face à des événements météorologiques majeurs comme elle en a connus cet été. Elle n'a pas de «culture du risque» et doit sérieusement penser à l’avenir. De telles conclusions détonent avec l’absence de décisions prises à ce stade par le pays en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Tel est en tout cas le point de vue qu’ont cherché à faire passer dimanche les organisateurs de la marche pour le climat qui a attiré la foule – de 25.000 à 50.000 personnes selon les estimations – dans les rues de Bruxelles. A les entendre, le gouvernement De Croo et les régions sont toujours devant une page blanche, à quelques encablures de la COP26 qui se tiendra à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre.

Eolien et combustibles neutres

Des négociations se déroulent pourtant en coulisses, sans que les principaux protagonistes dévoilent toutes leurs cartes. Officiellement, l’objectif est d’arriver à un accord sur un plan de réduction de 55% des émissions de CO2 à l’horizon 2030 (par rapport à 1990). L’Etat fédéral, mais aussi la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, doivent s’accorder sur l’effort que chacun devra fournir.


Lokales,Klimaschutzdemonstration,United for Climate Justice.LGL-Place Clairefontaine.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
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Trente-cinq pistes sont sur la table du gouvernement De Croo pour tenter de produire 233 millions de tonnes de C02 en moins d’ici 2030. La voie prioritaire passerait par une réforme de la fiscalité environnementale et un «verdissement de la mobilité». La voiture de société, ce «salaire sur quatre roues» générateur de pollution et d’embouteillages, deviendrait un vecteur de l’électrification du parc automobile belge. 

L’autre priorité serait accordée à l’éolien en mer du Nord et au recours à des combustibles neutres en carbone (biofuels, hydrogène...). Il est question aussi de transporter le fret davantage par train que par camion, de l’isolation massive des bâtiments, de verdissement des entreprises publiques, etc. Mais comme en 2015, année de l’Accord de Paris, il y a de l’électricité dans l’air alors que les négociations se poursuivent entre le niveau fédéral et les régions sur le burden sharing (partage du fardeau). 


(FILES) In this file photo taken on March 12, 2017 a man carries fake nuclear barrels during a demonstration to demand the closure of Fessenheim nuclear power plant in Fessenheim, eastern France. 
The Nuclear Nonproliferation Treaty (NPT), signed in 1968 by 191 countries, commits the five official holders of the atomic bomb (United States, Russia, France, Britain and China) to not transfer military nuclear technology to other countries, and prohibits non-nuclear countries from procuring or manufacturing nuclear weapons.  / AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON
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La ministre fédérale du Climat, l’écologiste Zakia Khattabi, prévoit une discussion au finish. Elle prévient son homologue flamand Zuhal Demir (N-VA) : «Si Mme Demir continue à freiner et à ne pas accompagner ses entreprises dans la transition vers la reconversion, on risque de voir (en Flandre) un peu ce qui s’est passé en Wallonie», cette dernière région étant victime depuis un demi-siècle de la fermeture de ses mines et du déclin de sa métallurgie.

Il reste donc deux semaines pour trouver un accord et s’éviter d’arriver le rouge au front à Glasgow, comme ce fut le cas à Paris en 2015 où les Belges avaient bien eu du mal à masquer leurs divisions. Depuis, la pression de l’opinion publique n’a cessé de s’accentuer dans le dossier climatique. Même les écologistes sont priés désormais de rendre des comptes. 

Lundi, des activistes ont ainsi occupé le siège d'Ecolo-Groen, rue Van Orley à Bruxelles, pour dire non à la construction prochaine de centrales au gaz polluantes. Des centrales soutenues par de l'argent public et autorisées par l’UE.

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