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Boris Johnson s'accroche encore au pouvoir
International 4 min. 07.07.2022
Malgré les appels à la démission

Boris Johnson s'accroche encore au pouvoir

«Nous allons continuer avec le gouvernement de ce pays», a affirmé Boris Johnson ce mercredi après-midi face aux chefs des commissions parlementaires.
Malgré les appels à la démission

Boris Johnson s'accroche encore au pouvoir

«Nous allons continuer avec le gouvernement de ce pays», a affirmé Boris Johnson ce mercredi après-midi face aux chefs des commissions parlementaires.
Photo: AFP
International 4 min. 07.07.2022
Malgré les appels à la démission

Boris Johnson s'accroche encore au pouvoir

Malgré une avalanche de départs au sein de son gouvernement et les scandales à répétition, le Premier ministre britannique Boris Johnson a rejeté mercredi les appels à la démission venant y compris de ses fidèles.

(AFP) - Loin du triomphe de ses débuts à Downing Street en 2019 sous la promesse de réaliser le Brexit, le chef du gouvernement conservateur a affronté mercredi la journée la plus difficile de son mandat, cerné par les affaires embarrassantes et leur flot d'accusations de mensonges.


Britain's Prime Minister Boris Johnson reacts as he visits with teachers the Field End Infant school, in South Ruislip, on May 6, 2022. - Prime Minister Boris Johnson's Conservative party lost control of key councils in London, according to partial results from local and regional UK elections on May 6, 2022 with a potentially historic change looming in Northern Ireland. (Photo by Daniel LEAL / POOL / AFP)
Boris Johnson affaibli par les scandales
Miné par le scandale du «partygate» et l'envolée des prix, le Parti conservateur du Premier ministre britannique Boris Johnson sort affaibli vendredi d'élections locales qui laissent également augurer un tournant historique en Irlande du Nord.

Plusieurs ministres de premier plan, fidèles y compris, lui ont demandé de démissionner tant la situation est devenue intenable, selon les médias britanniques. Parmi les noms cités, la ministre de l'Intérieur Priti Patel, ou Nadhim Zahawi, moins de 24 heures après sa nomination comme ministre des Finances.

Boris Johnson a limogé un ministre

Mais comme il l'avait déjà fait plus tôt dans la journée face aux députés, il a rétorqué qu'il voulait rester pour se consacrer «aux problèmes extrêmement importants» auxquels le pays est confronté, selon la presse.

Selon l'un de ses conseillers, Boris Johnson a limogé son ministre du Logement, Michael Gove, qui selon les médias avait appelé Boris Johnson à partir.

«Nous allons continuer avec le gouvernement de ce pays», a affirmé Boris Johnson dans l'après-midi face aux chefs des commissions parlementaires, quelques instants après avoir affirmé qu'il passait une semaine «formidable».


(FILES) In this file photo taken on June 30, 2022 Britain's Prime Minister Boris Johnson gestures ahead of a meeting of The North Atlantic Council during the NATO summit at the Ifema congress centre in Madrid,. - UK Prime Minister Boris Johnson faces two high-stakes encounters in parliament on July 6, 2022, after his government was rocked by the shock departures of two senior ministers. Rishi Sunak resigned as finance minister, and Sajid Javid as health secretary, with both saying they could no longer tolerate the culture of scandal that has stalked Johnson for months. (Photo by GABRIEL BOUYS / AFP)
Boris Johnson sur un fil après de nouvelles démissions
Au lendemain des démissions des ministres de la Santé et des Finances, deux autres membres ont quitté le gouvernement de Boris Johnson ce mercredi matin. Le Premier ministre britannique joue à nouveau son poste aujourd'hui.

Sans crier gare, les ministres de la Santé Sajid Javid et des Finances Rishi Sunak ont claqué la porte mardi soir, déclenchant l'hémorragie. D'autres membres du gouvernement, de rang moins élevé, ont à leur tour jeté l'éponge les uns après les autres. En fin de journée mercredi, le nombre de départs est proche des 40.

Jeudi matin, le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, Brandon Lewis, a, lui aussi, annoncé qu'il démissionnait du gouvernement Johnson, qui a perdu cinquante membres depuis mardi soir. «Un gouvernement décent et responsable repose sur l'honnêteté, l'intégrité et le respect mutuel - c'est avec un profond regret personnel que je dois quitter le gouvernement étant donné que j'estime que ces valeurs ne sont plus défendues», a-t-il estimé dans une lettre publiée sur Twitter et adressée au Premier ministre Boris Johnson.

«Un spectacle pathétique»

Estimant que le gouvernement avait atteint «un point de non retour», Brandon Lewis est le quatrième ministre de haut rang à remettre sa démission depuis mardi soir. Elle intervient dans un contexte tendu autour de l'Irlande du Nord, Londres ayant présenté un projet de loi pour une révision unilatérale des dispositions douanières post-Brexit dans la province, jugée illégale par l'Union européenne qui laisse planer la menace de représailles commerciales.

Boris Johnson est resté combatif. Il a jugé qu'il ne serait pas «responsable» de quitter le pouvoir dans le contexte actuel, entre crise du pouvoir d'achat et guerre en Ukraine.

Un peu plus tôt, lors de la séance hebdomadaire de questions devant les députés, ponctuée de rires et de moqueries sonores, Boris Johnson a affirmé que le «mandat colossal» qui lui avait été confié par les électeurs en 2019 lui conférait le devoir de «continuer».

Le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a fustigé un «spectacle pathétique» de fin de règne, tandis que le leader du parti nationaliste écossais SNP à la chambre des communes, Ian Blackford, a exigé la tenue d'élections anticipées. Une idée que Boris Johnson a rejetée d'un revers de main.

«Bye Boris»

Les ministres démissionnaires ont eu des mots durs pour le chef du gouvernement, mettant en cause son honnêteté.

Devant les députés, Sajid Javid a détaillé les raisons de son départ, convaincu que Boris Johnson ne changerait pas: «ça suffit», a-t-il lancé, avant que certains députés ne reprennent un «bye Boris» moqueur lancé par l'un d'eux.

La démission de Sajid Javid et celle de son collègue des Finances ont été annoncées mardi soir alors que Boris Johnson venait de présenter des excuses après un nouveau scandale.


(FILES) In this file photo taken on October 6, 2021 Britain's Prime Minister Boris Johnson gestures as he delivers his keynote speech on the final day of the annual Conservative Party Conference at the Manchester Central convention centre in Manchester, northwest England. - British Prime Minister Boris Johnson won a no-confidence vote triggered by his Conservative MPs, on June 6, 2022, and will stay on as leader, but the scale of the rebellion leaves his future in doubt. (Photo by Oli SCARFF / AFP)
Boris Johnson sauve sa tête
Après des mois de scandale, le Premier ministre britannique Boris Johnson a sauvé son poste lundi en remportant un vote de défiance de sa majorité, qui porte cependant un coup sévère à son autorité.

Boris Johnson a reconnu avoir fait une «erreur» en nommant en février dans son gouvernement Chris Pincher, «whip» en chef adjoint chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs. Ce dernier a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d'attouchements sur deux hommes.

Après avoir affirmé l'inverse, Downing Street a reconnu mardi que le Premier ministre avait été informé dès 2019 d'anciennes accusations à l'encontre de M. Pincher, mais qu'il les avait «oubliées».

«Intégrité» en question

Pour Sajid Javid, 52 ans, les Britanniques sont en droit d'attendre «de l'intégrité de la part de leur gouvernement».

Boris Johnson a rapidement remplacé les deux démissionnaires en nommant son ministre de l'Education Nadhim Zahawi aux Finances et Steve Barclay, jusque-là chargé de la coordination gouvernementale, à la Santé. Mais depuis les départs se sont multipliés.

Selon un sondage Savanta ComRes publié mercredi, 72% des Britanniques estiment que le Premier ministre devrait démissionner.


Britain's Prime Minister Boris Johnson checks a Covid-19 vaccine during a visit to a vaccination centre in Northampton on January 6, 2022. (Photo by PETER CZIBORRA / WPA Rota / AFP)
Cas contact Covid, Boris Johnson en plein embarras
De nombreuses entorses aux règles de confinement sont reprochées au Premier ministre britannique.

Déjà considérablement affaibli par le scandale des fêtes illégales organisées à Downing Street pendant la pandémie de covid, Boris Johnson a survécu il y a quelques semaines à un vote de défiance de son propre camp.

Mais selon la presse britannique, en coulisses, les anti-Johnson sont à la manœuvre pour permettre un nouveau vote rapidement, en changeant la règle actuelle qui protège le chef du gouvernement pour encore 11 mois. L'élection du bureau exécutif du puissant «Comité 1922», compétent pour trancher la question, doit se tenir lundi.


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