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Bloomberg brandit le risque de la division face à Trump
International 3 min. 21.02.2020

Bloomberg brandit le risque de la division face à Trump

Pour Michael Bloomberg, le premier vrai test électoral n'aura lieu que lors du «Super Tuesday», le 3 mars

Bloomberg brandit le risque de la division face à Trump

Pour Michael Bloomberg, le premier vrai test électoral n'aura lieu que lors du «Super Tuesday», le 3 mars
Photo: AFP
International 3 min. 21.02.2020

Bloomberg brandit le risque de la division face à Trump

Sous les critiques redoublées de sa plus féroce adversaire, le milliardaire a mis en garde jeudi les démocrates contre le risque de faire le jeu de l'actuel président au lendemain d'une performance décevante lors de son premier débat télévisé.

(AFP) -  En campagne dans le Nevada, où sera organisé samedi le troisième vote des primaires présidentielles, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren a éreinté l'ancien maire de New York, qu'elle avait déjà vivement secoué la veille sur le plateau du débat démocrate. «La nuit dernière je me suis bien amusée», a lancé Mme Warren, 70 ans, entrée le poing levé dans un local de campagne de Las Vegas plein à craquer de bénévoles visiblement galvanisés par sa prestation. «J'en ai vraiment assez des milliardaires qui pensent que leur argent peut tout leur acheter», comme cette élection, a lancé la candidate.

«J'en ai vraiment assez des milliardaires qui pensent que leur argent peut tout leur acheter», a déclaré Elisabeth Warren
«J'en ai vraiment assez des milliardaires qui pensent que leur argent peut tout leur acheter», a déclaré Elisabeth Warren
Photo: AFP

Elle a de nouveau dénoncé les pratiques policières jugées discriminatoires, appliquées lorsque M. Bloomberg, un ancien républicain, était maire de New York, ainsi que les accusations de sexisme et de harcèlement pesant, selon la presse, contre sa société et lui-même. Mme Warren l'a appelé à libérer les femmes qui se sont plaintes de leurs accords de confidentialité. Et a affirmé se battre pour celles «qui doivent vivre dans un monde où des hommes riches peuvent les bâillonner», et pour « les minorités». En perte de vitesse après deux mauvais résultats dans l'Iowa et le New Hampshire, Mme Warren, comme l'ancien vice-président Joe Biden, espère faire un meilleur score samedi dans le Nevada, où un nombre important d'électeurs latinos et noirs s'exprimeront pour la première fois.

Trump, «vrai gagnant»?

Au contraire, le «socialiste démocrate» Bernie Sanders bénéficie d'une forte dynamique, en tête des derniers sondages après deux excellents résultats dans ces premiers Etats. Huit candidats sont toujours en lice pour décrocher l'investiture démocrate et défier Donald Trump lors de la présidentielle du 3 novembre.

Pour Michael Bloomberg, le premier test électoral n'aura lieu que le 3 mars, quand 14 Etats voteront en même temps lors du «Super Tuesday». Dans un choix rarissime, il fait l'impasse sur les premiers Etats qui votent en février. En meeting à Salt Lake City, dans l'Utah qui votera à cette date, M. Bloomberg a jugé jeudi que les démocrates commettraient une «erreur fatale» s'ils choisissaient Bernie Sanders pour les représenter contre le président républicain. «Le vrai gagnant du débat d'hier soir est Donald Trump», a-t-il mis en garde. «Je suis d'accord!» a ironisé, sur Twitter, M. Trump, en employant, une nouvelle fois, le surnom de «Mini Mike» qu'il utilise pour se moquer de la taille de M. Bloomberg.

Après son départ de la mairie de New York, fin 2013, M. Bloomberg, 78 ans, était devenu un mécène très courtisé: il a donné 10 milliards de dollars à de multiples institutions, à des causes écologistes, anti-armes à feu et pro-immigration, et a financé de multiples candidats démocrates. Depuis son entrée en lice, le patron de l'agence de presse éponyme, neuvième fortune de la planète en 2019, a déversé un véritable déluge publicitaire à la télévision et sur internet, avec plus de 400 millions de dollars pris dans ses fonds personnels pour financer sa campagne. L'impact se voit dans les sondages: il s'est hissé en février en troisième place de la moyenne des enquêtes d'opinion.

Buttigieg au centre

Avec sa candidature en pleine ascension, le parti démocrate se voit actuellement dominé par un milliardaire anciennement républicain et par un Bernie Sanders qui n'a jamais formellement adopté l'étiquette démocrate et qui a affirmé que les milliardaires ne devraient pas exister. Tentant de s'engouffrer dans la brèche entre ces deux septuagénaires «qui divisent», Pete Buttigieg, ancien maire âgé de 38 ans, cherche à se poser en «seul candidat» modéré capable de rassembler le parti.

Au sein de son équipe de campagne, on affirmait jeudi que M. Bloomberg avait «démontré qu'il ne pouvait pas contrer Sanders, et encore moins Donald Trump». L'émission a enregistré les plus fortes audiences pour un débat démocrate, selon les chaînes organisatrices NBC et MSNBC, avec près de 20 millions de téléspectateurs et 13,5 millions de vues en ligne.


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