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Billet: Le retour du bunga-bunga
International 23.02.2018 Cet article est archivé

Billet: Le retour du bunga-bunga

Berlusconi a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale, peine commuée en travail social, et ne peut prétendre à un nouveau mandat.

Billet: Le retour du bunga-bunga

Berlusconi a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale, peine commuée en travail social, et ne peut prétendre à un nouveau mandat.
AFP
International 23.02.2018 Cet article est archivé

Billet: Le retour du bunga-bunga

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Silvio Berlusconi ressemble à une figure de cire, Arlequin figé sous son masque. Et pourtant «Sua Emmitenza» reste en scène, inéligible mais en campagne pour les élections législatives du 4 mars prochain. Comment expliquer la pérennité du vieux flamboyant, que l'on croyait calciné par les affaires scabreuses et les fêtes sulfureuses?

Voici: Berlusconi est indispensable au centre-droit en Italie. Au pays des tribuns humoristes, ce farceur a fondé une coalition entre sa Forza Italia et la Ligue du Nord, une «combinazione» qui désormais constitue le seul rempart solide face à l'avancée du Mouvement  M5S, le parti populiste créé par Beppe Grillo, un vrai clown celui-là. Et comme il est seul à représenter la droite modérée, Berlusconi pourrait bien, à l'âge de 81 ans, ramener celle-ci aux commandes.

Berlusconi a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale, peine commuée en travail social, et ne peut prétendre à un nouveau mandat. Peu importe, il veut garder son pouvoir d'arbitrage: à la commedia del arte politique, il veut tirer les ficelles et s'ériger en faiseur de rois. Des rois qui en cas de victoire voudront réviser les traités européens, mettre en question l'euro et rejoindre les rangs déjà serrés de tous ces élus qui considèrent l'Europe comme un casino.

Décidément, Silvio Berlusconi est inamovible. Comme les Alpes, comme Nutella. Parce que l'Italie voit en son image le reflet de sa propre caricature: canaille, rebelle et bouffonne. Il y a quelque chose de Trump en Berlu, la malice en plus: il se nourrit de ce qui pourrait le dévorer – son mépris des codes, son machisme et son histrionisme – mais ce sont précisément ses transgressions, ses outrances, ses soirées bunga-bunga auprès de créatures en silicone qui permettent au Cavaliere de rester en selle.

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