Changer d'édition

Biden toujours plus près de défier Trump
International 3 min. 18.03.2020 Cet article est archivé

Biden toujours plus près de défier Trump

 En Floride et dans l'Illinois, le modéré Joe Biden a remporté environ 60% des voix.

Biden toujours plus près de défier Trump

En Floride et dans l'Illinois, le modéré Joe Biden a remporté environ 60% des voix.
Photo: AFP
International 3 min. 18.03.2020 Cet article est archivé

Biden toujours plus près de défier Trump

Après trois nouvelles victoires contre son rival Bernie Sanders dans les primaires démocrates, l'ancien vice-président apparaissait mardi pratiquement assuré de se retrouver devant le président sortant en novembre. Pour autant, la Maison Blanche reste bouleversée par la pandémie de coronavirus.

(AFP) -  Dans un discours largement consacré à la crise du Covid-19, Joe Biden a dit vouloir "rassembler le parti" après "une très bonne nuit": il a gagné dans les trois Etats en jeu mardi, Arizona, Floride et Illinois. Puis il s'est adressé directement aux jeunes électeurs de Bernie Sanders, qui fait campagne bien plus à gauche: "Je vous ai entendu, je sais ce qui est en jeu, je sais ce que nous devons faire !"

"Le sénateurs Sanders et moi ne sommes pas d'accord sur la tactique mais nous partageons une vision commune" sur la santé, les inégalités ou le réchauffement climatique, a-t-il encore affirmé lors de son discours retransmis sur internet, crise du coronavirus oblige. "Non, pas du tout", a immédiatement rétorqué sur Twitter Briahna Joy Gray, la porte-parole de Bernie Sanders qui, lui, n'a pas commenté les résultats de la soirée.

"La pression va être énorme sur lui pour qu'il quitte la course, parce que c'est terminé", a décrété, sans appel, l'ancien conseiller de Barack Obama et analyste démocrate, David Axelrod, sur CNN. En Floride et dans l'Illinois, le modéré Joe Biden a remporté environ 60% des voix, selon des résultats presque complets. Il a aussi été donné vainqueur dans l'Arizona, selon des résultats sur plus de la moitié des bureaux de vote.

Malgré des débuts laborieux, Joe Biden enchaîne les victoires depuis fin février et son avance semble désormais insurmontable en vue de l'investiture démocrate pour la présidentielle du 3 novembre. De son côté, Donald Trump est devenu mardi, sans surprise, le candidat désigné du parti républicain.

Peur du coronavirus

Meetings annulés, discours en ligne et votes reportés: le coronavirus perturbe fortement la campagne. Un quatrième Etat, l'Ohio, devait à l'origine participer à cette nouvelle étape mardi, mais face à la progression rapide de la pandémie (plus de 6.300 cas recensés aux Etats-Unis et 108 décès), le gouverneur a annoncé le report de cette primaire. Là où le scrutin s'est malgré tout tenu, les électeurs et volontaires avaient été appelés à respecter des distances de sécurité et les mesures de précaution. Mais certains sont restés réticents.

"Je pense que les gens ne veulent pas prendre le risque pour une primaire", a confié à l'AFP Aaron Simcox, 52 ans. Comme lui, près de deux millions d'électeurs ont voté par anticipation ou correspondance en Floride. La Louisiane, la Géorgie, le Kentucky et le Maryland, qui devaient voter plus tard, ont d'ores et déjà reporté leurs scrutins à mai et juin. Le parti démocrate a appelé mardi les autres Etats à plutôt renforcer les moyens de participer de façon anticipée et par correspondance.

"Notre démocratie repose sur le droit de vote et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger et renforcer ce droit au lieu de mettre notre fonctionnement démocratique à l'arrêt", a écrit son président, Tom Perez. 

"Résultats" vs "révolution"

Joe Biden a opéré un retour spectaculaire en rassemblant le camp modéré, dont plusieurs ex-candidats à la présidentielle et d'influents élus qui voient en lui le meilleur candidat pour "battre Donald Trump", objectif numéro un des électeurs démocrates. Célèbre pour ses gaffes, le candidat de 77 ans a rassuré ses soutiens dimanche soir en signant une bonne performance lors de son premier duel télévisé contre Bernie Sanders, 78 ans.

Après de lourdes défaites déjà la semaine dernière, ce dernier avait reconnu qu'il n'était pas parvenu à convaincre sur sa capacité à empêcher Donald Trump d'empocher un second mandat. Cherchant à se présenter en candidat plus pragmatique, Joe Biden martèle que les Américains "veulent des résultats, pas une révolution", en référence à la "révolution politique" que prône son adversaire, un socialiste autoproclamé.

Sans surprise, Donald Trump est depuis ce mardi le candidat officiel des républicains.
Sans surprise, Donald Trump est depuis ce mardi le candidat officiel des républicains.
Photo: AFP

Mais dans un appel du pied aux plus progressistes, Joe Biden a ce week-end annoncé qu'il adoptait deux propositions, l'une de Bernie Sanders et l'autre de son ancienne rivale, la sénatrice Elizabeth Warren. Cela ne va pas assez loin, avait répliqué Bernie Sanders, qui s'est accroché à la course malgré ses défaites prévisibles. S'il devait renoncer, le sénateur l'a promis: il soutiendra le candidat choisi par les démocrates, quel qu'il soit.


Sur le même sujet

Joe Biden se rapproche de la Maison Blanche
Le candidat démocrate a obtenu, mercredi soir, des victoires précieuses dans deux Etats-clés face à Donald Trump, qui s'est engagé de son côté dans une véritable guérilla judiciaire.
TOPSHOT - Democratic Presidential candidate Joe Biden speaks at the Chase Center in Wilmington, Delaware, on November 4, 2020. - President Donald Trump and Democratic challenger Joe Biden are squaring off for what could be a legal battle for the White House, running neck-and-neck in the electoral vote count, and several battleground states still in play on November 4. (Photo by JIM WATSON / AFP)
Trump et Biden au coude-à-coude
Alors que le président sortant a prédit mercredi sa «grande victoire» à la présidentielle américaine, son rival démocrate affirme mercredi de son côté qu'il allait «gagner» ce duel encore extrêmement serré.
La victoire en sourdine de Joe Biden
Alors que toute l'actualité se focalise sur les dégâts du coronavirus aux USA, celui qui mènera la bataille présidentielle pour les démocrates face à Trump peine à se faire entendre. Quoique...
(FILES) In this file photo taken on March 12, 2020 former US Vice President and Democratic presidential hopeful Joe Biden speaks about COVID-19, known as the Coronavirus, during a press event in Wilmington, Delaware. - Barack Obama celebrated the kickoff of his "historic" White House challenge before thousands of ecstatic supporters. Hillary Clinton also marked her "milestone," as the first woman nominee of a major US party, to thunderous applause. And what of Joe Biden? The resurgent Democrat has been denied the climactic rollout that his predecessors enjoyed. (Photo by SAUL LOEB / AFP)
Les primaires perturbées par le coronavirus
Quelques heures à peine avant l'ouverture des bureaux de vote, le gouverneur de l'Ohio a annoncé le report de ses primaires présidentielles en citant l'«urgence sanitaire», une première dans la longue course à l'investiture démocrate dominée par Joe Biden face à Bernie Sanders.