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Biden signe 17 décrets pour gommer l'ère Trump
International 6 5 min. 21.01.2021

Biden signe 17 décrets pour gommer l'ère Trump

Le démocrate a prêté serment mercredi.

Biden signe 17 décrets pour gommer l'ère Trump

Le démocrate a prêté serment mercredi.
Photo: AFP
International 6 5 min. 21.01.2021

Biden signe 17 décrets pour gommer l'ère Trump

Le démocrate, devenu mercredi le 46e président des Etats-Unis sur un appel à «l'unité», a immédiatement pris une série de décisions marquant une nette rupture avec le mandat de son prédécesseur, qui aura déchiré les Américains et bousculé le monde.

(AFP) - Joe Biden n'a pas perdu de temps. Après avoir solennellement prêté serment sur les marches de ce même Capitole pris d'assaut il y a deux semaines par des militants trumpistes , le démocrate est arrivé à la Maison Blanche et a signé plusieurs décrets présidentiels pour faire face aux crises multiples et profondes que traverse l'Amérique et revenir sur les mesures phares de l'ère Trump, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat et au sein de l'Organisation mondiale de la santé. 

«Nous allons lutter contre le changement climatique comme nous ne l'avons jamais fait jusqu'ici», a-t-il ainsi déclaré. Et, dès jeudi, le célèbre immunologue Anthony Fauci représentera les Etats-Unis à une réunion de l'OMS. Biden a aussi mis fin à l'interdiction d'entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de pays en majorité musulmans - une des premières mesures très controversées de son prédécesseur républicain. 

Photo: AFP

Quelques heures plus tôt, juste avant midi, Joseph Robinette Biden Jr a prêté serment, la main sur la bible familiale tenue par son épouse Jill, promettant d'accomplir «loyalement» ses fonctions, en défendant la Constitution des Etats-Unis. Cette cérémonie d'investiture au Capitole était un condensé de contrastes. 

Contraste avec les violences du 6 janvier, qui ont fait cinq morts et suscité l'indignation. Et contraste entre le discours grave mais empreint d'«espoir» prononcé par Joe Biden et celui, sombre et offensif, de son prédécesseur il y a quatre ans. Celui qui est devenu à 78 ans le président le plus âgé en début de mandat a multiplié les appels à «l'unité» pour surmonter ce «sombre hiver», quelques heures après le départ de Donald Trump, qui a quitté Washington sans assister à ce moment historique. 

Lettre «très aimable» 

«Je sais que les forces qui nous divisent sont profondes et réelles», a lancé le démocrate, sous les applaudissements d'invités triés sur le volet en raison de la pandémie. Se posant en «président de tous les Américains», Joe Biden a prévenu que les Etats-Unis allaient entrer dans «la phase la plus dure et mortelle» du covid-19 qui a déjà fait plus de 400.000 morts dans le pays. 


(FILES) In this file photo US President Donald Trump makes his way from the Rose Garden after speaking on COVID-19 testing at the White House in Washington, DC on September 28, 2020. - President Donald Trump began his final full day in the White House on January 19, 2021 with a long list of possible pardons to dish out before snubbing his successor Joe Biden's inauguration and leaving for Florida. On January 20, 2021 at noon, Biden will be sworn in and the Trump presidency will end, turning the page on some of the most disruptive, divisive years the United States has seen since the 1960s. (Photo by MANDEL NGAN / AFP)
Trump laisse juste un courrier pour Biden
A défaut de lui serrer la main, l'ex-président américain a adressé une lettre à son successeur à la Maison blanche. A défaut d'assister à la prestation de serment, le milliardaire s'est donc plié là à une tradition américaine.

La journée restera dans les livres d'histoire aussi en raison de l'accession, pour la première fois, d'une femme à la vice-présidence de la première puissance mondiale. L'ex-sénatrice noire et d'origine indienne Kamala Harris, 56 ans, a prêté serment juste avant Joe Biden. Fait sans précédent depuis 150 ans, le président sortant a donc boudé la cérémonie d'investiture de son successeur, ayant quitté la Maison Blanche sans même l'avoir rencontré. Donald Trump lui a toutefois laissé une lettre, «très aimable» selon le nouveau président, qui n'en a pas dévoilé la teneur. 

Rassemblement et réconciliation 

En public, l'ex-promoteur immobilier a seulement souhaité «bonne chance» à la nouvelle administration sans jamais prononcer le nom de Joe Biden. Et a promis de revenir «d'une manière ou d'une autre», avant d'arriver en Floride pour entamer dans son club de Mar-a-Lago, à 74 ans, sa vie d'ex-président. Son vice-président Mike Pence était, lui, aux premières loges de la cérémonie d'investiture. 

Emu, Joe Biden, costume sombre et cravate bleu ciel, masqué à son arrivée comme tous les invités, a donné l'accolade à Barack Obama, dont il fut le vice-président. La star de la pop Lady Gaga a entonné l'hymne national, vêtue d'une robe rouge et noire bouffante et arborant une grande broche dorée représentant la colombe de la paix. Puis Jennifer Lopez a chanté «This land is your land» («Ce pays est ton pays»). 

Le démocrate accède à la présidence après un demi-siècle de présence en politique, avec l'intention de marquer immédiatement la rupture - sur le fond comme sur la forme - avec l'ex-homme d'affaires de New York. Après la cérémonie, il est allé se recueillir sur la tombe du soldat inconnu au cimetière militaire d'Arlington avec les ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton. 

Nouveau chapitre

Il avait aussi assisté dans la matinée à une messe à Washington accompagné des chefs démocrates et républicains du Congrès. Joe Biden a encore réitéré son appel à l'unité au sein de l'imposant mémorial Abraham Lincoln, lieu solennel de la capitale, au cours d'une soirée en l'honneur de son investiture animée par l'acteur Tom Hanks qui s'est conclue par un spectacle pyrotechnique. 

Joe Biden a promis de renouer avec des alliés malmenés par Donald Trump. «Welcome back» dans l'accord de Paris sur le climat, lui a lancé le président français Emmanuel Macron, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a dit sa «hâte» d'ouvrir «un nouveau chapitre». Le président Biden aura vendredi un entretien téléphonique avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau pour son premier échange avec un dirigeant étranger. 

En politique intérieure, les démocrates comptent mettre à profit leur prise de contrôle du Sénat devenue effective mercredi. La chambre haute a confirmé à une très large majorité la nomination de l'ancienne numéro 2 de la CIA, Avril Haines, comme directrice du Renseignement américain.  

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