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Belgique: un ponton pour clandestins
International 2 min. 24.09.2018 Cet article est archivé

Belgique: un ponton pour clandestins

Belgique: un ponton pour clandestins

AFP
International 2 min. 24.09.2018 Cet article est archivé

Belgique: un ponton pour clandestins

La rumeur l’affirmait: le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Theo Francken s’apprêtait à louer une prison néerlandaise désaffectée pour y enfermer des clandestins. Le procédé n’était pas neuf. La Belgique y avait déjà recouru par le passé pour ses condamnés.

Par Max Helleff,

Toutefois, gérer un problème d’immigration illégale en recourant aux structures d’un pays voisin risquait assurément de passer pour une preuve supplémentaire de cynisme.

La vérité est autre. La Belgique ne confiera pas ses clandestins aux Néerlandais. Mais elle pourrait renouveler l’expérience du ponton lancée à Gent en 2015. Un navire-ponton baptisé «Reno» et capable d’accueillir 250 personnes avait été loué aux Pays-Bas et amarré à un quai de la ville flamande. Cette solution avait eu l’avantage de répondre au plus vite aux besoins des migrants qui arrivaient alors massivement.

Couper le flux

Aujourd’hui, le gouvernement Michel pourrait réactiver la solution du ponton pour loger les transmigrants arrêtés sur la route de l’Angleterre, avant qu'ils ne tentent le passage de la Manche. Il s’agirait toutefois d’en faire un centre fermé, contrairement à ce qui fut en vigueur en 2015. Cette fois, les illégaux seraient bel et bien enfermés.

Cet accroissement du nombre de places «fermées» à destination des clandestins éviterait à l’Etat belge de connaître à nouveau les déboires de la semaine écoulée. 200 illégaux ont été libérés pour faire de la place aux transmigrants arrêtés sur les aires autoroutières de Flandre. Parmi eux se trouvaient 32 personnes ayant eu affaire à la justice.

Le gouvernement Michel veut éviter de renouveler une telle bévue à un moment où il est clair que la migration sera le thème-phare de la campagne électorale. Toutefois, le ponton n’est pour l’instant qu’une piste évoquée – au même titre que la réouverture de casernes désaffectées – dans une réflexion plus globale visant à accroître le nombre de places en centres fermés.

A terme, le gouvernement veut aboutir à la création de 300 places supplémentaires en plus des 90 prévues dans le cadre d’un plan approuvé en 2017.900 places au total seraient ainsi mises à disposition des autorités, soit le double des espaces disponibles lors de l’arrivée au pouvoir de Charles Michel et de ses alliés en 2014. Précision: l’actuel gouvernement mène une politique d’éloignement des clandestins identique à celle de ses prédécesseurs, qui lui donnèrent toutefois moins de publicité. 80 % des migrants illégaux qui atterrissent en centres fermés finissent par être expulsés.

La solution du ponton est dénoncée pas les associations de défense des migrants. Le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), explique que, historiquement, «un ponton est une prison flottante de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Servaient de pontons des navires de guerre désarmés et ancrés à proximité des côtes. On y entassait les prisonniers en grand nombre, l’avantage étant qu’un personnel réduit suffisait à surveiller les prisonniers».

A Gent, qui accueillit donc en 2015 un ponton, on juge que l’expérience fut plutôt positive, grâce notamment à l’implication de bénévoles et au fait que les migrants pouvaient aller et venir en journée. Toutefois, la capacité du

«Reno» n’a jamais été utilisée à 100 %. Pour conserver un «espace un peu humain».

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