Changer d'édition

Nouvelle poussée de l’extrême droite flamande
International 3 min. 10.06.2021
Belgique

Nouvelle poussée de l’extrême droite flamande

La N-VA de Bart De Wever et le Vlaams Belang de Tom Van Grieken pourraient obtenir 47,9% des suffrages si des élections étaient organisées demain.
Belgique

Nouvelle poussée de l’extrême droite flamande

La N-VA de Bart De Wever et le Vlaams Belang de Tom Van Grieken pourraient obtenir 47,9% des suffrages si des élections étaient organisées demain.
Photo: dpa
International 3 min. 10.06.2021
Belgique

Nouvelle poussée de l’extrême droite flamande

Le Vlaams Belang profite de l’affaire Conings et renvoie les démocrates à la perspective de son accession au pouvoir.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles)- L’hebdomadaire Knack pose la question sans détour: «Est-il possible que le Vlaams Belang et la N-VA emportent plus de sièges que les autres partis flamands réunis lors des prochaines élections ? Ou pas ? » Autrement dit, que l’alliance des nationalistes, durs et modérés, soit incontournable lors de la formation du prochain gouvernement fédéral...


27.09.2020, Belgien, Br¸ssel: Demonstranten halten zwischen ihren Autos fl‰mische Flaggen w‰hrend eines Protestes der rechtspopulistischen Regionalpartei Vlaams Belang gegen die Regierung. Foto: Nicolas Maeterlinck/BELGA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
L'extrême droite s'installe confortablement en Belgique
Au lendemain de la formation du gouvernement Vivaldi, un sondage confirme la force du Vlaams Belang. Et la faiblesse des partis démocratiques.

Ces derniers jours, un sondage Ipsos particulièrement interpellant a relancé la question de la participation de l’extrême droite flamande au pouvoir. Relayé par plusieurs médias, il confirme la montée en puissance du Vlaams Belang. Bien qu’il reste confiné dans l’opposition, l’ex-Vlaams Blok est aujourd’hui le premier parti flamand, donc le premier parti national en raison du poids démographique de la Flandre. Avec 26,1% des suffrages, il progresse de 7,4 points par rapport au scrutin législatif de 2019.

Traditionnellement, le Vlaams Belang de Tom Van Grieken et la N-VA de Bart De Wever puisent leurs électeurs dans un même vivier, selon un système de vases communicants qui favorise tantôt l’un, tantôt l’autre. Cette fois pourtant, la poussée du Belang ne s’effectue plus au détriment des nationalistes républicains de la N-VA, lesquels colonisent la seconde place du sondage Ipsos avec 21,8% des intentions de vote (+1,8% par rapport à un précédent sondage réalisé l’hiver dernier).

Au bout du compte, le Vlaams Belang et la N-VA cumuleraient 47,9% des suffrages si des élections étaient organisées demain, pour 44,2% en mai 2019. Bref, un électeur flamand sur deux est aujourd’hui tenté par le vote nationaliste, qu'il soit autonomiste ou indépendantiste, alors que paradoxalement le Premier ministre (fédéral) Alexander De Croo caracole au sommet du classement des personnalités politiques les plus populaires.

Ce succès, le Vlaams Belang l’obtient au détriment de la droite traditionnelle flamande - dont le parti libéral Open VLD d’Alexander De Croo. Classiquement, la situation est inverse en Wallonie où un PS regonflé se retrouve flanqué au second rang des communistes du PTB.


Members and supporters of far right group Generation Identitaire (GI) deploy a banner reading "Freedom" on the Lion de Belfort sculpture during a protest against its potential dissolution in Paris on February 20, 2021. - The dissolution of Generation identitaire was evoked for the first time on January 26, 2021 by Interior Minister, as a reaction to the group's recent anti-migrant operation in the Pyrenees, which led to a preliminary investigation for provocation to racial hatred. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
Les fâcheuses accointances du Vlaams Belang
Un député vedette de l’extrême droite flamande enfreint les règles sanitaires pour manifester à Paris aux côtés des Identitaires.

Voilà pourquoi l’une des analyses les plus couramment formulées aujourd’hui consiste à dire que seule une coalition entre la N-VA de Bart De Wever et le PS de Paul Magnette permettra peut-être de sauver la Belgique fédérale au terme des législatives de 2024. D’un côté, la Flandre nationaliste, mais démocrate. De l’autre, le socialisme à la wallonne, certes embourgeoisé, mais incontournable.

Une telle alliance n’a plus rien de chimérique. L’été dernier, Paul Magnette et Bart De Wever ont presque scellé leur union en dépit des anathèmes passés. Finalement, une coalition Vivaldi réunissant la bagatelle de sept partis a emporté la mise. Mais rien ne dit qu’en 2024, la perspective de voir le Vlaams Belang briser le cordon sanitaire qui lui interdit depuis quarante ans l’accès au pouvoir ne rendra pas imparable une alliance PS/N-VA.

Ces conjectures cachent mal l’inquiétude profonde des partis démocratiques. Le Vlaams Belang fait en effet feu de tout bois: le sondage Ipsos qui lui attribue la première marche du podium a été réalisé entre le 25 mai et le 1er juin, au moment où il était précisément accusé par certains médias d’avoir «fabriqué» un Jürgen Conings, ce militaire raciste et lourdement armé toujours introuvable. Et si, demain, le port du voile devait être admis aux guichets des administrations et des entreprises publiques bruxelloises, chacun sait que le Belang tirerait immédiatement profit de la situation dans la capitale où il est aux aguets.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

En prenant ses distances avec l’extrême droite belge, le président de la N-VA se repositionne dans la course au pouvoir. Lissant son image et soignant ses alliances.
Bart De Wever, mayor of Antwerp and President of Flemish right-wing party N-VA delivers a speech during an event held by Flanders' Chamber of Commerce and Industry at the Stadsschouwburg in Antwerp, Belgium, January 6, 2016.    REUTERS/Francois Lenoir