Changer d'édition

Belgique: les écolos font leur nid
International 3 min. 16.11.2018 Cet article est archivé

Belgique: les écolos font leur nid

Jean-Marc Nollet est le nouveau coprésident des écologistes, élu avec le score formidable de 93 % des voix.

Belgique: les écolos font leur nid

Jean-Marc Nollet est le nouveau coprésident des écologistes, élu avec le score formidable de 93 % des voix.
PHOTO: AFP
International 3 min. 16.11.2018 Cet article est archivé

Belgique: les écolos font leur nid

Après les communales, les Verts belges veulent s'imposer aux législatives.

Par Max Helleff

Les Verts francophones et flamands s'érigent en barrage capable de repousser le nationalisme de la N-VA dans l'opposition. Forts de leurs résultats aux communales, ils entendent poursuivre leur avancée lors des législatives.

Ils sont remontés comme des coucous. Et fatalement, ils comptent bien s’installer dans le nid du pouvoir après en avoir chassé les autres partis politiques. Un mois après les élections communales du 14 octobre, les verts francophones affichent une forme époustouflante. Et pour cause: le scrutin leur a permis d’emporter trois maïorats à Bruxelles et de participer au pouvoir dans plusieurs grandes villes wallonnes. Il leur a en quelque sorte donné l’absolution après les erreurs accumulées autrefois au niveau fédéral et à la Région wallonne.

Jean-Marc Nollet ; «Le PS et le Mouvement réformateur de Charles Michel sont restés ancrés dans le XXe siècle».
Jean-Marc Nollet ; «Le PS et le Mouvement réformateur de Charles Michel sont restés ancrés dans le XXe siècle».
BELGA/AFP

Les écologistes voient grand. Preuve de leurs ambitions, ils viennent de se donner pour coprésident le très pugnace Jean-Marc Nollet, élu par l’assemblée générale avec un score castriste de 93 % des voix. Nollet, c’est un travailleur, un éplucheur de dossier. La «bête noire» de la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem. Jean-Marc Nollet a un but: «battre la N-VA à la Chambre». Mais il y a du boulot.


L’homme fort de la situation: le président du parti nationaliste flamand, Bart De Wever.
La Belgique en quête de changement
La «vague verte» et la poussée des communistes lors des élections communales et provinciales en Belgique annoncent des législatives particulièrement disputées.

Pour l’instant, Ecolo dispose de douze députés contre 31 pour le parti nationaliste de Bart De Wever. Avec Groen, le parti frère flamand, les Verts pensent malgré tout pouvoir atteindre leur but. Le match paraît en effet jouable si les électeurs du 14 octobre renouvellent leur confiance lors du scrutin législatif du 26 mai prochain. Après tout, le vote communal a révélé une fracture profonde entre le Nord bien installé à droite et le Sud qui parie plutôt sur la gauche. Cette polarisation sert Ecolo pour faire de la N-VA le parti à battre.

Le jour et la nuit

Entre Ecolo et la N-VA, c’est le jour et la nuit. Le premier veut en finir avec le nucléaire, le second aimerait prolonger la vie des centrales au-delà de 2025. En matière migratoire, la politique répressive du gouvernement à l’égard des migrants et des hébergeurs a convaincu un électorat de centre-droit de soutenir le parti vert. En matière économique, Ecolo prêche l’équilibre entre l’entreprise et l’environnement, là où la N-VA se place aux côtés du patronat traditionnel.

Les indicateurs électoraux semblent être au vert. Mais pour devenir le challenger numéro 1 de la N-VA, Ecolo devra faire mieux que les socialistes d’Elio Di Rupo. S’ils sont toujours aux commandes des grandes villes wallonnes, ces derniers ont perdu beaucoup de plumes le 14 octobre dernier. Ils devraient rester toutefois pour bien des gens le seul parti capable de barrer la route à la reconduction de la «suédoise» au niveau fédéral.


D
Ces jeunes qui veulent changer la politique belge
Les Belges francophones de 18 à 35 ans ont placé leurs espoirs entre les mains des écologistes.

Ecolo a six mois pour convaincre l’électorat francophone qu’il peut incarner le «vote utile» anti-N-VA. Ce n’est pas gagné. Car Ecolo a surtout conquis son public là où une classe moyenne aisée a la capacité de mettre en parenthèses le socio-économique pour miser davantage sur la protection de l’environnement. Ailleurs, ce sont les rouges – socialistes et communistes – qui font office d’opposition au gouvernement fédéral du libéral Charles Michel.

Alors Jean-Marc Nollet balance tous azimuts. Le PS et le Mouvement réformateur de Charles Michel sont «restés ancrés dans le XXe siècle», a-t-il déclaré au journal «Le Soir». Quant au CDH, il serait «coincé dans le XIXe siècle». Il qualifie l’alliance entre libéraux et socialistes en province de Liège de «majorité Publifin», en référence au scandale qui a éclaboussé l’an dernier le PS francophone. Cette stratégie au goût de provocation n’a d’autre but que de faire d’Ecolo l’arbitre du jeu politique. Et d’être la clé de la coalition qui renverra la N-VA dans l’opposition.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Le triomphe des écologistes en Wallonie et à Bruxelles est annoncé, selon le dernier sondage de l'institut Kantar relayé par plusieurs médias francophones et flamands.
Le parti «Ecolo» pourrait rafler tous les suffrages.
La «vague verte» et la poussée des communistes lors des élections communales et provinciales en Belgique annoncent des législatives particulièrement disputées.
L’homme fort de la situation: le président du parti nationaliste flamand, Bart De Wever.