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Bart De Wever se rapproche de la gauche
International 3 min. 05.08.2019

Bart De Wever se rapproche de la gauche

L'aversion du formateur flamand Bart De Wever contre les socialistes ne constitue aucunement un secret.

Bart De Wever se rapproche de la gauche

L'aversion du formateur flamand Bart De Wever contre les socialistes ne constitue aucunement un secret.
Photo: AFP
International 3 min. 05.08.2019

Bart De Wever se rapproche de la gauche

Des discussions entre nationalistes et socialistes augurent de la formation du prochain gouvernement flamand.

Par Max Helleff - La presse et la société civile francophones se sont souvent interrogées sur la nature réelle de la N-VA. Populiste ou pas? Raciste ou pas?... Ce qui s’est passé ces derniers jours en apaisera certains, mais en perturbera d’autres. Une majorité des mandataires socialistes flamands (SP.A) viennent en effet de confier à leur président de parti John Crombez le soin de négocier avec Bart De Wever, ce dernier étant formateur du gouvernement qui aura pour tâche de diriger la Flandre. 

Une note a été approuvée dans le même temps par les responsables du SP.A, sorte de feuille de route à laquelle John Crombez devra se conformer lors des négociations à venir. Dans cette dernière, on peut lire qu’un changement important est attendu par les socialistes en matière de mobilité, les transports en commun devant être davantage privilégiés. Puis suivent le social (handicapés, financement des crèches, maisons de repos…) et le climat. 

 John Crombez et le S.PA souhaitent que la mobilité notamment soit au coeur du futur programme de gouvernement.
John Crombez et le S.PA souhaitent que la mobilité notamment soit au coeur du futur programme de gouvernement.
Photo: AFP

«Le SP.A sera à l’écoute, quand le parti sera invité à des discussions de formation», indique Crombez dans un communiqué. «Pour nous, il est cependant clair, sur base des résultats des élections, que la balle n’est pas dans notre camp.» Crombez, un homme qui s’est parfois éloigné des positions classiques de la gauche en prônant davantage de fermeté dans le dossier migratoire, avait auparavant fait rapport de discussions tenues avec De Wever.

Les mandataires socialistes flamands restent toutefois prudents. «Nous ne nous sommes pas exprimés sur la possibilité ou non de gouverner avec la N-VA, car cette question n’était pas à l’ordre du jour», a précisé l’un d’eux. Même le député Bruno Tobback, connu pour être un opposant déclaré à une alliance entre socialistes et nationalistes, se dit satisfait. «Il n’y a pas, aujourd’hui, de réelle invitation pour de réelles négociations de formation», a-t-il déclaré. Comme pour se rassurer.

 «Grande Convergence» à Anvers 

L’aversion de Bart De Wever pour les socialistes est bien connue. Mais cet anathème frappe essentiellement les socialistes «wallons» rendus responsables de tous les maux du sud du pays. Leurs cousins bruxellois ne valent pas mieux aux yeux des nationalistes flamands qui les jugent inaptes à diriger la capitale de l’Europe. Toutefois, la N-VA a déjà gouverné par le passé avec le SP.A.

En décembre dernier, soit deux mois après les élections communales, les deux partis flanqués des libéraux ont passé un nouvel accord pour former une majorité à Anvers. Cette «Grande Convergence» prétend réunir les points de vue en matière de mobilité, de sécurité, de lien social, d'enseignement et de gestion administrative. Bart De Wever est resté bourgmestre de la ville portuaire.

Vers une rupture du cordon sanitaire ?

Le rapprochement anversois peut augurer du compromis qui pourrait intervenir dans un avenir plus ou moins proche, cette fois au gouvernement flamand. En attendant, le Vlaams Belang ne lâche pas. «Le Vlaams Belang et la N-VA doivent former une coalition avec un troisième partenaire si nous ne voulons pas ignorer le signal de l’électeur», indiquait ainsi jeudi Tom Van Grieken, le leader de la formation d’extrême droite, à la sortie d'un nouvel entretien avec Bart De Wever. 

De Wever a-t-il renoncé à rompre le cordon sanitaire qui isole depuis les années 90 l’extrême droite et à parier plutôt sur une coalition avec la gauche? C'est possible... De là à penser que les socialistes francophones suivront leurs cousins flamands dans la négociation, cette fois à l’échelon fédéral, il y a un pas à ne pas trop vite franchir. 


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