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Bart De Wever s'en prend à la gestion du covid belge
International 3 min. 04.11.2020 Cet article est archivé

Bart De Wever s'en prend à la gestion du covid belge

Bart de Wever joue avec les peurs du virus et une réalité : le virus flambe partout dans le royaume belge.

Bart De Wever s'en prend à la gestion du covid belge

Bart de Wever joue avec les peurs du virus et une réalité : le virus flambe partout dans le royaume belge.
Photo : Reuters
International 3 min. 04.11.2020 Cet article est archivé

Bart De Wever s'en prend à la gestion du covid belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le leader nationaliste flamand attise la défiance envers les mesures anticovid. Un jeu politique dangereux, difficile à assumer.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - Depuis août et l’échec du rapprochement entre la N-VA nationaliste flamande et le PS francophone, Bart De Wever avait pour ainsi dire disparu des écrans radars. Ces derniers jours, le bourgmestre d’Anvers a toutefois fait le buzz en prenant le contre-pied des mesures anticovid.

Le week-end dernier, alors que la fermeture des commerces non essentiels était annoncée pour le lundi, Bart De Wever avait appelé ses concitoyens au shopping intensif pour soutenir les commerces anversois: «Pour beaucoup, ce week-end sera la dernière chance d’aller dans les magasins. Mais il faudra suivre strictement les règles pour ce shopping dominical. Ne venez pas avec plus de personnes qu’autorisé. Gardez vos distances et portez le masque», avait-il lancé sur Twitter. Résultat : le dimanche, les rues d’Anvers étaient noires de monde, au risque de propager largement le virus.

«Incompréhensible», avait réagi la gouverneure de la province d'Anvers Cathy Berx en voyant les badauds prendre d’assaut le centre-ville de la métropole, leurs emplettes à la main. Depuis, Bart De Wever s’est justifié en faisant valoir qu’aucun autre bourgmestre n’a interdit les courses dans sa commune. Et, de fait, d’autres centres-villes flamands et francophones ont été envahis le week-end dernier par les amateurs de shopping... «Une occasion manquée», a pesté la ministre de l’Intérieur, la chrétienne-démocrate flamande Annelies Verlinden.

Tout ceci ne serait qu’anecdote s’il n’y avait en filigrane la tentation du leader nationaliste flamand de s’opposer au gouvernement De Croo sur le terrain du covid. En avril dernier, Bart De Wever avait déjà posé assis sur un banc public alors que les mesures sanitaires l’interdisaient expressément. A l’époque,  la N-VA était hors-jeu. La majorité des partis avaient conclu une paix des braves autour de l’ex-Première ministre Sophie Wilmès (tout juste sortie d'une infection covid) pour traverser la crise sanitaire.


HOUSTON, TX - OCTOBER 31: Medical staff members treat a patient suffering from the coronavirus disease (COVID-19) in the COVID-19 intensive care unit (ICU) at the United Memorial Medical Center (UMMC) on October 31, 2020 in Houston, Texas. According to reports, Texas has reached over 916,000 cases, including over 18,000 deaths.   Go Nakamura/Getty Images/AFP
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Les hôpitaux belges sous tension maximale
La phase d’urgence la plus élevée est enclenchée pour tenter de contrer la saturation des établissements hospitaliers. Une lueur d'espoir est toutefois perceptible.

Aujourd’hui, la situation n’est pas très différente. En formant la coalition Vivaldi, les sept partis qui ont choisi de monter au gouvernement fédéral ont aussi condamné la N-VA (le premier parti du pays) à rester quatre années de plus dans l’opposition. Une opposition essentiellement nationaliste donc, puisque l’autre parti de poids à l’animer est le Vlaams Belang (extrême droite) de Tom Van Grieken.

Problème : cette opposition n’a rien à se mettre sous la dent pour l’instant. Le gouvernement De Croo s’est pleinement concentré sur la situation sanitaire depuis son entrée en fonction il y a un mois. Nouvelles mesures, reconfinements, gestion des hôpitaux saturés… le temps lui a manqué pour lancer projets et réformes. La Belgique n’a toujours pas de plan de relance. Les grands axes économiques, environnementaux et sociétaux qui font les débats politiques sont fatalement absents.


(L-R) Belgium's Vice-Prime Minister and Public Health and Social Affairs minister Frank Vandenbroucke, German Community Minister President Oliver Paasch, Brussels Region Minister-President Rudi Vervoort, Walloon Minister President Elio Di Rupo, Prime Minister Alexander De Croo, Flemish Minister President Jan Jambon and Federation Wallonia - Brussels Minister President Pierre-Yves Jeholet give a press conference following a meeting of the consultative committee with ministers of the Federal government, the regional governments and the community governments, focused on the Covid-19 (novel coronavirus) outbreak, in Brussels, on October 30, 2020. - Belgium, the country with by some measures the world's worst coronavirus outbreak, will impose tighter lockdown rules from November 2, closing non-essential businesses and restricting household visits. (Photo by Philip REYNAERS / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La Belgique opte pour un «confinement plus sévère»
La vie sociale des Belges sera fortement cadenassée durant «au moins un mois» pour faire front au coronavirus, suite à la décision prise vendredi soir par les autorités belges.

En mars dernier, un chroniqueur de la chaîne publique francophone RTBF estimait que « l’attitude de Bart De Wever le prouve malheureusement, on n’est pas à l’abri de l’incivisme et de la bassesse sur un sujet aussi sérieux que le coronavirus (…) Le meilleur allié du coronavirus, c’est l’incivisme ». 

Près de 12.000 morts plus tard, la tentation de Bart De Wever de donner dans le populisme anti-mesures covid, tel un Donald Trump flamand, semble toujours là. Mais ce terrain-là est glissant. La Belgique vient de rebasculer dans la «surmortalité significative». Une maison de repos sur quatre est infectée par le virus. D’où sans doute pour cet admirateur de la Rome antique une réticence à passer trop vite le Rubicon sanitaire.

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