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Bart De Wever s'assoit sur le confinement
International 4 min. 14.04.2020

Bart De Wever s'assoit sur le confinement

Bart De Wever se plaît à prendre le contre-pied des mesures de confinement décidées par le gouvernement Wilmès

Bart De Wever s'assoit sur le confinement

Bart De Wever se plaît à prendre le contre-pied des mesures de confinement décidées par le gouvernement Wilmès
Photo: AFP
International 4 min. 14.04.2020

Bart De Wever s'assoit sur le confinement

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le leader nationaliste flamand prend le contre-pied des mesures sanitaires édictées par le gouvernement Wilmès. Une manière de survivre politiquement.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - S'il est un homme politique qui se comporte d’une manière atypique dans le cadre de la crise sanitaire, c'est bien Bart De Wever. Lorsque le leader nationaliste flamand se fait entendre, c'est en effet pour prendre le contre-pied des mesures de confinement décidées par le gouvernement Wilmès.

Sur une publicité plantant un décor printanier, on peut voir ainsi Bart De Wever assis sur un banc public, avec ce slogan en néerlandais: «Interdire aux gens de s'asseoir sur un banc, je ne le ferai pas». Prononcés récemment par le leader nationaliste sur les ondes de la radio publique flamande VRT, ces mots sont récupérés aujourd'hui par la communication de son parti pour en faire une arme de combat politique. «L'activité physique est encouragée, mais on ne peut pas jouer au basket seul? Et s'asseoir sur un banc est interdit? Désolé, mais je ne vais pas interdire aux gens de s'asseoir sur un banc», avait affirmé le bourgmestre d'Anvers sur la VRT.

Pour le seul dimanche de Pâques, 303 décès liés au coronavirus ont été rapportés en Belgique
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Photo: AFP

Les critiques sont amères. «Alors que d'autres partis en dépit de leurs divergences tentent de construire une base commune pour lutter contre le coronavirus, De Wever dépense de l'argent pour des publicités contre les directives» du gouvernement, accuse parmi d'autres l’écologiste flamand Kristof Calvo.

Mais Bart De Wever n'en démord pas. A plusieurs reprises, il a dénoncé la mesure consistant à interdire de s'asseoir sur un banc public. Celle-ci passe, il est vrai, pour incompréhensible auprès de nombreux Belges. S'ils ont le droit de sortir de chez eux (à deux maximum) pour se promener ou faire du sport, il leur est en revanche formellement interdit de s'asseoir à l'extérieur au risque d’être verbalisés. L'amende est de 250 euros. Tout doit être fait, expliquent les experts, pour que soient respectées les règles de la distanciation sociale. Des exceptions sont toutefois prévues pour les femmes enceintes et les personnes âgées.

Les nationalistes se sont mis hors jeu

C'est précisément à cette catégorie de population et aux familles qui craignent pour leurs «aînés» qu'entend s’adresser Bart De Wever en dénonçant la mesure la plus impopulaire du confinement. Pour le seul dimanche de Pâques, 303 décès liés au coronavirus ont été rapportés. 43% sont survenus dans des maisons de repos, loin des bancs publics et de leur convivialité supposée...

En réalité, la N-VA peine à exister sur la scène politique depuis que le parti socialiste de Paul Magnette a rejeté une alliance avec les nationalistes flamands pour lui préférer l'accord octroyant les pouvoirs spéciaux au gouvernement Wilmès, dans le cadre de la crise sanitaire. Au contraire, les nationalistes se sont mis hors jeu en ne soutenant pas l'exécutif minoritaire dans la lutte contre le virus. Ils se sont même obstinés: les trois eurodéputés N-VA se sont abstenus sur le vote du Fonds de cohésion européen, crucial pour le soutien aux pays luttant contre le coronavirus.

Le gouvernement de Sophie Wilmès gagne ostensiblement en popularité durant la crise du coronavirus
Le gouvernement de Sophie Wilmès gagne ostensiblement en popularité durant la crise du coronavirus
Photo: AFP

L'un des hommes forts du parti, le ministre-président flamand Jan Jambon, a été jusqu'à forcer le gouvernement belge à s'abstenir au Conseil européen lors du vote destiné à libérer des fonds pour «l'initiative d'investissement» de l'UE. Il estimait une fois encore la Flandre défavorisée, notamment par rapport à la Wallonie.

Tout cela fait désordre alors que le gouvernement Wilmès gagne ostensiblement en popularité. «Grâce aux nationalistes, la Belgique est désormais la honte de l'Europe», titrait récemment le quotidien néerlandophone De Morgen. Quelle déchéance pour ce parti et ses respectables représentants…» 

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