Changer d'édition

Bart De Wever ouvre largement les bras
International 3 min. 13.08.2019

Bart De Wever ouvre largement les bras

Bart De Wever a rejeté toute alliance avec l'extrême droite flamande.

Bart De Wever ouvre largement les bras

Bart De Wever a rejeté toute alliance avec l'extrême droite flamande.
Photo: AFP
International 3 min. 13.08.2019

Bart De Wever ouvre largement les bras

Le prochain gouvernement flamand devrait réunir nationalistes, libéraux et chrétiens-démocrates, laissant l’extrême droite à son isolement.

Max HELLEFF (Bruxelles) Ces derniers jours, des échos venant du nord du pays annonçaient l’imminence de la formation d’un gouvernement flamand. Puis les démentis tombaient. Mais lundi, le président de la N-VA Bart De Wever a publié une «note de départ» pour les négociations gouvernementales flamandes, invitant les libéraux de l'Open VLD et les chrétiens-démocrates du CD&V à former un gouvernement avec son parti. 

Ceux-ci ont aussitôt accepté la main tendue par le nationaliste. C’est l'ex-ministre de l'Intérieur et compagnon de route de Bart De Wever, Jan Jambon, qui a été nommé formateur de cette seconde coalition « suédoise » flamande. Les mêmes partis étaient en effet déjà alliés au gouvernement durant la précédente législature. 


Belgian Flemish right-wing party (N-VA) president Bart De Wever speaks during a news conference in Brussels October 30, 2013. REUTERS/Francois Lenoir (BELGIUM - Tags: POLITICS)
Jeu de dupes autour du confédéralisme belge
La refonte de la Belgique en État confédéral est le leitmotiv de la N-VA de Bart De Wever dans la formation du prochain gouvernement.

Bart De Wever a précisé qu'«une coalition avec le Vlaams Belang s’est avérée impossible» malgré des efforts pour prendre en compte ce parti d’extrême droite, grand gagnant des élections du 26 mai dernier. 

«Ni aujourd’hui, ni demain, ni la semaine prochaine, ni le mois prochain. C’est ma conviction », a-t-il martelé, comme pour mieux évacuer toute idée d’alliance future.

Isoler les extrémistes

Les paramètres de la négociation étaient connus. Si De Wever disait oui à l’extrême droite, il se montrait certes à l’écoute des 800.000 Flamands qui ont plébiscité le Vlaams Belang il y a trois mois. Mais il s’interdisait aussi de revenir au fédéral…

Aucun parti francophone n’aurait en effet accepté d’embarquer avec l’homme qui aurait brisé le cordon sanitaire isolant les extrémistes.  

Le choix du réalisme

On sait depuis ce lundi 12 août qu’il n'en sera rien. Et tant pis pour les socialistes du SP.A, un moment pressentis par De Wever comme partenaires au sein du prochain gouvernement flamand.

Bart De Wever a fait le choix du réalisme politique en laissant l’extrême droite à sa solitude. Il a repositionné la N-VA au cœur de la négociation fédérale, même si cette dernière est pour l’instant complètement bloquée.

 

Jan Jambon a été nommé formateur de cette seconde coalition flamande qui pourrait former le prochain gouvernement flamand.
Jan Jambon a été nommé formateur de cette seconde coalition flamande qui pourrait former le prochain gouvernement flamand.
Photo: AFP

Reste le plus difficile à faire : convaincre des partis francophones de le suivre, le seul Mouvement réformateur de Charles Michel ne suffisant plus cette fois à faire l’appoint. 

L’heure des renoncements semble à nouveau venue pour Bart De Wever. Ces derniers mois, on le voyait ministre-président, aux commandes de la Flandre à laquelle ce républicain promet une autonomie XXL depuis dix ans, quitte à profondément réformer les institutions belges au terme d’un marchandage permanent. 

D’où son appel permanent à l’avènement d’un Etat confédéral. Désormais, ce rôle devrait revenir à Jan Jambon. Celui-ci a estimé hier qu’une nouvelle coalition « suédoise » est « la combinaison la plus cohérente pour former un gouvernement flamand fort».

La Flandre veut un Flamand


Si en décembre, Elio Di Rupo a quitté le maïorat de Mons, c'est bien pour être libre pour prendre une éventuelle présidence de la région wallonne.
Di Rupo se profile à la présidence wallonne
L’ex-Premier ministre socialiste belge paraît décidément inoxydable. A 68 ans, il pourrait reprendre les rênes de la Wallonie. Une hypothèse que semblent confirmer bien des indices.

La formation du prochain gouvernement flamand aura fatalement une influence au niveau fédéral. On voit toutefois mal pour quelles raisons le PS d'Elio Di Rupo déciderait soudainement de s’allier avec la N-VA. Mais en politique belge, tout est possible...

La Flandre, rappelons-le, exige que le prochain premier ministre soit un Flamand, et non plus un francophone comme ce fut le cas depuis 2011 avec Elio Di Rupo et Charles Michel. 

En théorie, ce rôle revient à Bart De Wever, en tant que leader du premier parti du pays. Dans les faits, le 16, rue de la Loi risque bien de lui passer sous le nez. Mais « à coeur vaillant, rien n’est impossible » - Nil volentibus arduum – comme aime à le répéter (en latin) le nationaliste flamand le plus cultivé du pays.


Sur le même sujet

«Une suédoise bis» pour la Flandre
Nationalistes, chrétiens-démocrates et libéraux scellent un nouvel accord pour cinq ans ce lundi. Une coalition entre partis traditionnels s’est à nouveau imposée, face à la montée de l'extrême droite.