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Attentats de Paris: La France frappe en Syrie, cinq des sept kamikazes identifiés
International 4 1 9 min. 16.11.2015 Cet article est archivé

Attentats de Paris: La France frappe en Syrie, cinq des sept kamikazes identifiés

Un avion de chasse français dans un lieu tenu secret, document publié par l'ECPAD, cellule de communication de la Défense

Attentats de Paris: La France frappe en Syrie, cinq des sept kamikazes identifiés

Un avion de chasse français dans un lieu tenu secret, document publié par l'ECPAD, cellule de communication de la Défense
REUTERS
International 4 1 9 min. 16.11.2015 Cet article est archivé

Attentats de Paris: La France frappe en Syrie, cinq des sept kamikazes identifiés

Paris a bombardé massivement dimanche un fief syrien du groupe État islamique, qui a revendiqué les attentats de vendredi à Paris, les plus meurtriers jamais commis en France. L'enquête progresse ce lundi avec l'identification de cinq des sept kamikazes.

(CR avec AFP) - Paris a bombardé massivement dimanche un fief en Syrie du groupe État islamique (EI), qui a revendiqué les attentats de vendredi à Paris, les plus meurtriers jamais commis en France. L'enquête progresse ce lundi avec l'identification de cinq des sept kamikazes.

20 bombes larguées sur Raqa

Dimanche soir, dix chasseurs-bombardiers français ont largué vingt bombes sur le fief de l'EI à Raqa, dans le nord de la Syrie, détruisant un poste de commandement et un camp d'entraînement, selon le ministère français de la Défense. 

Deux nouveaux kamikazes identifiés

Deux nouveaux kamikazes responsables des attentats de Paris, dont un Français déjà mis en examen dans un dossier terroriste et visé par un mandat d'arrêt international, ont été identifiés, a annoncé lundi le procureur de la République François Molins.

L'un des nouveaux kamikazes identifiés est celui qui s'est fait sauter aux alentours du Stade de France et près duquel un passeport syrien a été retrouvé.

L'authenticité du passeport au nom d'Ahmad Al Mohammad, 25 ans, né en Syrie, "reste à vérifier", mais "il existe une concordance entre les empreintes papillaires du kamikaze et celles relevées lors d'un contrôle en Grèce en octobre 2015", précise le parquet dans un communiqué.

Les enquêteurs au travail après l'explosion d'un kamikaze au stade de France
Les enquêteurs au travail après l'explosion d'un kamikaze au stade de France
Photo: AFP

Un homme en possession de ce passeport avait été enregistré sur l'île grecque de Leros le 3 octobre. Il avait ensuite déposé une demande d'asile en Serbie et sa trace avait été perdue en Croatie. Son nom est inconnu des services antiterroristes français.

Le deuxième identifié, un kamikaze du Bataclan, Samy Amimour, 28 ans, né à Paris et originaire de Drancy, est en revanche connu des services français. Il avait été mis en examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs terroriste "après un projet de départ avorté vers le Yémen" et placé sous contrôle judiciaire, d'après le parquet.

"Ce dernier avait violé son contrôle judiciaire à l'automne 2013 et un mandat d'arrêt international était délivré contre lui", a ajouté le procureur. Trois de ses proches ont été placés en garde à vue, a précisé le parquet.

Quatre Français, un Syrien

Désormais, on sait donc que ces cinq personnes faisaient partie des kamikazes:  

  • Omar Ismaïl Mostefaï, Français, 29 ans, a été le premier a être identifié, grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan, où il s'est fait exploser. Il était fiché pour sa radicalisation islamiste, mais n'avait "jamais été impliqué" dans un dossier terroriste. Il fréquentait la mosquée de Lucé, près de Chartres. "Il s'est radicalisé à Chartres", où la police l'a "repéré" en 2010, a dit le maire de la ville.

    Condamné pour des délits de droit commun, mais jamais emprisonné. Sept membres de son entourage familial ont été placés en garde à vue.

  • Samy Amimour, Français, 28 ans, s'est fait exploser au Bataclan

  • Bilal Hadfi, Français résidant en Belgique, 30 ans, est un des trois qui se sont fait sauter au Stade de France

  • Ahmad Al Mohammad, Syrien, 25 ans, s'est fait exploser au stade de France
       
  • Brahim Abdeslam, Français résidant en Belgique, 31 ans, s'est fait exploser boulevard Voltaire, sans faire de victimes. Il a loué la Seat noire, immatriculée en Belgique, retrouvée à Montreuil, avec à son bord trois kalachnikov, 11 chargeurs vides et 5 pleins. Il fait partie d'une fratrie sur laquelle se concentrent les enquêteurs: un de ses frères, Mohamed, a été placé en garde à vue en Belgique. 

Le troisième frère activement recherché

Les services antiterroristes sont à la recherche du troisième frère, Salah Abdeslam, qui pourrait être lui aussi un des kamikazes ou en fuite, selon des sources proches du dossier. Il est recherché par Interpol.  

AFP

Salah a loué la Polo noire immatriculée en Belgique et retrouvée garée devant le Bataclan, où s'est déroulée une prise d'otage sanglante menée par trois kamikazes, avec au moins 89 morts.  

129 morts, 352 blessés: un bilan toujours provisoire

Le pays va tenter de reprendre lundi le cours normal de son quotidien, au sortir d'un week-end de sidération après les attaques qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés, au Stade de France, à la salle de concert du Bataclan et dans plusieurs bars et restaurants parisiens.

Deux moments forts marqueront la journée: une minute de silence à midi à travers le monde entier dont le Luxembourg, et une allocution dans l'après-midi de François Hollande devant Sénat et Assemblée nationale réunis en Congrès à Versailles.

Vendredi 20 novembre, à Bruxelles, les ministres de l'Intérieur et de la Justice des 28 pays membres de l'UE seront réunis lors d'un Conseil "Justice et Affaires intérieures" (JAI) extraordinaire, demandé par la France et convoqué par le Vice-premier ministre luxembourgeois Etienne Schneider au nom de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne.

103 corps identifiés

Deux jours après les attentats, les Français prenaient peu à peu connaissance du nom de ceux qui ont été tués. "Il y a 103 corps identifiés", a annoncé dimanche matin le Premier ministre Manuel Valls.

La police a demandé de ne pas diffuser d'images des scènes des attentats, "par respect pour les victimes et leurs familles", après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une photo qui aurait été prise au Bataclan, montrant une trentaine de corps ensanglantés.

Le récit des médecins mobilisés vendredi soir est glaçant: ils parlent de "blessures de guerre" et l'un deux évoque "une patiente criblée de boulons".

Hollande reçoit la classe politique

Manuel Valls, qui s'est rendu dimanche auprès de familles de victimes et des forces de l'ordre, a défendu une "union sacrée" et tendu une main à l'opposition, assurant que l'exécutif serait "très attentif" à ses propositions. Main saisie par Marine Le Pen à l'issue d'une rencontre à l'Élysée, qui a toutefois demandé des "décisions fermes".

Elle a été reçue, comme les autres chefs de parti, les présidents de l'Assemblée et du Sénat, par François Hollande.

Premier à être reçu, Nicolas Sarkozy a demandé "des modifications drastiques de notre politique de sécurité", avec bracelets électroniques et mise en résidence surveillée pour toutes les personnes fichées comme radicalisées, ainsi qu'une "nouvelle politique de l'immigration" au niveau européen.

Dimanche matin, le président Hollande a reçu Nicolas Sarkozy
Dimanche matin, le président Hollande a reçu Nicolas Sarkozy
Photo: AFP

Dans le même temps, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, déclarait qu'il n'y avait "pas lieu de revoir les politiques sur les réfugiés dans leur ensemble".

Rassemblements et recueillement

Dès samedi, des rassemblements ont eu lieu pour rendre hommage aux victimes, à Luxembourg et à Paris, et dimanche, premier des trois jours de deuil national, a été de nouveau placé sous le signe du recueillement.

Les témoignages se multipliaient pour tenter de décrire l'horreur vécue par les rescapés. L'une des correspondantes du Luxemburger Wort s'est rendue devant le Bataclan vendredi soir après les attaques, et a pu recueillir les premiers mots d'un jeune couple miraculé.

Devant le Bataclan
Devant le Bataclan
Photo: AFP

Les alentours du Bataclan étaient toujours bouclés. Une foule nombreuse s'est recueillie devant les sites touchés. Quelque 3.000 personnes se sont réunies place de la République, malgré l'interdiction de rassemblement. En début de soirée, des rumeurs de tirs y ont provoqué un mouvement de panique.

Les témoignages de solidarité se sont poursuivis dans le monde entier, avec manifestations ou monuments illuminés aux couleurs de la France.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Les stars ont aussi tenu à rendre hommage aux victimes, comme Madonna ou Johnny Hallyday.


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