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Attaques au couteau et au sabre contre des militaires et policiers
International 5 min. 26.08.2017 Cet article est archivé
A Bruxelles et Londres

Attaques au couteau et au sabre contre des militaires et policiers

Boulevard Emile Jacqmain à Bruxelles: les policiers quadrillent le terrain.
A Bruxelles et Londres

Attaques au couteau et au sabre contre des militaires et policiers

Boulevard Emile Jacqmain à Bruxelles: les policiers quadrillent le terrain.
Photo: AFP
International 5 min. 26.08.2017 Cet article est archivé
A Bruxelles et Londres

Attaques au couteau et au sabre contre des militaires et policiers

Un homme a agressé des soldats au couteau vendredi soir à Bruxelles en criant «Allah Akbar» avant d'être abattu, une attaque qualifiée de «terroriste» par le parquet, et un autre a été arrêté à Londres après avoir blessé des policiers avec un sabre devant le palais de Buckingham.

(AFP) – Un homme a agressé des soldats au couteau vendredi soir à Bruxelles en criant «Allah Akbar» avant d'être abattu, une attaque qualifiée de «terroriste» par le parquet, et un autre a été arrêté à Londres après avoir blessé des policiers avec un sabre devant le palais de Buckingham.

Ces deux attaques sont survenues dans un contexte de multiplication des attentats jihadistes en Europe, alors qu'une grande manifestation pour la paix est prévue samedi après-midi à Barcelone, une semaine après les attentats de Barcelone et de Cambrils qui ont fait 15 morts et plus de 120 blessés les 17 et 18 août.

L'assaillant de Bruxelles est un Belge d'origine somalienne

L'homme qui a commis l'attaque au couteau à Bruxelles était un Belge d'origine somalienne, sans antécédents liés à des faits terroristes, a indiqué ce samedi le parquet fédéral belge. L'attaque a eu lieu peu après 20 heures sur un boulevard en plein centre de la capitale belge, à proximité de la Grand Place, l'une des zones «sensibles» où patrouillent des militaires armés, en raison de la menace terroriste en Belgique.

Un des militaires a riposté en ouvrant le feu et a touché l'assaillant à deux reprises.
Un des militaires a riposté en ouvrant le feu et a touché l'assaillant à deux reprises.
Photo: AFP

L'assaillant, né en 1987, avait un domicile à Bruges, dans le nord-ouest de la Belgique, où une perquisition a été menée pendant la nuit, a ajouté dans un communiqué le parquet, qui a ouvert une enquête pour des «faits de tentative d'assassinat terroriste».

Armé d'un couteau, l'assaillant «s'est précipité dans le dos» de trois militaires, en plein coeur de Bruxelles, «et les a frappés» avec un couteau, «en criant "Allah Akbar"» (Dieu est le plus grand en arabe), selon les détails donnés par les enquêteurs.

L'un des militaires a alors riposté en ouvrant le feu. «L'homme a été touché à deux reprises et est décédé peu après, à l'hôpital, des suites de ses blessures», a détaillé le parquet, ajoutant que l'assaillant, outre son couteau, «était aussi en possession d'une arme à feu factice et de deux corans».

L'homme «est arrivé en Belgique en 2004 et a obtenu la nationalité belge en 2015». «Il n'était pas connu pour des faits de terrorisme, mais bien pour un fait de coups et blessures en février 2017», a ajouté le parquet fédéral, qui a saisi un juge d'instruction de Bruxelles spécialisé en matière de terrorisme.

Cris et coups de feu

«J'ai entendu des cris et directement deux coups de feu», a dit à l'AFP Yohan (il n'a pas souhaité donné son nom de famille), qui se trouvait vendredi soir sur une terrasse proche du lieu de l'attaque à Bruxelles. Il ajoute avoir vu, en s'approchant, «un militaire qui saignait à la main et un homme à terre» qui «portait la barbe et avait aussi une capuche».

La Belgique a été la cible en mars 2016 d'un double attentat par des kamikazes se réclamant de l'Etat islamique (EI), qui a fait 32 morts et plus de 150 blessés, la pire attaque terroriste jamais commise en Belgique.

Et depuis, elle a été le théâtre de plusieurs agressions contre des militaires ou des policiers. Un Algérien vivant en Belgique avait notamment attaqué à la machette et blessé le 6 août 2016 deux policières à Charleroi (sud) aux cris de «Allah Akbar», avant d'être abattu, une attaque revendiquée par l'EI.

Deux policiers blessés à Londres

La reine Elizabeth II ne se trouvait pas devant le Palais de Buckingham au moment des faits. Elle est dans sa résidence écossaise de Balmoral.
La reine Elizabeth II ne se trouvait pas devant le Palais de Buckingham au moment des faits. Elle est dans sa résidence écossaise de Balmoral.
Photo: AFP

A Londres, la police a indiqué dans la nuit que l'homme arrêté pour l'attaque devant le palais de Buckingham était détenu dans le cadre du «Terrorism Act 2000», la législation antiterroriste britannique. Il aurait entre 20 et 30 ans.

Il a stoppé sa voiture vers 20h35 locales près d'un véhicule de police devant le palais, où ne se trouvait pas la reine Elizabeth II.

Celui-ci, un homme de 26 ans originaire de Luton, à 50 km au nord de Londres où des perquisitions sont en cours, a "crié à plusieurs reprises Allah Akbar !" ("Dieu est le plus grand !" en arabe) et a tenté de se saisir d'un "sabre d'1m20" posé sur le sol de la place passager de sa voiture, a annoncé samedi la police britannique.

«Au cours de l'opération d'interpellation, deux policiers ont été légèrement blessés au bras». Ils ont reçu des soins dans un hôpital, qu'ils ont pu quitter quelques heures plus tard.

«L'action rapide et courageuse des deux agents a permis que le suspect soit interpellé très rapidement», a déclaré un policier, Guy Collins. «Aucun membre du public n'a été impliqué» dans l'incident, a-t-il ajouté.

La Grande-Bretagne a été durement frappée par le terrorisme cette année, avec trois attentats revendiqués par le groupe Etat islamique depuis mars. A Londres, des assaillants ont utilisé par deux fois un véhicule pour percuter des passants avant des les attaquer avec des couteaux, en mars (5 morts) et en juin (8 morts). En mai, un homme s'est fait exploser avec une bombe artisanale à la sortie d'un concert à Manchester, faisant 22 morts.

D'autres attaques ou tentatives présumées ont eu lieu récemment ailleurs en Europe.

En Finlande, une attaque au couteau, également qualifiée de terroriste, avait fait deux morts et huit blessés le 18 août.

Aux Pays-Bas, un concert du groupe de rock américain Allah-Las a été annulé mercredi soir à Rotterdam sur la foi d'une information «concrète» reçue d'Espagne sur un projet d'attentat. Mais les doutes sont apparus quant à l'authenticité de cette menace et la presse néerlandaise évoquait vendredi la piste d'un éventuel canular.

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