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Asselborn en appelle à la retenue en Irak
International 3 min. 03.01.2020

Asselborn en appelle à la retenue en Irak

Jean Asselborn veut croire à la diplomatie face aux tensions (re)naissantes.

Asselborn en appelle à la retenue en Irak

Jean Asselborn veut croire à la diplomatie face aux tensions (re)naissantes.
Photo : Anouk Antony
International 3 min. 03.01.2020

Asselborn en appelle à la retenue en Irak

Pour le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, l'heure doit être à l'apaisement. Un vœu émis par de nombreuses capitales alors que, depuis ce vendredi matin, l'Iran menace les Etats-Unis après un raid meurtrier.

(pj avec AFP) La mort du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain tôt vendredi à Bagdad, a suscité l'inquiétude à travers le monde. A l'annonce du décès de cette figure clé de l'influence de la République islamique d'Iran au Moyen-Orient, les principales chancelleries ont appelé à la «retenue» alors que Téhéran et ses alliés menacent de représailles. Jean Asselborn (LSAP) partage cet appel au calme.

Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois a appelé «l’ensemble des acteurs concernés à la désescalade». Et de poursuivre : «L’histoire nous a enseigné, avec le déclenchement de la guerre en Irak et ses conséquences, qu’on ne résout pas les problèmes en faisant parler les armes. La diplomatie doit primer».


TOPSHOT - A mock US flag is laid on the ground for cars to drive on in the Iraqi capital Baghdad on January 3, 2020, following news of the killing of Iranian Revolutionary Guards top commander Qasem Soleimani in a US strike on his convoy at Baghdad international airport. (Photo by AHMAD AL-RUBAYE / AFP)
Le raid américain à Bagdad attise les tensions
Le Premier ministre irakien a estimé vendredi que l'opération US qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant en Irak Abou Mehdi al-Mouhandis allait «déclencher une guerre dévastatrice en Irak».

Après l'attaque récente contre l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad, qui aurait conduit à la réplique meurtrière de ce vendredi matin, Jean Asselborn en appelle «à l’établissement de canaux de communication directs entre Téhéran et Washington, afin d’éviter toute escalade de la violence dans la région». 

Plus belliqueux se veut le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier a promis de «venger» la mort de Qassem Soleimani, responsable de la force Al-Qods, chargé des opérations extérieures de l'Iran. «Il n'y a aucun doute sur le fait que la grande nation d'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle pour cet horrible meurtre», a promis de son côté le président Hassan Rohani.

Assad souffle sur les braises

En Irak, les craintes d'une reprise de conflit s'amplifient. Tandis que le président Barham Saleh appelait lui aussi à la retenue, le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi prédisait que l'attaque américaine allait «déclencher une guerre dévastatrice en Irak». "

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants, a condamné la frappe US contre Qassem Soleimani, «l'un des plus éminents chefs de guerre iraniens». Le pouvoir syrien, allié de Téhéran, a dénoncé le raid américain, y voyant une «grave escalade» pour le Moyen-Orient. Dans une lettre adressée au guide suprême iranien, le président Bachar al-Assad a assuré que le soutien du général Soleimani à l'armée syrienne «ne sera pas oublié».

Trump assume la réplique

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis souhaitaient également la désescalade après la mort du général Qassem Soleimani. Celle-ci a bien été ordonnée par le président Donald Trump «en réponse à des menaces imminentes pour des vies américaines». Selon lui, le militaire iranien préparait une «action d'envergure» menaçant des «centaines de vies américaines».

Pour Donald Trump, le chef de guerre iranien, «directement ou indirectement responsable de la mort de millions de personnes», aurait dû être tué «il y a des années». Mais pour la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, l'attaque contre Soleimani représente «une escalade dangereuse dans la violence». 

De France, Allemagne, Russie, Chine ou du Conseil européen, la journée de vendredi a été marquée par de nombreux messages d'apaisement. Une sagesse des propos qu'il sera difficile de traduire parmi certaines fractions au Moyen-Orient. Car, pour reprendre les propos de l'ancien vice-président américain, Joe Biden: «Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière».


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