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Après le juge, Benalla attendu de pied ferme par les sénateurs
International 3 min. 21.01.2019

Après le juge, Benalla attendu de pied ferme par les sénateurs

Après le juge, Benalla attendu de pied ferme par les sénateurs

AFP
International 3 min. 21.01.2019

Après le juge, Benalla attendu de pied ferme par les sénateurs

Comment Alexandre Benalla a-t-il pu utiliser des passeports diplomatiques pour rencontrer des dirigeants africains alors qu'il avait été «remercié» par l'Élysée ? L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron retourne lundi devant le Sénat qui enquête sur des dysfonctionnements qualifiés par le gouvernement d'«incompréhensibles pour les Français».

AFP - «Y a-t-il eu soit des négligences, soit une forme de protection ? C'est cela notre travail», a expliqué sur Franceinfo Philippe Bas (LR), président de la commission d'enquête sénatoriale.

Et d'ajouter: «La justice dira si M. Benalla a commis un délit, mais nous dirons si l'État a bien fonctionné. Si l'État n'a pas facilité d'une certaine façon la commission d'un éventuel délit en ne retirant pas avec plus d'énergie tous les attributs de la fonction de M. Benalla» après son limogeage par l'Élysée fin juillet.


(FILES) In this file photo taken on September 19, 2018 the former Elysee senior security officer Alexandre Benalla (C) leaves a Senate committee as he is quizzed over his close ties to France's leader in Paris. - Benalla has been placed under police custody, suspected of "forgery and falsification" in the case of his diplomatic passports, AFP reported on January 17, 2019. (Photo by Alain JOCARD / AFP)
Alexandre Benalla mis en examen pour l'usage abusif de ses passeports
Alexandre Benalla a été mis en examen vendredi pour l'usage abusif de ses passeports diplomatiques après son limogeage de l'Élysée cet été, un nouvel épisode judiciaire pour cet ex-collaborateur d'Emmanuel Macron déjà mis en examen à deux reprises depuis le début de la tempête politique qu'il a déclenchée.

Alexandre Benalla avait déjà été entendu le 19 septembre par cette commission d'enquête créée cet été après sa mise en examen pour des violences sur des manifestants le 1er mai, alors qu'il était «observateur» aux côtés de la police. Il a de nouveau été mis en examen vendredi, cette fois pour utilisation abusive de passeports diplomatiques après son licenciement.

Il est «totalement faux» de dire que la commission sénatoriale ne peut l'interroger en raison d'une procédure judiciaire en cours, assure Jean-Pierre Sueur (PS), corapporteur avec Muriel Jourda (LR). De même pour son acolyte Vincent Crase, un ex-employé du parti présidentiel La République en marche et chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, de nouveau convoqué lundi.

Port d'armes

Lors de la première audition, les sénateurs s'étaient efforcés de cerner les fonctions exactes de M. Benalla à l'Élysée et le rôle qu'il avait pu avoir dans la protection du président, normalement du ressort exclusif de services spécialisés de l'État. Le port d'arme dont disposait l'ancien chargé de mission, qui a réfuté tout rôle de garde du corps, avait été longuement questionné et les réponses avaient laissé les sénateurs dubitatifs.

Depuis, d'autres questions se sont accumulées, au fur et à mesure de nouvelles révélations sur les activités de l'ex-proche collaborateur d'Emmanuel Macron, notamment en Afrique où il a rencontré le président tchadien Idriss Déby. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a reconnu dimanche des «dysfonctionnements», notamment à l'Élysée, qui doivent être réglés car ils sont «insupportables et incompréhensibles pour les Français».

«Il faut aller au bout de l'enquête», a plaidé lundi la secrétaire d'État Emmanuelle Wargon. La commission d'enquête du Sénat, dont le mandat prend fin jeudi, s'interroge sur la façon dont Alexandre Benalla a pu obtenir et utiliser des passeports diplomatiques et de service.

Un «collectionneur», relève M. Sueur, un brin ironique. Il souligne aussi «qu'il a fallu attendre le 4 octobre pour que l'Élysée se rende compte» qu'il n'avait pas rendu un téléphone hypersécurisé (Teorem) auquel peu de personnes ont accès.

«Arrêter les fantasmes»

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, entendu mercredi au Sénat, a chargé M. Benalla, comme les ministres Christophe Castaner (Intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères). M. Strzoda a révélé que M. Benalla avait utilisé «presque une vingtaine de fois» ses passeports après son licenciement, entre le 1er août et le 31 décembre.

Il a affirmé que M. Benalla avait aussi été en possession de deux passeports de service, soupçonnant que l'un d'eux ait été obtenu, le 28 juin 2018, via une «falsification». «L'Élysée l'a lâché», a jugé lundi sur BFMTV la sénatrice écologiste Esther Benbassa, qui compte l'interroger sur ce point.

Pour l'heure, la justice ne l'a pas mis en examen pour «faux». La commission s'intéresse aussi aux activités extérieures qu'aurait pu exercer M. Benalla lorsqu'il était en fonction à l'Élysée. Que va répondre l'intéressé qui a affirmé récemment qu'il ne se «tairait plus»? Sachant aussi qu'il parle, comme les autres, sous serment et qu'un faux témoignage est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

«Il faut arrêter les fantasmes. Ce n'est pas "Le bureau des légendes"», a affirmé M. Griveaux, en référence à la série télévisée à succès mettant en scène des espions de la DGSE.

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