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Ankara veut retenir les combattants de l'EI en Syrie
International 2 min. 15.10.2019

Ankara veut retenir les combattants de l'EI en Syrie

Une semaine après avoir ouvert les hostilités, le président turc se veut conciliant avec les Occidentaux.

Ankara veut retenir les combattants de l'EI en Syrie

Une semaine après avoir ouvert les hostilités, le président turc se veut conciliant avec les Occidentaux.
Photo : AFP
International 2 min. 15.10.2019

Ankara veut retenir les combattants de l'EI en Syrie

Après le tollé international provoqué par son intervention contre les Kurdes en Syrie, Erdogan tente de rassurer les Occidentaux en se posant en rempart contre les combattants de l'État Islamique.

(AFP) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que son pays empêcherait les combattants du groupe État islamique (EI) de quitter le nord-est de la Syrie, où l'armée turque mène une offensive contre les forces kurdes, depuis le 9 octobre. Une déclaration du chef d'Etat dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, mardi.  

Le dirigeant turc cherche ainsi à apaiser les inquiétudes des Occidentaux craignant une résurgence de l'EI et la fuite de ses combattants détenus par les forces kurdes. «Nous sommes prêts à coopérer avec les pays d'origine et les organisations internationales pour la réhabilitation des femmes et des enfants de combattants terroristes étrangers», a-t-il ajouté. Au Luxembourg, le débat s'était cristallisé autour du cas de Steve Duarte.


«Je pense retourner au Luxembourg»
Steve Duarte, le djihadiste luxembourgeois de Meispelt, qui a rejoint la milice terroriste Etat Islamique en Syrie en 2014 et est actuellement en captivité dans un camp kurde, a donné une interview télévisée.

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn (DP) avait, la semaine dernière, clairement condamné la reprise des hostilités armées en Syrie. Celle-ci «compromet encore davantage la stabilité de l’ensemble de la région, aggrave les souffrances des civils et provoque de nouveaux déplacements».    

La Turquie avait accusé, lundi, les forces kurdes d'avoir délibérément relâché des membres de l'EI qu'elles détenaient dans le nord-est de la Syrie afin de «semer le chaos» dans cette région. Dans un tweet, le président américain Donald Trump a semblé lui aussi soulever cette hypothèse, lundi, en déclarant : «Les Kurdes pourraient être en train d'en relâcher quelques-uns pour nous forcer à nous impliquer». 

Dans sa tribune, le président Erdogan a en outre critiqué les pays occidentaux qui «donnent aujourd'hui des leçons à la Turquie sur les vertus de combattre l'EI après avoir échoué à arrêter le flux de combattants étrangers en 2014 et 2015». 

Volkswagen s'implique

Il s'en est aussi pris à la France pour avoir suspendu la vente à la Turquie d'armes susceptibles d'être employées dans le cadre de l'offensive en Syrie. Se joignant à Paris, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont également mis un arrêt à leurs ventes d'armements.

Dans ce contexte tendu, le groupe d'automobiles Volkswagen a annoncé, mardi, avoir suspendu sa décision d'implanter une nouvelle usine en Turquie.


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