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Angela Merkel se rend pour la première fois à Auschwitz
International 7 2 min. 06.12.2019

Angela Merkel se rend pour la première fois à Auschwitz

La chancelière et le Premier ministre polonais se sont recueillis sur les lieux funestes où ont péri plus d'un million de personnes.

Angela Merkel se rend pour la première fois à Auschwitz

La chancelière et le Premier ministre polonais se sont recueillis sur les lieux funestes où ont péri plus d'un million de personnes.
Photo : AFP
International 7 2 min. 06.12.2019

Angela Merkel se rend pour la première fois à Auschwitz

C'est la première visite de la cheffe de gouvernement au camp de la mort, vendredi, et la troisième d'un dirigeant allemand. Un geste de mémoire qui intervient alors que l'antisémitisme resurgit en Allemagne et sur le continent européen.

(AFP) - La chancelière allemande est arrivée vendredi dans l'ancien camp nazi d'Auschwitz, symbole de l'Holocauste. Franchissant pour la première fois le portail d'entrée surmonté de la sinistre devise des nazis : «Arbeit macht frei» («Le travail rend libre»). La visite d'Angela Merkel, la première d'un chef du gouvernement allemand depuis 1995, intervient alors que l'antisémitisme resurgit en Europe et que la disparition des témoins complique la transmission de la mémoire. 

A la veille de ce déplacement, Angela Merkel a annoncé l'octroi de 60 millions d'euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau. Le but étant le maintien du site où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945. La majorité d'entre eux étaient tués dès leur arrivée dans ce camp de concentration et d'extermination nazi situé dans la Pologne d'aujourd'hui. 


Le racisme ordinaire manque de données
Confronté à une étude européenne sur le sujet, la ministre de l'Intégration ne nie pas le problème, tout en appelant à prendre avec des pincettes les chiffres évoqués. Corinne Cahen (DP) a aussi rappelé les initiatives prises pour combattre le racisme.

La patronne de l'exécutif allemand effectue cette visite peu avant les commémorations du 75e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'Armée Rouge, le 27 janvier 1945. Elle a observé une minute de silence devant le Mur de la mort, où furent fusillés des milliers de détenus. 

Egalement au programme de ce déplacement, une visite de Birkenau, distant de 3 kilomètres du camp principal. Notamment sur la rampe où étaient «sélectionnés» les déportés à leur descente des wagons à bestiaux. Les plus jeunes, les plus âgés et les plus fragiles étant immédiatement envoyés à la mort. 

En Allemagne, qui a fait du souvenir de la Shoah le cœur de son identité d'après-guerre, les autorités s'inquiètent d'une hausse très nette des actes antisémites. Jeudi, avant son déplacement, Angela Merkel a d'ailleurs réaffirmé que «la lutte contre l'antisémitisme et contre toute forme de haine» était l'une des priorités de son gouvernement. Elle a aussi insisté sur la «détermination» des autorités à voir une communauté juive s'épanouir en Allemagne. 


Ginette Kolinka a témoigné jeudi face aux élèves du Lycée Michel Lucius.
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Longtemps, elle a préféré ne rien dire. Racontée dans «Retour à Birkenau», son histoire bouleverse des générations d'élèves à présent. Une des dernières survivantes du terrible camp de la mort, Ginette Kolinka, est au Luxembourg cette semaine.

En octobre, un attentat finalement avorté contre une synagogue de Halle a suscité un choc dans le pays. Son auteur, qui a tué deux personnes au hasard, est un jeune adepte des thèses négationnistes. Le parti d'extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône par ailleurs la fin de la culture du repentir.

Pour le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Josef Schuster, qui accompagne Angela Merkel, «il n'y a aucun autre lieu de mémoire qui montre avec tant d'acuité ce qui s'est passé avec la Shoah». 

Angela Merkel ne sera que la troisième dirigeante de gouvernement allemand à se rendre à Auschwitz, après Helmut Schmidt en 1977 et Helmut Kohl en 1989 et 1995. En 14 ans au pouvoir, la dirigeante a multiplié les gestes forts en se rendant à Ravensbrück, Dachau, Buchenwald, et au Mémorial de l'Holocauste de Yad Vashem à Jérusalem. 

Pour rappel, en 2008, elle fut la première cheffe de gouvernement allemand à prononcer un discours à la Knesset, le parlement israélien. Elle avait répété «la honte» qui entache les Allemands. 


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