Changer d'édition

Airbus annonce la suppression d'environ 15.000 postes
International 3 min. 01.07.2020

Airbus annonce la suppression d'environ 15.000 postes

Près de 5.000 postes seront supprimés en France

Airbus annonce la suppression d'environ 15.000 postes

Près de 5.000 postes seront supprimés en France
Photo: AFP
International 3 min. 01.07.2020

Airbus annonce la suppression d'environ 15.000 postes

L'avionneur européen compte se séparer de 11% de ses effectifs, dont le tiers en France. La société n'exclut pas des licenciements secs pour faire face à la «crise sans précédent» subie par le secteur du transport aérien terrassé par le covid-19.

(AFP) - Environ 5.100 postes seront supprimés en Allemagne, 5.000 en France, 1.700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1.300 sur les autres sites du groupe dans le monde, a précisé mardi soir l'avionneur européen dans un communiqué. Le groupe aux 135.000 salariés comptait fin 2019 49.000 collaborateurs en France, 45.500 en Allemagne, 12.500 en Espagne et 11.000 au Royaume-Uni.

«Nous devons faire face à la réalité que 40% de notre activité dans le secteur des avions commerciaux a disparu et qu'il faudra très probablement beaucoup de temps pour remonter, nous devons donc prendre des mesures décisives maintenant», a expliqué le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury, lors d'une conférence téléphonique.


An aircraft of the German airline Lufthansa starts from "Franz-Josef-Strauss" airport in Munich, southern Germany, on June 25, 2020, amid the novel coronavirus Covid-19 pandemic. - German airline Lufthansa was poised to clear a key shareholder vote on its nine billion euro ($10 billion) state rescue on June 25, 2020, boosted by the EU's green light and the last-minute backing of a billionaire investor who had the power to veto the plan. (Photo by Christof STACHE / AFP)
Redécollage au ralenti pour le transport aérien
Après l'uppercut porté aux compagnies aériennes par le covid-19, le trafic reprend doucement en Europe au fur et à mesure des réouvertures de frontières, mais des milliers d'emplois restent menacés.

Si l'avionneur n'exclut pas des licenciements, il compte sur les départs volontaires, des mesures de retraite anticipée et sur les dispositifs de chômage partiel pour les limiter. «Les départs contraints qui auront lieu devraient être au bout du compte bien plus limités que les chiffres annoncés aujourd'hui», a ajouté le dirigeant. Les dispositifs de chômage partiel de longue durée en France et en Allemagne, en fonction de leurs «modalités précises», pourraient permettre de préserver «jusqu'à 1.000 emplois» en France, et 1.500 en Allemagne, a ensuite précisé M. Faury.

L'ampleur du plan a été immédiatement déplorée par le ministère français de l'Economie. «Le secteur de l'aéronautique fait face à un choc massif, brutal et durable. Il est fort probable que la reprise sera progressive. Nous ne l'avons jamais caché», a-t-il réagi, rappelant le plan de 15 milliards d'euros adopté par la France en soutien au secteur aéronautique. «Néanmoins, le chiffre de suppressions d'emplois annoncé par Airbus est excessif», a-t-il dénoncé, en demandant de «réduire au maximum les départs contraints».


Wi , Konsequenzen Lux-Airport und Luxair nach Coronakrise , Flughafen Luxemburg , Sars-Cov-2 , Covid-19 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger wort
Prendre l'avion ne sera plus jamais comme avant
Pandémie de covid-19 oblige, la réouverture des vols depuis le Findel vendredi oblige la mise en place de mesures spécifiques et l'apprentissage de nouveaux comportements. Que ce soit au sein des terminaux ou à bord des avions.

Guillaume Faury a concédé que ce plan était «sans précédent» dans l'histoire de l'avionneur et ne pas s'attendre «à beaucoup de soutien dans ce type de situation même si nous travaillons étroitement» avec les gouvernements concernés. C'est «du jamais-vu» chez Airbus, a affirmé Frédéric Romain, coordinateur de la CFTC du groupe, et opposé à l'instar des autres syndicats à tout départ contraint.

«Pour FO, la ligne rouge est de diminuer ce chiffre qui nous paraît excessif, et de mettre en place toutes les mesures possibles pour ne pas avoir à déplorer le moindre licenciement contraint», a réagi Dominique Delbouis, coordinateur FO du groupe. Le syndicat britannique Unite a pour sa part dénoncé ce plan comme «un acte de vandalisme industriel et une terrible insulte à (l')incroyable main-d'oeuvre britannique».

Des milliers de fournisseurs aussi touchés

Les suppressions de postes annoncées mardi touchent exclusivement la branche aviation commerciale du groupe - également présent dans la défense, l'espace et les hélicoptères - ainsi que la filiale française Stelia Aerospace et l'allemande Premium Aerotec. Ces 15.000 postes supprimés s'ajoutent aux 900 emplois que devait déjà éliminer Premium Aerotec en raison «d'un besoin d'adaptation identifié avant la crise Covid-19» et aux 2.665 suppressions de postes annoncées en début d'année dans la branche Defense and Space, confrontée à un marché difficile.

Le grand rival, l'américain Boeing, a lui annoncé fin avril son intention de supprimer 10% de ses effectifs, soit 16.000 personnes, via des départs volontaires et des licenciements.

Derrière Airbus, ce sont des milliers de fournisseurs, pour la plupart de petites et moyennes entreprises, qui sont touchés. L'équipementier Daher a ainsi déjà annoncé la suppression d'un maximum de 1.300 postes sur les 10.000 du groupe. L'enjeu pour l'avionneur, comme pour l'ensemble de ses sous-traitants, est de surmonter la crise sans perdre les compétences d'une main-d'oeuvre très qualifiée afin de pouvoir rebondir une fois que le marché redémarrera. «On est en mode survie tous ensemble», a résumé M. Faury.    

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Redécollage au ralenti pour le transport aérien
Après l'uppercut porté aux compagnies aériennes par le covid-19, le trafic reprend doucement en Europe au fur et à mesure des réouvertures de frontières, mais des milliers d'emplois restent menacés.
An aircraft of the German airline Lufthansa starts from "Franz-Josef-Strauss" airport in Munich, southern Germany, on June 25, 2020, amid the novel coronavirus Covid-19 pandemic. - German airline Lufthansa was poised to clear a key shareholder vote on its nine billion euro ($10 billion) state rescue on June 25, 2020, boosted by the EU's green light and the last-minute backing of a billionaire investor who had the power to veto the plan. (Photo by Christof STACHE / AFP)
Prendre l'avion ne sera plus jamais comme avant
Pandémie de covid-19 oblige, la réouverture des vols depuis le Findel vendredi oblige la mise en place de mesures spécifiques et l'apprentissage de nouveaux comportements. Que ce soit au sein des terminaux ou à bord des avions.
Wi , Konsequenzen Lux-Airport und Luxair nach Coronakrise , Flughafen Luxemburg , Sars-Cov-2 , Covid-19 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger wort
La crise plane au-dessus du Findel
Depuis lundi soir, le trafic des passagers de l'aéroport national est quasi à l’arrêt. Une mauvaise nouvelle alors que ce secteur ne cessait de progresser depuis dix ans. Par contre, les vols de fret restent maintenus pour assurer les approvisionnements des secteurs d’activité essentiels.
Erstflufg SAS Stockholm-Luxemburg Findel / Foto: Serge Braun
«Luxair s'apprête à subir de lourdes pertes»
Comme tout le secteur aérien, la compagnie nationale luxembourgeoise Luxair subit de plein fouet la crise du coronavirus. La décision de fermer l'aéroport du Findel lundi envoie «la plupart de ses 3.000 employés au chômage partiel», comme l'explique le PDG, Adrien Ney.
Wirtschaft, Politik, Lokales, Luxair,   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Le tourisme malade du coronavirus
Si l'impact économique du virus Covid-19 sur le tourisme luxembourgeois est encore difficilement quantifiable, l'épidémie devrait confirmer la baisse de fréquentation des visiteurs asiatiques au Grand-Duché.
visite touristes chinois - Luxembourg - Ville -  - 13/01/2020 - photo: claude piscitelli