Changer d'édition

Adieu Draghi, l'Italie convoquée aux urnes dès cet automne
International 4 min. 21.07.2022
Politique

Adieu Draghi, l'Italie convoquée aux urnes dès cet automne

Politique

Adieu Draghi, l'Italie convoquée aux urnes dès cet automne

Photo: AFP
International 4 min. 21.07.2022
Politique

Adieu Draghi, l'Italie convoquée aux urnes dès cet automne

À peine la page Draghi a-t-elle été tournée que l'Italie se retrouve en campagne électorale avec la décision jeudi du président Sergio Mattarella de dissoudre le parlement, provoquant des élections anticipées qui devraient se tenir fin septembre ou début octobre.

(AFP) - «La situation politique a conduit à cette décision», a déclaré le président lors d'une brève allocution télévisée, en référence à la démission du Premier ministre Mario Draghi après la défection jeudi de trois partis importants de sa coalition lors d'un vote de confiance au Sénat.


Mario Draghi avait présenté sa démission le 14 juillet au président Mattarella, qui l'avait aussitôt refusée.
Draghi sur le départ après l'implosion de sa coalition
Mario Draghi est attendu dans la journée chez le président de la République Sergio Mattarella, auquel il devrait remettre sa démission.

«La discussion, le vote et les modalités dans lesquelles ce vote a été exprimé hier au Sénat ont rendu évidentes la fin du soutien parlementaire au gouvernement et l'absence de perspectives pour donner naissance à une nouvelle majorité», a-t-il expliqué, tout en rendant hommage aux «efforts déployés durant ces 18 mois» par M. Draghi.

Les médias italiens avancent plusieurs dates possibles pour ces élections: le 18 et le 25 septembre, ou encore le 2 octobre.

L'archi-favori du scrutin à venir est la coalition dite «de centre-droit», qui réunit Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi, et l'extrême droite représentée par la Ligue du tribun populiste antimigrants Matteo Salvini et Fratelli d'Italia.

L'extrême droite «prête»  

Fratelli d'Italia, parti post-fasciste présidé par Giorgia Meloni, est donné en tête dans les intentions de vote, à près de 24%, devant le Parti démocrate (22%) et la Ligue (14%), selon un sondage de l'institut SWG réalisé le 18 juillet. Forza Italia recueillerait 7,4% des voix et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) 11,2%.

Jusqu'à nouvel ordre, le gouvernement démissionnaire dirigé par Mario Draghi reste en place pour expédier les affaires courantes.


Mario Draghi.
Italie: la démission de Mario Draghi refusée
Le Premier ministre italien va remettre sa démission jeudi soir au président de la République.

La démission de l'ex-chef de la Banque centrale européenne était devenue inévitable après que Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi, la Ligue, la formation d'extrême droite de Matteo Salvini, et la formation populiste Mouvement 5 Etoiles (M5S) eurent refusé de participer à un vote de confiance demandé mercredi par le chef du gouvernement au Sénat.

Draghi s'était dit prêt à rester à son poste seulement si les partis de sa coalition rentraient dans le rang autour d'un «pacte» de gouvernement, déjà mis en péril la semaine dernière par une première défection du M5S. Leur réponse a été cinglante.

Arrivé à la tête de l'exécutif en février 2021 pour sortir l'Italie de la crise sanitaire et économique, M. Draghi, 74 ans, avait présenté sa démission le 14 juillet au président Mattarella, qui l'avait aussitôt refusée.

M. Draghi estimait que son gouvernement d'unité nationale, allant de la gauche à l'extrême droite, était caduc après la crise provoquée par la défection le même jour lors d'un vote-clé, déjà au Sénat, du M5S, lui-même confronté à de fortes dissensions internes et à une hémorragie de parlementaires.

Nous sommes prêts. Cette nation a un besoin désespéré de recouvrer sa conscience, sa fierté et sa liberté.

Giorgia Meloni, journaliste en lice pour la succession de Draghi

Mais son appel a été ignoré par les poids lourds de sa coalition, déjà les yeux rivés sur la campagne électorale à venir. Finalement, seuls le centre et la gauche incarnée par le Parti démocrate (PD) sont restés jusqu'au bout à ses côtés, entre autres parce qu'ils redoutent plus que tout des élections anticipées où ils sont donnés battus par la droite dans toutes les enquêtes d'opinion.

«Nous sommes prêts. Cette nation a un besoin désespéré de recouvrer sa conscience, sa fierté et sa liberté», a tweeté jeudi Giorgia Meloni, une journaliste de formation de 45 ans qui pourrait devenir la prochaine cheffe du gouvernement italien.


The headquarters of the European Central Bank (ECB) is pictured prior to the news conference on eurozone monetary policy following the meeting of the governing council of the ECB in Frankfurt am Main, western Germany, on July 21, 2022. - The European Central Bank lifted key interest rates by a surprise 50 basis points on July 21, 2022, its first hike since 2011 and more than expected as the eurozone grapples with rampant inflation and a looming energy crisis. (Photo by Daniel ROLAND / AFP)
La BCE met fin à l'ère des taux négatifs
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi d'augmenter ses taux d'intérêt pour la première fois en plus de dix ans face à l'inflation galopante, choisissant de frapper fort avec une hausse plus importante que prévu malgré la crise politique qui s'est ouverte en Italie.

Une perspective qui préoccupe les partenaires européens de l'Italie car sans défendre une sortie de l'UE, Fratelli d'Italia prône une révision des traités et la substitution de l'Union par une «confédération d'Etats souverains». Il ne plaide pas pour une sortie de l'euro mais réclame une réforme radicale de la BCE.

L'UE et l'Otan perdent aussi avec Mario Draghi un «pilier», précieux allié dans leur soutien à l'Ukraine contre Moscou, et ils craignent l'arrivée au pouvoir du russophile Matteo Salvini.

Les marchés scrutent de leur côté avec attention la situation dans la troisième économie de la zone euro. Le «spread», l'écart, très surveillé, entre les taux d'intérêt allemands et italiens à dix ans, est monté jeudi à 240 points de base, atteignant un plus haut depuis le printemps 2020, en pleine pandémie de covid-19


Sur le même sujet

Elections législatives en Italie
Trois anciens chefs de gouvernement et deux leaders d'extrême droite. Coup de projecteur sur ceux qui briguent le poste de chef du gouvernement.
(From L) Lega leader Matteo Salvini, Forza Italia leader Silvio Berlusconi and Brothers of Italy leader Giorgia Meloni unite on stage on September 22, 2022 at the end of a joint rally of Italy's right-wing parties Brothers of Italy (Fratelli d'Italia, FdI), the League (Lega) and Forza Italia at Piazza del Popolo in Rome, ahead of the September 25 general election. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)
L'Italie, 3e économie de la zone euro, était sur le point lundi de livrer son destin à deux partis antisystème et eurosceptiques: le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue ont trouvé un accord de gouvernement et devraient annoncer le nom d'un futur Premier ministre.
Lega Nord far right party leader Matteo Salvini votes for general elections on March 4, 2018 at a polling station in Milan. 
Italians vote today in one of the country's most uncertain elections, with far-right and populist parties expected to make major gains and Silvio Berlusconi set to play a leading role. / AFP PHOTO / Piero CRUCIATTI