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Acheter du belge apparaît comme une fausse bonne idée
International 3 min. 05.11.2020 Cet article est archivé

Acheter du belge apparaît comme une fausse bonne idée

La Belgique a gardé ses librairies ouvertes contrairement à ce qui s’était passé durant le premier confinement.

Acheter du belge apparaît comme une fausse bonne idée

La Belgique a gardé ses librairies ouvertes contrairement à ce qui s’était passé durant le premier confinement.
Photo: AFP
International 3 min. 05.11.2020 Cet article est archivé

Acheter du belge apparaît comme une fausse bonne idée

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les autorités recommandent de faire vivre le commerce national pour aider les perdants du reconfinement. Facile à dire, difficile à faire.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Les dernières mesures de reconfinement ont donné en Belgique lieu à un énième débat sur ce qu’il faut entendre par «commerces non essentiels». Au bout du compte, plusieurs branches commerciales ont été estimées nécessaires à la population et donc autorisées à continuer à fonctionner (magasins de bricolage, supermarchés, etc.). Les autres, comme les boutiques de maroquinerie par exemple, ont dû fermer leurs portes pour au moins six semaines.

Fait notable : la Belgique a gardé ses librairies ouvertes contrairement à ce qui s’était passé durant le premier confinement. Les autorités ont estimé qu’en restant accessibles, elles aideraient la population à tenir bon «tout en maintenant en vie cette forme de culture».

«Il nous semble essentiel de développer une attention à l’égard des plus fragiles mais aussi au niveau de la santé mentale de tous les Belges. La culture a un rôle énorme à jouer en la matière », a expliqué le vice-Premier ministre Georges Gilkinet dans les colonnes du Soir. «Parce qu’il n’y a rien de mieux que d’ouvrir un livre pour s’évader de la situation terrible que nous vivons». La France, rappelons-le, a préféré confiner les librairies.

Quant au Premier ministre Alexander De Croo, il conseille aux Belges d’acheter… du belge. «C’est l'occasion de rappeler à chacun de soutenir le commerce local en commandant près de chez soi plutôt que sur des sites internationaux», ajoute Elio Di Rupo, le ministre-président wallon. Cette démarche citoyenne est censée aider ceux qui n’ont eu d’autre choix que de fermer boutique. A entendre les autorités, il suffirait qu’ils prennent les commandes par téléphone et se fassent payer sur le seuil de la porte par les clients. Ou qu’ils vendent sur internet.

Problème : il n’existe pas de plateforme numérique spécifiquement belge. Mais bien des centaines de sites qui proposent des produits locaux ou régionaux, sans être suffisamment fédérés entre eux. Autant dire que la recherche d’un article y est laborieuse et que l’on y est rapidement orphelin de la souplesse commerciale d’un Amazon.


(FILES) In this file photo taken on October 19, 2020 This picture taken on October 19, 2020 in Brussels shows stacked chairs outside a closed restaurant, on the implementation day of new sanitary measures aimed at curbing the spread of the Covid-19 (novel coronavirus) outbreak. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
La Belgique prête pour l'économie du confinement
L’idée d’un reconfinement préventif fait son chemin en Belgique aussi. Cette stratégie serait censée mieux protéger la santé publique au profit de l’économie.

Le ministre des Classes moyennes, le libéral francophone David Clarinval, fait contre mauvaise fortune bon cœur. «La nouveauté par rapport au précédent confinement, c’est que les commerçants qui le désirent peuvent continuer à faire des livraisons ou qu’on vienne chercher la marchandise à leur porte (click and collect). Et le but n’est pas uniquement de devoir passer par le web mais aussi, simplement, par le téléphone», explique son cabinet.

Mais le bon sens a ses limites. Les commerçants se rebiffent. Ils préfèrent fermer, disent certains d’entre eux, plutôt que de payer un employé à préparer des colis trop peu nombreux pour que l’opération soit vraiment rentable. Le même raisonnement coût/bénéfice les laisse à l’écart des plateformes digitales. Pas question d’investir de l’argent dans un canal de vente qui n’intéressera qu’un nombre restreint de personnes et s’avèrera de toute façon moins performant que les géants du commerce en ligne. La tentation est donc grande dans bien des magasins non essentiels de mettre le business sur pause le temps du confinement et de se satisfaire des compensations que propose l’Etat.


HOUSTON, TX - OCTOBER 31: Medical staff members treat a patient suffering from the coronavirus disease (COVID-19) in the COVID-19 intensive care unit (ICU) at the United Memorial Medical Center (UMMC) on October 31, 2020 in Houston, Texas. According to reports, Texas has reached over 916,000 cases, including over 18,000 deaths.   Go Nakamura/Getty Images/AFP
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Selon la fédération du commerce Comeos, le secteur non alimentaire a perdu 139 millions d'euros par jour durant le premier confinement, au printemps. Quatre autres milliards d’euros pourraient être perdus dans les prochaines semaines. Sans compter le risque de passer à côté des fêtes de fin d’année.

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