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Accord historique à Paris pour sauver la planète
International 3 min. 12.12.2015 Cet article est archivé
COP21: c'est fait

Accord historique à Paris pour sauver la planète

Laurence Tubiana, Christiana Figueres et Laurent Fabius juste après l'adoption de l'accord historique.
COP21: c'est fait

Accord historique à Paris pour sauver la planète

Laurence Tubiana, Christiana Figueres et Laurent Fabius juste après l'adoption de l'accord historique.
Photo: AFP
International 3 min. 12.12.2015 Cet article est archivé
COP21: c'est fait

Accord historique à Paris pour sauver la planète

Un accord sans précédent pour lutter contre le réchauffement, dont la vitesse inédite menace la planète de catastrophes climatiques, a été adopté samedi soir à Paris, dans un concert d'applaudissements.

(AFP) - Un accord sans précédent pour lutter contre le réchauffement, dont la vitesse inédite menace la planète de catastrophes climatiques, a été adopté samedi à Paris, dans un concert d'applaudissements par 195 pays, après plusieurs années de négociations extrêmement ardues.

«Je ne vois pas d'objection dans la salle (...) je déclare l'accord de Paris pour le climat adopté», a déclaré, très ému, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères et président de la 21e conférence climat de l'Onu, en abattant son maillet sur le pupitre.

Sur la tribune, les protagonistes de l'accord se sont spontanément pris les mains sous les vivats de la salle.
Sur la tribune, les protagonistes de l'accord se sont spontanément pris les mains sous les vivats de la salle.
Photo: AFP

L'ambassadrice française Laurence Tubiana, bras droit de Laurent Fabius, a longuement étreint Christina Figueres, la responsable climat à l'Onu, avant que le président François Hollande ne les rejoigne brièvement à la tribune. Sous les vivats de la salle, ils se sont tous pris par la main.

Avant d'entrer en plénière, le plus important groupe de pays, le G77 + la Chine (134 pays émergents et en développement), avait dit être satisfait du texte, auquel des modifications ont encore été apportés dans la nuit.

«Nous sommes unis, tous ensemble. Nous sommes heureux de rentrer à la maison avec ce texte», a déclaré à l'AFP Nozipho Mxakato-Diseko, ambassadrice sud-africaine et porte-parole du G77 + Chine (134 pays).

Un «tournant» pour Greenpeace

«Nous sommes presque au bout du chemin et sans doute au début d'un autre", avait déclaré M. Fabius à la mi-journée en présentant le texte Laurent Fabius. Il avait appelé les pays à adopter «un accord historique» au cours d'un discours déjà empreint d'émotion et ponctué par des applaudissements.

Une ovation de plusieurs minutes a alors eu lieu dans la salle, six ans après le fiasco de la COP de Copenhague, qui avait échoué à sceller un tel accord.
Une ovation de plusieurs minutes a alors eu lieu dans la salle, six ans après le fiasco de la COP de Copenhague, qui avait échoué à sceller un tel accord.
Photo: AFP

Il n'y a pas eu de vote, le consensus étant requis dans le cadre de la Convention climat de l'ONU.

Reflétant un sentiment partagé au sein des ONG, Greenpeace avait estimé avant son adoption que l'accord marquait un «tournant» et relèguait les énergies fossiles «du mauvais côté de l'Histoire».

L'accord fixe comme objectif de contenir le réchauffement «bien en deçà de 2°C» et appelle à «poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°», par rapport à l'ère pré-industrielle. Un but plus ambitieux que les 2°C visés jusqu'à présent, et qui était réclamé ardemment par les pays les plus vulnérables.

L'aide aux pays en développement pour faire face au réchauffement, qui doit atteindre 100 milliards de dollars annuels en 2020, devra être «un plancher», appelé à être revu à la hausse. Il s'agit là d'une exigence de longue date des pays du Sud.

Francois Hollande et Christiana Figueres se congratulent.
Francois Hollande et Christiana Figueres se congratulent.
Photo: AFP

Ce pacte, qui entrera en vigueur en 2020, doit permettre de réorienter l'économie mondiale vers un modèle à bas carbone. Une telle révolution implique un abandon progressif des ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz), qui dominent largement la production énergétique mondiale, un essor des énergies renouvelables, d'immenses économies d'énergies ou encore une protection accrue des forêts.

L'accord entérine l'importance de donner un prix au carbone pour lutter efficacement contre le réchauffement.

«En 2014, c'est la première fois que les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé ceux dans les énergies fossiles, ce mouvement doit s'accélérer, l'accord va y contribuer», a souligné Matthieu Orphelin de la Fondation Nicolas Hulot.

L'objectif à tenir: 2°C ou moins

Les objectifs des pays, établis en vue de la COP, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mettent à ce stade la planète sur une trajectoire de +3°C.

L'accord met sur pied un mécanisme imposant de les réviser à la hausse tous les cinq ans mais à partir de 2025, une date jugée trop tardive par les ONG et les scientifiques.

«A +2°C, le climat sera déjà très différent d'aujourd'hui», rappelle le climatologue Jean Jouzel, «mais 2°C ou moins, c'est l'objectif qu'il faut tenir si, à la fin du siècle, on veut avoir un monde dans lequel on peut s'adapter».

Le texte prend en compte le principe de la «différenciation», voulant que les pays développés s'impliquent davantage, au nom de leur responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre.


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