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Accord de principe: L'UE soulagée à l'idée de retrouver son moteur allemand
La dirigeante conservatrice s'est empressée vendredi de promettre un «nouveau départ» à ses partenaires européens, envoyant en particulier des signaux positifs à la France d'Emmanuel Macron.

Accord de principe: L'UE soulagée à l'idée de retrouver son moteur allemand

AFP
La dirigeante conservatrice s'est empressée vendredi de promettre un «nouveau départ» à ses partenaires européens, envoyant en particulier des signaux positifs à la France d'Emmanuel Macron.
International 3 min. 12.01.2018

Accord de principe: L'UE soulagée à l'idée de retrouver son moteur allemand

L'accord de principe trouvé vendredi entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates allemands pour la formation d'un gouvernement a été accueilli avec soulagement au sein de l'UE, impatiente de retrouver le moteur allemand indispensable pour la relance du projet européen.

L'accord de principe trouvé vendredi entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates allemands pour la formation d'un gouvernement a été accueilli avec soulagement au sein de l'UE, impatiente de retrouver le moteur allemand indispensable pour la relance du projet européen.

L'Europe constitue de fait un chapitre fondamental du compromis trouvé à Berlin au terme de cinq jours de tractations difficiles et qui pourrait permettre à la chancelière Angela Merkel de rester au pouvoir quatre années de plus. Et de sortir d'une impasse politique inédite.

La dirigeante conservatrice s'est empressée vendredi de promettre un «nouveau départ» à ses partenaires européens, envoyant en particulier des signaux positifs à la France d'Emmanuel Macron.

Le président français, son allié privilégié pour relancer une Europe fragilisée par le Brexit et la montée des tendances nationalistes, s'est dit «heureux et satisfait» des nouvelles venues de Berlin.

Le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a lui aussi manifesté sans tarder son approbation. «Je suis complètement satisfait», a-t-il déclaré à l'occasion d'un déplacement à Sofia, après avoir pris connaissance des passages relatifs à l'Europe dans l'accord entre conservateurs et sociaux-démocrates.

C'est «une contribution positive, constructive, orientée vers le futur», s'est-il réjoui, lors d'une conférence de presse à l'occasion du lancement de la présidence bulgare du Conseil de l'UE.

"Moteur" de l'UE

«L'Allemagne est l'un des moteurs de l'UE et la stabilité allemande a un impact sur l'ensemble de l'UE», a ajouté à ses côtés le Premier ministre bulgare Boïko Borissov, espérant que le processus de négociations pour la formation d'un gouvernement allemand, qui ne verra le jour au mieux qu'en mars, «sera bientôt terminé».

«Tous les sujets, tous les problèmes auxquels il faut apporter des solutions, dépendent de la collaboration et du soutien de la chancelière Merkel», a souligné le chef du gouvernement bulgare.

L'accord trouvé vendredi en Allemagne prévoit notamment une «étroite collaboration avec la France» pour «renforcer» et «réformer» la zone euro, et Mme Merkel a promis un «nouveau départ» de l'Europe, promettant que l'Allemagne «allait trouver des solutions avec la France» pour atteindre cet objectif.

Mi-décembre, Angela Merkel et Emmanuel Macron avaient promis de parvenir en mars à une vision commune pour réformer la zone euro, espérant d'ici là juguler leurs divergences sur l'avenir de la monnaie unique.

Le compromis trouvé à Berlin par le parti de Mme Merkel et les sociaux-démocrates «dit même qu'ils veulent avoir un instrument spécifique d'investissement dans l'eurozone», relève Stefani Weiss, analyste pour la Bertelsmann Stiftung. «Macron devrait être assez heureux de lire ça», ajoute-t-elle.

De fait, le texte n'exclut pas d'arriver à terme à un budget spécifique pour la zone euro, une proposition défendue par Emmanuel Macron, mais loin de faire l'unanimité chez les conservateurs allemands et écartée par la Commission européenne.

"Bonnes nouvelles"

«De bonnes nouvelles semblent venir d'Allemagne», s'est réjoui le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, se félicitant d'un accord «bon pour l'Allemagne, bon pour la France et surtout bon pour l'Europe».

Pour le politologue Lüder Gerken, du Centre d'étude sur la politique européenne (CEP), «le fait que l'accord de coalition ait placé l'Europe en tête du programme constitue un signal important à l'adresse des partenaires européens et notamment du président français Macron». «Un grand nombre de ses idées s'y retrouvent», ajoute-t-il.

«L'une des raisons pour lesquelles Mme Merkel a brigué un quatrième mandat était de s'assurer qu'une UE durable ferait partie de son héritage», observe de son côté l'analyste Charles Lichfield, d'Eurasia Group.

«Le SPD va la soutenir: ils ont rejoint à contrecoeur les négociations de la grande coalition précisément parce qu'ils ne voulaient pas que l'Allemagne soit la cause d'une occasion manquée en Europe», a-t-il ajouté.

Mais pour l'instant l'accord entre le SPD et les conservateurs allemands «n'est que du papier, pas encore une coalition», met en garde l'analyste Stefani Weiss. Des négociations pour former une coalition vont pouvoir commencer, «mais nous ne connaissons pas encore ce que sera le résultat final», ajoute-t-elle.

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