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Accord à l'arraché pour assurer la relance de l'UE
International 2 min. 10.04.2020 Cet article est archivé

Accord à l'arraché pour assurer la relance de l'UE

Le ministre des Finances néerlandais fait partie des premiers opposants aux coronabonds.

Accord à l'arraché pour assurer la relance de l'UE

Le ministre des Finances néerlandais fait partie des premiers opposants aux coronabonds.
Photo : AFP
International 2 min. 10.04.2020 Cet article est archivé

Accord à l'arraché pour assurer la relance de l'UE

Un plan de 550 milliards d'euros a été adopté, au forceps, par les 27 Etats de l'Union européenne.

(AFP) - Après un premier échec mardi, puis des échanges tendus, les ministres européens des Finances ont enfin affiché, jeudi soir, leur unité. Ils sont parvenus à s'entendre sur une réponse économique commune face au coronavirus. Ce consensus constitue un soulagement pour les Européens, après des semaines d'atermoiements mettant en évidence une fracture béante entre les pays du Sud et ceux du Nord, en particulier les Pays-Bas, longtemps inflexibles dans ces discussions.

 Face à la pandémie, la réponse européenne doit s'orienter sur trois axes principaux: jusqu'à 240 milliards d'euros de prêts du Mécanisme européen de stabilité (MES, le fonds de secours de la zone euro), un fonds de garantie de 200 milliards d'euros pour les entreprises et jusqu'à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel.

La brûlante question des «coronabonds», cet emprunt européen commun réclamé par les pays du Sud (en particulier Italie, France, Luxembourg et Espagne), pour soutenir l'économie à plus long terme après la crise, n'a pas été tranchée. Le texte final évoque en revanche un futur «fonds de relance» dont « les aspects juridiques et pratiques» , notamment le financement, devront encore être définis. 

De son côté, le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire, a plaidé jeudi soir pour un fonds de 500 milliards d'euros environ, destiné «aux dépenses d'avenir» , limité dans le temps mais capable d'émettre de la dette commune car «c'est la seule solution». Ses homologues allemand et néerlandais ont cependant tous deux rappelé leur ferme opposition à toute mutualisation des dettes de leurs pays, refusant de s'inscrire dans une démarche commune avec les Etats très endettés du Sud, qu'ils jugent laxistes dans leur gestion. 

Pire qu'en 1929

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui n'étaient eux-mêmes pas parvenus à s'entendre lors d'un sommet le 26 mars, devront encore valider ces propositions. Une réponse unitaire était d'autant plus indispensable que l'économie européenne se dirige en 2020 vers une profonde récession, le Fonds monétaire international estimant même que le coronavirus pourrait engendrer au niveau mondial «les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression» de 1929.


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