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Accalmie à l'aéroport de Hong Kong, tourmente en ville
International 4 min. 14.08.2019

Accalmie à l'aéroport de Hong Kong, tourmente en ville

Retour à la normale à l'aéroport de Hong Kong, mais la tension demeure. Des chars de l'armée chinoise se sont positionnés à Shenzhen.

Accalmie à l'aéroport de Hong Kong, tourmente en ville

Retour à la normale à l'aéroport de Hong Kong, mais la tension demeure. Des chars de l'armée chinoise se sont positionnés à Shenzhen.
Photo: AFP
International 4 min. 14.08.2019

Accalmie à l'aéroport de Hong Kong, tourmente en ville

Les manifestants prodémocratie avaient quitté l'aéroport international de Hong Kong mercredi matin après deux jours de rassemblements de masse qui ont pris un tour violent et plongé le hub financier international un peu plus profondément dans la tourmente.

 (AFP) -  Les manifestations se sont terminées tôt mercredi matin après une nouvelle série d'affrontements au cours desquels un policier a même dégainé son arme à feu pour repousser des manifestants qui l'attaquaient tandis que d'autres ont tiré du gaz poivre.

Les rassemblements prodémocratie ont paralysé lundi et mardi l'aéroport international, le huitième plus fréquenté au monde (74 millions de passagers en 2018), accentuant encore davantage la crise la plus aiguë qu'aient traversée les autorités chinoises depuis la rétrocession de Hong Kong en 1997.

Mercredi matin, le site internet de l'aéroport affichait des dizaines de vols partis durant la nuit et annonçait des centaines d'autres au départ tout au long de la journée, mais beaucoup sont retardés.


TOPSHOT - CORRECTION - Pro-democracy protesters gather against the police brutality and the controversial extradition bill at Hong Kong's international airport on August 12, 2019. - Hong Kong airport authorities cancelled all remaining departing and arriving flights at the major travel hub on August 12, after thousands of protesters entered the arrivals hall to stage a demonstration. (Photo by Manan VATSYAYANA / AFP) / CORRECTING THE WHOLE CAPTION
La crainte d'«un chemin sans retour» à Hong Kong
Au lendemain de la fermeture inédite de l'aéroport de l'ancienne colonie britannique en raison d'une manifestation, la cheffe de l'exécutif, pro-Pékin, estime mardi que la crise politique en cours mènera la ville «dans une situation inquiétante et dangereuse».

Dans le hall des départs, les comptoirs d'enregistrement fonctionnaient normalement et il ne restait qu'une poignée de manifestants, dont la plupart dormaient. «L'aéroport est notre dernière monnaie d'échange», a déclaré l'un d'entre eux. On ignorait cependant si les manifestants envisageaient de revenir occuper l'aéroport plus tard mercredi.

Le mouvement prodémocratie, qui a vu des millions de personnes descendre dans les rues de Hong Kong, est parti début juin du rejet d'un projet de loi hongkongais qui entendait autoriser les extraditions vers la Chine. Le mouvement a depuis considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de la Chine.

Mardi, tandis que des dizaines de milliers de passagers ont été pénalisés par cette nouvelle action contestataire, la Chine a accentué la menace d'une intervention, au travers de vidéos diffusées par ses médias officiels montrant des forces se massant à la frontière de la région semi-autonome.

Enregistrements annulés

En soirée, des policiers ont fait usage de gaz poivre, alors qu'ils escortaient un homme évacué par ambulance de l'aéroport, dénoncé par les manifestants comme étant un policier infiltré. Leur fourgon s'est retrouvé bloqué par quelques centaines de manifestants radicaux. Les policiers en sont alors sortis pour dégager la voie, pulvérisant du gaz et arrêtant au moins deux personnes.

Peu après, un autre homme a été évacué en ambulance, après avoir été battu par un petit groupe l'accusant d'être un espion. Le Global Times, quotidien officiel chinois, a indiqué qu'il s'agissait d'un de ses journalistes. Au cinquième jour d'une mobilisation sans précédent à l'aéroport, les contestataires ont obstrué les allées et les passages conduisant aux zones d'embarquement. En réaction, les autorités aéroportuaires ont annulé les enregistrements pour tous les vols prévus à partir du milieu de l'après-midi.

«Au bord de l'abîme»

La cheffe de l'exécutif hongkongais (qui est désignée par Pékin), Carrie Lam, a de nouveau mis en garde mardi contre les conséquences sur Hong Kong tout en écartant encore toute concession aux manifestants. «La violence (...) poussera Hong Kong sur une voie sans retour» a-t-elle prévenu lors d'une conférence de presse.

Mardi, des médias officiels chinois ont qualifié les manifestants de «gangsters», faisant planer le spectre d'une intervention des forces de sécurité. Le Quotidien du peuple et le Global Times, émanations directes du Parti communiste, ont diffusé des vidéos censées présenter des blindés de transport de troupes se dirigeant vers Shenzhen, aux portes de Hong Kong. Un territoire désormais «au bord de l'abîme», a averti dans un entretien avec la BBC son dernier gouverneur britannique, Chris Patten.


Hong Kong Chief Executive Carrie Lam (C) listens to a question during a press conference in Hong Kong on August 5, 2019. - Hong Kong's embattled pro-Beijing leader accused pro-democracy protesters of trying to "destroy" the financial hub in a dramatic escalation of rhetoric as the financial hub is rocked by two months of rallies and clashes. (Photo by Anthony WALLACE / AFP)
Les manifestants «tentent de détruire Hong Kong»
La cheffe de l'exécutif de la province spéciale pro-Pékin, Carrie Lam, a attaqué lundi de manière frontale les opposants de rue en les accusant de chercher à déstabiliser la mégapole asiatique, dont les transports en commun étaient paralysés par des opérations de blocage.

Le président américain Donald Trump a encore fait augmenter les craintes d'une intervention militaire chinoise affirmant que ses services de renseignement faisaient état d'un déploiement de l'armée chinoise «à la frontière avec Hong Kong». D'autre part, la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU s'est déclarée mardi préoccupée par la répression des manifestations prodémocratie à Hong Kong et a réclamé une enquête impartiale dans l'ex-colonie britannique.    



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