A Millas

Ce que l'on sait de la collision entre un car scolaire et un train

Sous la violence du choc avec un TER, le premier autocar scolaire a été littéralement coupé en deux.
Sous la violence du choc avec un TER, le premier autocar scolaire a été littéralement coupé en deux.
AFP

Un autocar scolaire et un train régional sont entrés en collision jeudi 14 décembre au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales), faisant cinq morts et quinze blessés parmi les élèves transportés, ainsi que quatre autres blessés. Voici ce que l'on sait.

L'accident

A 16H03 le 14 décembre, un car de ramassage scolaire, avec à son bord une vingtaine d'enfants du collège Christian-Bourquin, à Millas, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Perpignan, a traversé le passage à niveau No 25. Derrière, un deuxième bus s'apprêtait à prendre sa suite. 

Sous la violence du choc avec un TER, le premier autocar scolaire a été littéralement coupé en deux. Les autorités ont parlé d'une «véritable scène de guerre». La collision est l'un des accidents les plus graves survenus à un transport d'enfants depuis le drame de Beaune (Côte-d'Or) en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

Les victimes

Cinq enfants sont décédés. 15 autres élèves, âgés de 11 à 17 ans, ont été blessés dans l'accident, ainsi que la conductrice du bus et trois personnes dans le train. Tous les enfants vivaient dans le petit village de Saint-Féliu-d'Avall, une commune d'un peu plus de 2.000 habitants située à quelques kilomètres de Millas.

L'identification

L'identification des victimes a été très difficile, tant le choc a été violent. Mais elle était terminée le 15 décembre au matin, et les familles ont finalement toutes été informées.

Le passage à niveau

Il s'agit du PN 25, un passage à niveau de type classique, doté d'une signalisation automatique et de deux barrières, a précisé la SNCF, selon laquelle le passage à niveau «n'était pas considéré comme particulièrement dangereux».

L'enquête judiciaire

Défaillance technique du passage à niveau ou erreur humaine ? Telle sera la principale question à laquelle devront répondre les enquêteurs, qui interviennent dans le cadre d'une enquête pour «homicides et blessures involontaires» confiée à la BR de gendarmerie de Perpignan assistée de la SR de Montpellier.

Les barrières étaient-elles baissées ou levées, laissant la conductrice du bus s'engouffrer sur la voie ? Les témoignages sont contradictoires à ce stade de l'enquête. Certains affirment qu'une barrière était levée, la SNCF a indiqué que «selon des témoins, le passage à niveau a fonctionné normalement».

Mais les enquêteurs restent prudents et attendent le résultat des examens et expertises techniques avant de se prononcer.

L'enquête judiciaire relève du procureur de la République de Marseille, car le pôle accidents collectifs du TGI de Marseille s'est saisi du dossier. Le conducteur du TER a été entendu ainsi que d'autres personnes. 

Par ailleurs, le chauffeur du train et la conductrice du bus ont fait l'objet de prélèvements pour vérifier leur alcoolémie et leur toxicologie.

D'autres enquêtes

Outre une enquête de la SNCF, une enquête administrative a été aussi ouverte par le Bureau Enquête Accidents (BEA), chargé des drames aériens et ferroviaires.

Le soutien

Le collège a rouvert ses portes dès le 15 décembre au matin et les élèves comme les familles qui le souhaitaient ont pu avoir accès à une cellule médico-psychologique, composée d'une soixantaine de personnes. 

Des psychologues scolaires de l'ensemble de l'académie de Montpellier étaient notamment présents à Millas, ainsi que des bénévoles, dont des membres de la Croix-Rouge. «Le travail des psychologues est essentiel, les élèves et les adultes ont besoin de parler», a dit le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, venu vendredi à Millas et selon lequel le soutien s'inscrira dans la durée, une mission confiée à un coordonnateur interministériel.

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