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50.000 euros d'amende pour ArcelorMittal à Florange
International 3 min. 28.05.2019 Cet article est archivé

50.000 euros d'amende pour ArcelorMittal à Florange

50.000 euros d'amende pour ArcelorMittal à Florange

Photo: AFP
International 3 min. 28.05.2019 Cet article est archivé

50.000 euros d'amende pour ArcelorMittal à Florange

Le site mosellan a été jugé par le tribunal correctionnel de Thionville pour le déversement, sans autorisation, sur un crassier d'eaux usées présentées par un intérimaire comme des rejets d'acide.

SW avec AFP -  Souvenez-vous, en juin 2017, un salarié d'un sous-traitant d'ArcelorMittal, Karim Ben Ali, avait diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo le montrant déverser sur le crassier de Marspich, près d'Hayange, un liquide jaunâtre qu'il présentait comme de l'acide pour décaper l'acier.


ArcelorMittal mis en cause dans une pollution à l'acide
De l'acide utilisé sur un site du groupe sidérurgique ArcelorMittal à Florange a été déversé dans un dépotoir où il n'aurait pas dû l'être, ont affirmé mardi les autorités locales à l'issue d'une réunion avec la direction de l'entreprise qui nie toute responsabilité.

A l'époque, cette vidéo avait fait grand bruit et des poursuites avaient été intentées contre le site de Florange.

Un «faible pourcentage» d'acide dans les eaux

Presque deux ans plus tard, le tribunal correctionnel de Thionville a considéré que «la gestion irrégulière des déchets» et «l'exploitation d'une installation classée pour la protection de l'environnement sans autorisation», pour lesquels était jugée ArcelorMittal Atlantique et Lorraine, étaient «caractérisées».

Mais l'acide chlorhydrique présent dans les deux citernes visibles dans la vidéo, a été jugé d'un «faible pourcentage». La procureure, Christelle Dumont, a ainsi requis une peine d'amende de 50.000 euros et la publication de la décision dans les médias locaux pendant deux mois.

Le jugement sera rendu le 23 septembre. «La lagune (où ont été réalisés les déversements, ndlr) n'est pas en conformité depuis 2015. Ce n'est pas acceptable qu'il ne se passe rien pendant des années», malgré l'accompagnement de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, a souligné la procureure.

«Ça fait deux ans que j'en bave»

L'enquête ouverte pour «atteinte à l'environnement» avait conclu en septembre 2018 qu'il n'y avait pas de pollution du crassier, qui avait vocation, selon un arrêté préfectoral, à accueillir les boues d'hydroxyde de fer et non les eaux usées.

«J'attends une sanction. Ça fait deux ans que j'en bave et ça ferait un exemple comme on parle d'écologie en ce moment», a dit l'ancien intérimaire avant l'audience. Il n'a pas été entendu par le tribunal et a quitté la salle, furieux.

Traçabilité

Pour la gestion des déchets, «la loi oblige à tenir un registre chronologique et conservé pendant trois ans pour que l'on puisse avoir une traçabilité, ce qui n'était pas respecté», a relevé la présidente du tribunal. Dans «le fichier fourni, les années 2016 et 2017 n'étaient pas renseignées», a-t-elle ajouté, s'adressant à Anita Bonnard, directrice d'ArcelorMittal à Florange.


Un employé d'un sous-traitant d'Arcelor aurait été contraint, affirme-t-il, de déverser l'acide dans le crassier de Marspich.
Pollution à l'acide: enquête préliminaire ouverte
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Thionville après que de l'acide utilisé sur un site du groupe sidérurgique ArcelorMittal à Florange a été déversé dans un dépotoir où il n'aurait pas dû l'être.

«Le seul jour où il y a un doute, c'est le jour où M. Ben Ali l'a fait tout seul et il ne l'a pas fait comme il aurait dû», a affirmé l'avocate du sidérurgiste, Joëlle Herschtel, insistant sur «la traçabilité» de la procédure.

«Pas de considération pour le territoire»

Le conseil a plaidé la relaxe pour les deux infractions, avançant qu'il y avait «dans l'arrêté préfectoral une erreur qui aboutit à réduire de façon significative la capacité de stockage» de la lagune, qui n'est plus exploitée.

«Même si ce n'est pas une affaire de pollution, on a le sentiment qu'une grande société d'un niveau mondial, qui dispose de moyens considérables, n'a pas eu de considération pour le territoire et c'est désagréable», a souligné Bertrand Mertz, avocat de la communauté d'agglomération du Val de Fensch, partie civile.

Quatre associations de protection de l'environnement ont demandé à être reconnues comme victimes. Après une plainte de M. Ben Ali, une enquête pour «blessures involontaires» avait été ouverte en février. Il dit souffrir d'une perte du goût et de l'odorat, d'irritation des yeux et reproche à la société de ne pas l'avoir informé qu'il transportait «des matières particulièrement dangereuses».

L'ex-intérimaire, qui se présente comme un lanceur d'alerte et ne travaille plus depuis ses révélations, avait été relaxé en mars après des menaces à l'encontre d'ArcelorMittal. 

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