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37,5 milliards d’euros pour sauver la Belgique
International 3 min. 02.06.2020 Cet article est archivé

37,5 milliards d’euros pour sauver la Belgique

Le socialiste belge Paul Magnette sait combien il faut dépenser pour la relance, mais ne dit pas où trouver l'argent.

37,5 milliards d’euros pour sauver la Belgique

Le socialiste belge Paul Magnette sait combien il faut dépenser pour la relance, mais ne dit pas où trouver l'argent.
Photo : AFP
International 3 min. 02.06.2020 Cet article est archivé

37,5 milliards d’euros pour sauver la Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Tel est le montant que veut injecter au plus vite le socialiste Paul Magnette dans l’économie pour arracher la Belgique à la crise. La relance viendra plus tard.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Il parle d’un «choc de reprise». Le socialiste Paul Magnette use de mots musclés lorsqu’il évoque l’effort intense que la Belgique aura à fournir dans les prochains mois pour s’arracher à la crise dans laquelle l’a plongée le coronavirus. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le produit intérieur brut accuse en trois mois une chute de 8%, le déficit public atteint les 7,5% et la dette publique grimpe à 115% du PIB.

Ce «choc de reprise» a un coût : 37,5 milliards d’euros selon le président du Parti socialiste qui a fait ses comptes – mais ne dit pas où trouver l’argent. Plus de la moitié de ce pactole serait destinée à financer les mesures qui ont déjà été prises et devraient être idéalement prolongées pour soutenir les particuliers, les travailleurs et les entreprises. Le reste irait aux différents secteurs en difficulté (culture, horeca, hôpitaux...)

Paul Magnette est pressé. Le paquet de mesures qu’il propose doit être mis en œuvre, précise-t-il, «la semaine prochaine, dans les quinze jours maximum». Autrement dit, à la faveur des pouvoirs spéciaux dont bénéficie le gouvernement Wilmès, gouvernement en affaires courantes auquel les socialistes francophones et flamands ne participent pas. Même s’ils le soutiennent pour l’instant depuis les travées de la Chambre.

Le plan Magnette se veut a priori consensuel. L'élu dit avoir largement consulté les experts, même au-delà de la sphère socialiste. Il s’inspire notamment des travaux de l’universitaire flamand «néo-keynésien» Gert Peersman selon lequel «injecter de l’argent aujourd’hui permet de protéger les recettes fiscales de demain en sauvant des entreprises et des emplois». Au cas contraire, estime Paul Magnette dans Le Soir,  «le coût de non-mesures serait, lui, insoutenable».

Six milliards pour sauver les hôpitaux

Il ne s’agit toutefois là que d’un coup de «kick». La relance, ses réformes structurelles et ses investissements viendront plus tard. En s’appuyant sur la manne promise par l’Europe, notamment les 750 milliards d’euros que la Commission propose d’emprunter pour aider le continent à sortir de la récession.

Concrètement, les mesures proposées par le socialiste Magnette vont de la prolongation des aides aux chômeurs temporaires et aux indépendants jusqu’à l’octroi des allocations de chômage aux artistes en passant par une réduction de la TVA dans l’horeca et la construction. Six milliards d’euros permettraient en outre de sauver les hôpitaux de la noyade, la plupart d’entre eux accusant un lourd déficit en raison de la mise sur pause d’une partie de leurs activités thérapeutiques au profit de la lutte contre le coronavirus.


Les communes wallonnes dans le rouge
Les municipalités ont dû prendre en charge une partie de la gestion de la crise sanitaire et son financement. Elles en paient aujourd’hui le prix fort.

La demande intérieure sera, pour sa part, soutenue à hauteur de 4,5 milliards d’euros moyennant certains cadeaux fiscaux et autres aides publiques aux particuliers. La confiance des consommateurs a fait place à la déprime : elle a dégringolé de quelque 30% depuis février.

Il reste à Paul Magnette à «vendre» son plan aux autres partis. Ce n’est pas gagné. Certains d’entre eux se sont battus - en vain - pour sortir les comptes de la Belgique du rouge au cours des dernières années en prônant une politique de rigueur, sinon d’austérité. La N-VA de Bart De Wever y a pris largement part. Magnette ne l’exclut pourtant pas, apportant ainsi de l’eau au moulin à ceux qui estiment que le destin du pays passera nécessairement par une alliance des socialistes francophones et des nationalistes flamands. 

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