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2030: comment les frontaliers iront-ils travailler?
International 5 min. 23.10.2018 Cet article est archivé

2030: comment les frontaliers iront-ils travailler?

Aujourd'hui, la ligne ferroviaire entre Metz et Luxembourg est en surcharge, l'autoroute A31 est saturée, le nombre de cars insuffisant et bloqué dans le trafic.

2030: comment les frontaliers iront-ils travailler?

Aujourd'hui, la ligne ferroviaire entre Metz et Luxembourg est en surcharge, l'autoroute A31 est saturée, le nombre de cars insuffisant et bloqué dans le trafic.
Photo: Lex Kleren
International 5 min. 23.10.2018 Cet article est archivé

2030: comment les frontaliers iront-ils travailler?

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
De la création de zones franches pour les entreprises au covoiturage facilité par des outils fiscaux, les participants à la consultation citoyenne qui avait lieu à Metz la semaine passée, ont proposé des idées à la ministre française des Transports.

Créer des zones franches dans les pays voisins du Luxembourg, proches de ses frontières pour permettre à des entreprises de décentraliser leurs bureaux. Encourager le covoiturage en exerçant une une pression financière par des moyens fiscaux, donner plus d'autonomie à la Grande Région.

Ce sont quelques unes des solutions proposées à la  ministre de la Transition écologique et solidaire chargée des Transports, Elisabeth Borne, présente à Metz, vendredi.

Créer des "zones franches"

  • Les différents groupes ont proposé leurs idées face aux problèmes de mobilité qui touchent la Grande Région. Certaines ont été avancées par plusieurs groupes, comme: harmoniser la fiscalité dans des sortes de "zones franches" au-delà des frontières luxembourgeoises, afin de permettre à des entreprises implantées au Luxembourg de décentraliser leurs bureaux. La majorité des emplois est concentrée à Luxembourg-Ville. Un point délicat et complexe, selon la ministre: "L'écart des charges fiscales et sociales n'est pas un sujet simple", a-t-elle commenté. L'idée est de limiter les déplacements des salariés. L'entreprise devrait se rapprocher d'eux. Aujourd'hui c'est l'inverse qui se passe. Un élément de solution pour résoudre les problèmes de mobilité serait donc de limiter les déplacements des salariés en regroupant les emplois en divers lieux sans qu'ils soient concentrés comme aujourd'hui autour de la ville de Luxembourg. 
  • Favoriser le télétravail en modifiant la loi qui n'autorise, pour les Français, que 29 jours de télétravail par an pour le moment: "un sujet sur lequel il faut travailler", a reconnu Elisabeth Borne.
  • Installer davantage d'espaces de coworking, mettre en service plus de bus à haut niveau de service (des bus qui permettent aux passagers de travailler confortablement avec accès wifi notamment), favoriser l'auto-partage et la mobilité électrique sont encore d'autres éléments de solution avancés.
  • Les groupes ont proposé aussi de développer l'habitat à proximité des frontières, de favoriser le covoiturage à l'aide d'outils fiscaux et d'accorder plus d'autonomie à la Grande Région. La ministre estime qu'il faut "permettre le rapprochement de la région Grand Est et des territoires voisins pour faciliter la gestion et la politique des transports". 
  • Supprimer les trains de fret et les TGV sur les voies du TER, améliorer encore la multimodalité, qui permet de passer facilement d'un mode de transport à un autre afin d'optimiser ses trajets. Concernant la ligne du TER Nancy-Metz-Luxembourg, Elisabeth Borne a suggéré, qu'étant donné les efforts faits par les deux pays dans le cadre du pack mobilité, "vous aurez un vrai RER", faisant allusion au protocole d'accord signé en mars entre le Luxembourg et la France. Pour mémoire, ce protocole a fixé plusieurs objectifs à la France et au Luxembourg, dont celui de multiplier par 2,5 le nombre de voyageurs. 
  • Les frontaliers et habitants de zones frontalières françaises ont réclamé davantage de parkings de covoiturage, un engagement qui fait aussi partie du protocole d'accord.

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Proposer des idées et des solutions, en tant que citoyen européen: c'est le principe, normalement, d'une consultation citoyenne. Elles ont cours depuis avril dans les 27 pays membres et s'achèvent fin octobre. 

Une consultation citoyenne sur le thème "Comment imaginez-vous la mobilité transfrontalière en 2030" a été proposée à Metz vendredi. Le rendez-vous était fixé à 16h30, un horaire qui a fait l'objet de critiques de la part des frontaliers. Pour être à 16h30 à Metz, il faut compter une heure de trajet, que ce soit en voiture ou en train, et pouvoir quitter son travail avant 15h30. 

Sur 75 inscrits, selon la Dreal (Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement), organisatrice de cette rencontre, environ la moitié était présente. La présence d'Elisabeth Borne était annoncée, ministre de la Transition écologique et solidaire chargée des Transports. Dans son allocution, la ministre a précisé qu'elle avait "conscience que l'horaire de cette réunion n'a pas forcément convaincu". Contrainte de l'agenda oblige.

Les participants ont été invités à travailler en groupes afin de faire émerger leur vision des grands enjeux à venir et de proposer des solutions à envisager. Chaque groupe a ensuite présenté rapidement le fruit de ses réflexions.

Les idées ainsi rassemblées seront traitées et restituées aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'UE en amont du conseil européen de décembre 2018. La synthèse des propositions sera visible sur le site quelleestvotreeurope.fr. Il est encore possible d'y ajouter ses propositions.

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