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2019, un excellent millésime nucléaire pour la Belgique
International 3 min. 10.01.2020

2019, un excellent millésime nucléaire pour la Belgique

Le site de Doel, près d'Anvers, a atteint la limite d'âge mais il est toujours en service.

2019, un excellent millésime nucléaire pour la Belgique

Le site de Doel, près d'Anvers, a atteint la limite d'âge mais il est toujours en service.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 10.01.2020

2019, un excellent millésime nucléaire pour la Belgique

Fini les incidents en cascade. Les centrales nucléaires belges ont retrouvé l’an dernier une capacité de production presque complète.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Des cuves microfissurées, une dalle qui se soulève et une foule d’incidents techniques: les dernières années s’étaient révélées très difficiles pour les centrales nucléaires belges. Entre octobre et novembre 2018 ainsi, un seul réacteur (sur sept) fut opérationnel, contraignant l’opérateur Engie à mettre en place des moyens de production alternatifs pour éviter la pénurie d’électricité.

Mais en 2019, le cauchemar semble s’être arrêté. La disponibilité du parc a atteint 78%. «Nous avons retrouvé une disponibilité en ligne avec les standards internationaux, fixés autour des 80%. Les centrales nucléaires ont permis de couvrir en moyenne la moitié des besoins électriques du pays avec une production locale et 100 % décarbonée», se réjouit Anne-Sophie Hugé, la porte-parole d’Engie.

De sursis en réparation

Pourtant, les centrales nucléaires belges sont vieilles. Plusieurs réacteurs ont dépassé la limite d’âge des 40 ans qui aurait dû conduire à leur mise à l’arrêt. Mais de sursis en réparations, Doel (Anvers) et Tihange (Huy) ont pu continuer à fonctionner. 

Doel 4 a même réussi à boucler l’année sans interruption. L’automne dernier, Doel 1 et 2 ont été arrêtés pour une révision, mais ils seront rallumés au printemps. Idem pour Tihange 1, mis sur pause le 31 décembre dernier, et qui sera relancé en juillet prochain. 

Chose notable: les sept réacteurs belges ont accompli l’an dernier un petit exploit en produisant de l’électricité - tous ensemble - pendant 64 jours, entre fin juillet et fin septembre.

Engie Electrabel estime que ce niveau de production ne pourra toutefois pas être réédité en 2020, plusieurs arrêts étant prévus dans le cadre du plan d’action Long Term Operation (LTO). Celui-ci reprend les investissements (1,3 milliard d’euros) et les mesures nécessaires au prolongement de dix ans de la période d’exploitation de trois unités construites en 1975, soit Tihange 1, Doel 1 et Doel 2. Ces investissements sont le résultat d’un accord passé en 2015 entre Engie Electrabel et le gouvernement Michel.

L'éolien dopé par l'off-shore

Et pourtant, s’il faut en croire la ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem, la Belgique abandonnera bien le nucléaire en 2025 comme l’impose une loi datant de 2003. Les textes législatifs seraient prêts. Des centrales au gaz devraient être théoriquement construites pour fournir une capacité de production électrique alternative.

En affaires courantes, le gouvernement actuel n'a toutefois pas pu trancher certains points, notamment le financement des nouveaux modes d’énergie.  Le «mécanisme de rémunération de capacité», une forme de soutien étatique visant à attirer les investisseurs, n’est toujours pas en place. Le projet rendu à la Commission européenne est incomplet en raison de l’absence d’un gouvernement de plein exercice. Il faudra donc attendre le prochain exécutif fédéral pour franchir plusieurs étapes cruciales. Or, celui-ci pourrait encore se faire attendre pendant de longs mois.

Pour l’heure, la Belgique peut se réjouir des performances de son éolien, essentiellement dopé par de nouvelles implantations off-shore. L’an dernier, la production est passée de 3.408 à 4.700 GWh. De quoi permettre la fourniture en énergie à 1,34 million de familles (contre 974.000 familles en 2018). C’est bien, mais largement insuffisant si l’on sait que les six parcs éoliens belges ne fournissent que 5 à 6% de la production énergétique totale du pays, mais tout de même 31% de sa production d’énergie verte.


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