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Vers un couvre-feu avancé à 18h dans le Grand Est
Grande Région 4 min. 30.12.2020

Vers un couvre-feu avancé à 18h dans le Grand Est

A compter de samedi, il se pourrait que plus personne ne puisse se trouver dans les rues sans justificatif après 18h, notamment à Metz.

Vers un couvre-feu avancé à 18h dans le Grand Est

A compter de samedi, il se pourrait que plus personne ne puisse se trouver dans les rues sans justificatif après 18h, notamment à Metz.
Photo: AFP / archives
Grande Région 4 min. 30.12.2020

Vers un couvre-feu avancé à 18h dans le Grand Est

Pour contenir l'épidémie de covid-19, le gouvernement français prévoit des mesures supplémentaires là où le virus circule rapidement. Des décisions applicables dès le 2 janvier après concertation avec les élus, préfets et agences régionales de santé.

(AFP) - Pas de reconfinement, mais un couvre-feu avancé de deux heures, à 18h00, dans une partie de l'Est du pays. Voilà la décision du gouvernement français, à l'issu d'un conseil de défense mardi matin. «Nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui au lieu de démarrer à 20h00, démarrera à 18h00 dans l'ensemble des territoires dans lesquels ça s'avèrera nécessaire», a ainsi affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, mardi soir sur le plateau de France 2

L'entrée en vigueur de ces mesures ne tardera pas. Elles seront applicables «à partir du 2 janvier» après concertation avec les élus, préfets et agences régionales de santé. Mais tout le pays ne sera pas concerné. Car «la situation est plus problématique dans quatre régions», a souligné le ministre. A savoir, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, la région Auvergne-Rhône-Alpes, et le département des Alpes-Maritimes. D'après son ministère, 20 départements seraient visés, depuis les Ardennes jusqu'aux Alpes-Maritimes, en passant par l'Allier et le Bas-Rhin. 

Confronté à une recrudescence de l'épidémie, le maire de Nice, Christian Estrosi (LR), s'est dit satisfait, souhaitant «des mesures évitant un reconfinement local et ses conséquences», sur Twitter. De son côté, la mairie de Nancy, dont le maire PS, Mathieu Klein s'était prononcé ces derniers jours en faveur d'un reconfinement local, estime dans un communiqué que «le couvre-feu est une mesure tardive, qui risque de s'avérer insuffisante». 

C'est aussi l'avis du Conseil scientifique remis au gouvernement le 23 décembre, et rendu public mardi soir, qui recommande d'aller vite en raison d'une «probable» reprise «incontrôlée de l'épidémie» à cause du «surcroît de contaminations» provoqué par les fêtes de fin d'année. Pour la mairie de Nancy, «la vaccination est la seule perspective de sortie de l'épidémie. La campagne doit donc s'accélérer, notamment pour les plus de 65 ans, et se déployer plus rapidement, en priorité dans le Grand Est». 

Au niveau national, «la pression sanitaire (...) reste élevée sur le pays. Environ 1.500 hospitalisations par jour, près de 200 en réanimation, et plusieurs centaines de morts, chaque jour, dans notre pays», a souligné Véran. «Nous sommes sur un plateau depuis environ trois semaines, avec environ 15.000 nouvelles contaminations par jour enregistrées dans notre pays (...) Nous sommes donc encore trop haut. Ça n'augmente pas, mais ça reste à un niveau très élevé», a-t-il résumé. Mardi, 11.395 cas confirmés de covid-19 ont été enregistrés, loin de l'objectif gouvernemental de descendre à 5.000. Et le nombre des décès a franchi la barre des 64.000 morts depuis le début de l'épidémie. 

Après les brassages de population des vacances de Noël, des professionnels de santé veulent des mesures strictes pour éviter une explosion de l'épidémie en janvier. «Il faudrait revenir à un confinement tel qu'on l'a connu le 16 mars (...) mais pour une durée beaucoup plus courte, d'une quinzaine de jours à trois semaines maximum», a estimé sur RTL le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. 

«Nous ne voulons pas confiner à ce stade: ni un confinement généralisé, ni un confinement local», a martelé Véran mardi soir. Mais il a aussi balayé l'idée d'une réouverture prochaine des lieux culturels. «Le Premier ministre avait parlé d'une clause de revoyure au 7 janvier (...), il parait difficilement concevable à ce stade, sous réserve de l'évolution dans les prochains jours, de lever la totalité des contraintes, vous l'imaginez bien», a-t-il affirmé. 

En attendant, la campagne de vaccination débutée dimanche se poursuit dans des Ehpad, seules structures concernées dans un premier temps. Mardi, ce sont par exemple 14 résidents de l'Ehpad des Hortillons d'Amiens qui ont reçu le vaccin de BioNTech/Pfizer. Sur les trois premières journées, moins de cent personnes ont été vaccinées. Alors que l'objectif est d'arriver à un million d'ici la fin février, des critiques commencent à s'élever contre un rythme jugé trop lent par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne, les Etats-Unis ou Israël. «On n'est pas parti pour un 100 mètres mais pour un marathon», se défend-on au ministère de la Santé. 


A nurse prepares a dose of the Pfizer-BioNTech Covid-19 vaccine, during a vaccination operation at the "Woonzorgcentrum Sint-Pieters" rest home on December 28, 2020 in Puurs, in Belgium's Flemish region, as the country starts its national vaccination campaign to fight against the spread of the novel coronavirus. - The vaccine doses were transported earlier from the University Hospital in Leuven to the residential care home, as the vaccination program starts with the most vulnerable. Belgium is the country with the highest number of deaths compared to its population with 165 fatalities per 100,000 inhabitants. (Photo by Dirk WAEM / POOL / AFP)
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«Le démarrage est certes timide, mais on va progressivement monter en puissance et vacciner très largement. Cependant, on n'y arrivera pas en brusquant», a poursuivi le ministère, en se défendant de tout «problème d'approvisionnement» : «500.000 doses arrivent cette semaine, 500.000 la semaine prochaine et 500.000 la suivante». La prochaine étape concernera, d'ici à fin janvier, les «professionnels de santé de 50 ans et plus ou qui souffrent de maladies qui les exposent à des risques de forme grave», a annoncé Véran sur France 2.

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