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Un collège franco-luxembourgeois aux portes de Belval
Grande Région 3 min. 02.11.2020

Un collège franco-luxembourgeois aux portes de Belval

Le président du département de la Moselle, Patrick Weiten, souhaite aussi embrayer sur la proposition de Xavier Bettel d'ouvrir un centre de formation pour personnels infirmiers.

Un collège franco-luxembourgeois aux portes de Belval

Le président du département de la Moselle, Patrick Weiten, souhaite aussi embrayer sur la proposition de Xavier Bettel d'ouvrir un centre de formation pour personnels infirmiers.
Photo : Gerry Huberty
Grande Région 3 min. 02.11.2020

Un collège franco-luxembourgeois aux portes de Belval

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le président du département de la Moselle verrait bien l'établissement s'ouvrir sur le site de Micheville, en plein réaménagement. Avec non loin, qui sait, un centre de formation professionnelle pour personnels de santé.

Des années que le projet Educo fait l'objet d'études des deux côtés de la frontière. «Maintenant, il faut que ça avance», tonne le président du Conseil départemental de la Moselle. Les administrations luxembourgeoise autant que française ayant eu largement le temps de se pencher sur l'idée de créer un établissement d'enseignement qui puisse rapprocher les attentes des deux pays voisins, Patrick Weiten veut maintenant enclencher la vitesse supérieure.

Et quoi de mieux que le site de Micheville (anciennes friches industrielles entre Villerupt et Audun-le-Tiche) pour accueillir cet établissement. Le site s'y prêterait idéalement : «à deux pas d'Esch et sur une zone où se mêlent les intérêts de deux départements, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle», plaide celui qui rêve ainsi tout haut de voir s'ouvrir «un collège frontalier franco-luxembourgeois». Utile pour l'apprentissage de la langue du voisin pour les adolescents et dans l'esprit de former de futurs adultes aux besoins du territoire où Lorrains et Luxembourgeois doivent faire cause commune.


L'avenir de Micheville se joue maintenant
A compter de vendredi, architectes et promoteurs sont attendus pour avancer leurs idées pour aménager une partie de la friche industrielle sise entre Villerupt, Audun-le-Tiche et Belval. Dans un premier temps, il est question d'établir 200 logements, un centre d'affaires, une résidence étudiante et un pôle de transports en commun.

«Je sais que du côté mosellan, nous devons reconstruire bientôt le collège d'Audun-le-Tiche alors autant partir sur du neuf», plaide Patrick Weiten qui vient tout juste de prendre la gouvernance de l'Etablissement public d'aménagement Alzette-Belval. Cette zone est au cœur d'un vaste projet de construction (2.000 logements d'ici 2030) aussi est-il d'ores et déjà intéressant de se pencher sur l'aménagement de sites scolaires. «La Moselle a d'autres collèges à proximité de la frontière, Sierck ou Volmerange. Mais là, sur ce territoire en pleine renaissance et au développement tourné vers le Grand-Duché cela ferait encore plus sens.»

Reste maintenant à convaincre les partenaires à bien calibrer les besoins, le contenu pédagogique et l'implantation. Sans parler de débourser les cordons de la bourse pour ce dossier qui sait déjà pouvoir compter sur un cofinancement de l'Europe, via des fonds Intereg. «Si l'on s'y met maintenant, on peut présenter un projet pour 2021», pousse Patrick Weiten. Avec l'espoir de convaincre ses interlocuteurs luxembourgeois : le ministre de l'Education Claude Meisch (DP) mais aussi Xavier Bettel.

Un Premier ministre déjà informé du sujet, «et qui paraissait partant quand nous en avons discuté lors de notre dernière rencontre, cet été». Mais au-delà du projet de collège franco-luxembourgeois, une seconde proposition de son voisin mosellan a également retenu l'attention du chef de gouvernement; l'ouverture d'un centre de formation professionnelle dédié aux carrières dans la santé. «L'idée serait de former sur place des aides-soignantes, des infirmières qui pourraient être employées dans nos deux pays», plaide Patrick Weiten.

Tensions sur le marché

Xavier Bettel avait effectivement laissé entendre son intention d'aller dans ce sens. Et la crise actuelle, qui a vu le Luxembourg recruter chez ses voisins des personnels dont Lorraine mais aussi Belgique ou Allemagne auraient bien eu besoin... Au point de créer quelques tensions dans la Grande Région, et contraindre le ministère de la Santé luxembourgeois à émettre une consigne destinée aux établissements hospitaliers du Grand-Duché à se montrer moins entreprenants dans leurs ponctions de main-d'oeuvre qualifiée. Paulette Lenert (LSAP) ne cachant d'ailleurs pas son malaise à l'idée d'avoir pu ainsi nuire aux systèmes de santé des Etats voisins... 


Coronavirus - Hôpital Kirchberg - COVID-19 - Notaufnahme Urgences  - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Les infirmières se lassent du silence de Bettel
En première ligne, elles le sont depuis mars. En sous-effectif et en manque de formation depuis des années. Pourtant, les infirmières du Luxembourg (représentées par l'ANIIL) ne voient toujours pas d'améliorations à l'horizon.

 «Pour le coût, cette opération serait vraiment du gagnant-gagnant», assure le président du département de la Moselle. Les uns (côté France) pouvant se féliciter du cofinancement trouvé, les autres (côté Luxembourg) de bénéficier à quelques kilomètres de chez eux d'un lieu à la formation de qualité et reconnue à l'international. 

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Ehemaliges Stahlwerksgeländes Esch/Schifflange - ARBED - Esch-Schifflange - Foto : Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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