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Sophiya est directrice d'une école ukrainienne à Arlon
Grande Région 3 min. 01.03.2022
Témoignage

Sophiya est directrice d'une école ukrainienne à Arlon

Pas loin de 1.000 personnes étaient présentes à Luxembourg-ville le week-end dernier pour la manifestation en soutien au peuple ukrainien.
Témoignage

Sophiya est directrice d'une école ukrainienne à Arlon

Pas loin de 1.000 personnes étaient présentes à Luxembourg-ville le week-end dernier pour la manifestation en soutien au peuple ukrainien.
Photo: Viktor Wittal
Grande Région 3 min. 01.03.2022
Témoignage

Sophiya est directrice d'une école ukrainienne à Arlon

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Cette maman enseigne avec d'autres de ses compatriotes l'ukrainien à des jeunes enfants de la région. Elle partage son triste ressenti sur l'agression de son pays d'origine par la Russie.

Ils étaient près de 1.000 personnes ce week-end à s'être rassemblés dans les rues de la capitale luxembourgeoise pour afficher leur soutien au peuple ukrainien, victime d'une terrible agression par la Russie. Parmi les manifestants, Sophiya était présente, accompagnée de ses deux filles.


TOPSHOT - An Ukrainian Territorial Defence fighter takes the automatic grenade launcher from a destroyed Russian infantry mobility vehicle GAZ Tigr after the fight in Kharkiv on February 27, 2022. - Ukrainian forces secured full control of Kharkiv on February 27, 2022 following street fighting with Russian troops in the country's second biggest city, the local governor said. (Photo by Sergey BOBOK / AFP)
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Cette maman est originaire de Lviv, une ville ukrainienne située à l'ouest du pays, à environ 70 kilomètres de la Pologne. La cité sert aujourd'hui de ville refuge aux dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens contraints à l'exil. Une grande partie de la vie de cette travailleuse frontalière se trouve toujours dans le ''grenier à blé de l'Europe''. «J'ai de la famille et des amis qui habitent toujours là-bas. Ils doivent se cacher dans les sous-sols lors des bombardements. Si la nuit de dimanche à lundi a été un peu plus calme, ils vivent dans la peur permanente. C'est inimaginable ce qui est en train de se passer. On peine à imaginer que cela peut arriver dans un pays civilisé tel que l'Ukraine.»

En Belgique depuis 22 ans

Sophiya vit en Belgique depuis une vingtaine d'années et habite aujourd'hui la petite commune d'Etalle. «Je suis tout simplement arrivée en Belgique par amour. J'ai rencontré mon ex-mari lors de mes études et je m'étais installée avec lui en 2000, il y a 22 ans maintenant, donc.» En 2015, la mère de famille se lance dans un projet pour le moins original: la création d'une école ukrainienne à Arlon, non loin de la frontière luxembourgeoise. «L'idée vient de moi et de ma sœur. Nous sommes toutes les deux mamans et nous souhaitions créer un espace où les jeunes de la communauté ukrainienne pourraient apprendre leur langue ainsi que leur culture d'origine.» 


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C'est ainsi que l'établissement fut créé. Il accueille chaque année une vingtaine d'enfants âgés de 3 à 12 ans à raison de quelques heures par semaine. Une belle initiative pour la communauté ukrainienne vivant dans la province belge de Luxembourg ainsi que pour les familles ukrainiennes du Luxembourg. «Il y a effectivement plusieurs dizaines de familles dans la région d'Arlon mais également plusieurs au Grand-Duché dont nous accueillons les enfants», ajoute la directrice de l'établissement qui précise que son projet n'a pas pour objectif de remplacer une école traditionnelle. «L'école ukrainienne d'Arlon, c'est avant tout une activité extrascolaire à raison de quelques heures par semaine d'apprentissage.» Un apprentissage qui se fait majoritairement de manière ludique. «Outre des cours de langue, nous faisons bon nombre d'ateliers destinés à faire connaître la culture d'origine de ces enfants: la cuisine, la peinture, la musique, etc.»

L'objectif est, qu'à terme, les jeunes apprenants puissent converser avec des membres de leur famille restés au pays. «Et cela marche», assure Sophiya. «Mes deux filles ont suivi les cours et peuvent désormais parler avec leurs cousines vivant en Ukraine ou lire les informations ukrainiennes. Elles peuvent se débrouiller pour se faire comprendre dans le pays.»

«Une catastrophe humaine»

Malheureusement, il aura fallu un conflit militaire pour mettre un coup de projecteur sur cette initiative louable. Sophiya porte un regard particulièrement amer sur les récents événements. «C'est une catastrophe humaine qui est en train de se passer, c'est complètement inattendu. Les Russes bombardent des  civils. Ils ont tué des enfants et frappent sans aucune raison».


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La directrice peine à comprendre la situation. «L'Ukraine essaye juste de vivre démocratiquement en choisissant sa propre voie. Poutine est malade. J'espère du fond du cœur que les sanctions à l'encontre de la Russie vont se poursuivre, de même que les soutiens internationaux à l'égard de l'Ukraine. Mon pays d'origine ne dispose clairement pas des outils militaires nécessaires pour se défendre face à un tel mastodonte. Si rien n'est fait, Poutine ira encore plus loin», craint la Stabuloise.

Cette dernière entend bien continuer à faire entendre sa voix lors des prochaines manifestations prévues à Luxembourg. «J'espère voir autant de monde que le week-end dernier, j'ai notamment vu des personnes d'origine russe prendre part à la manifestation pour dénoncer les agissements de leur pays.»

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