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Recycleur en Belgique, pollueur en Lorraine
Grande Région 2 min. 05.03.2020 Cet article est archivé

Recycleur en Belgique, pollueur en Lorraine

A Rédange (Moselle), le dépôt sauvage reste impressionnant.

Recycleur en Belgique, pollueur en Lorraine

A Rédange (Moselle), le dépôt sauvage reste impressionnant.
Photo : Pierre Matgé
Grande Région 2 min. 05.03.2020 Cet article est archivé

Recycleur en Belgique, pollueur en Lorraine

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Après la découverte de plusieurs dépôts sauvages d'ordures en zone frontalière française, les autorités belges viennent de prendre des sanctions à l'encontre d'une entreprise flamande, Snoeys.

(pj avec Jacques Ganser) Depuis quelques mois, plusieurs communes lorraines ont eu la désagréable surprise de constater que des camions avaient déversé sur leur territoire des tonnes et des tonnes de déchets. Le tout sans autorisation légale, bien entendu. Début 2020, le phénomène le plus spectaculaire avait été constaté à Rédange, en Moselle. Mais de Hayange à Longwy, en passant par Villerupt, Audun-le-Tiche ou Hussigny-Godbrange, d'autres décharges sauvages avaient vu le jour.

Au terme d'une rapide enquête, la culpabilité de la firme belge Snoeys basée près d'Anvers a été mise en évidence. Résultat, le ministre flamand de l'Environnement, Zuhal Demir, vient de retirer le permis d'exploitation à cette société spécialisée dans le recyclage. Elle aurait visiblement confié le devenir de plusieurs tonnes d'ordures et restes de chantiers (notamment issus du Luxembourg) auprès de la société bruxelloise Mondial Services. Et celle-ci ne disposait pas des autorisations nécessaires pour ce type de transport.


wilde Müllhalden im Grenzgebiet - Rédange (F) - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Encore un dépôt d'ordures sauvage juste à la frontière
A Rédange, près de 200 tonnes de déchets ont été illégalement déposées. Une société de transport luxembourgeoise est impliquée.

Les camions Mondial Service auraient ainsi été mis en cause dans des dépôts sauvages non seulement côté lorrain, mais aussi dans le Nord de la France. Le procureur du Roi belge a donc décidé d'ouvrir une enquête pour mesurer l'ampleur des dégâts causés par cette pratique hors la loi.

D'autres transporteurs ayant pu eux aussi assurer des transports et des dépôts illégaux pour le compte de Snoeys qui désormais ne peut plus agir comme collecteur, négociant et courtier en déchets.

Retour en Flandre

D'ores et déjà, la société publique flamande de gestion des déchets, l'Ovam, aurait contacté les autorités françaises. Le message passé étant que la France peut demander à la Flandre de reprendre les déchets mis en décharge illégalement. Ces gravats, ces ordures seraient alors retraités correctement ici en Flandre.

Selon les douanes françaises, en 2018, 42 infractions de décharge sauvage ont été relevées en Lorraine pour 135 tonnes. Face à ce constat, les contrôles de gendarmerie se multiplient en zone frontalière. La dernière en date, le 20 janvier dernier, avait permis d'intercepter un camion luxembourgeois transportant, sans autorisation, quelque deux tonnes de gravats. Le véhicule, en plus d'une amende, s'était vu interdire le territoire français. Quelques minutes plus tard, une camionnette chargée de 500 kg de sacs poubelles prêts à être déposés dans la nature avait aussi été arrêtée.


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