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Pour rouler en Belgique, il faudra davantage payer
Grande Région 3 min. 07.10.2019

Pour rouler en Belgique, il faudra davantage payer

Tous les nouveaux exécutifs régionaux entendent s'attaquer aux véhicules polluants, via des taxes.

Pour rouler en Belgique, il faudra davantage payer

Tous les nouveaux exécutifs régionaux entendent s'attaquer aux véhicules polluants, via des taxes.
Photo: Marc Wilwert
Grande Région 3 min. 07.10.2019

Pour rouler en Belgique, il faudra davantage payer

Jusqu’ici limitée à Bruxelles, la chasse aux véhicules polluants est annoncée en Flandre et en Wallonie.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles)  - Dans un avenir qu’il reste à déterminer, tout véhicule polluant devra payer en Belgique des taxes proportionnellement à la distance parcourue. L’imposition forfaitaire annuelle ne sera plus qu’un souvenir pour un nombre important de Belges. Quant aux étrangers, ils devront eux aussi mettre la main à la poche. 

C’est ce qui ressort des programmes des nouveaux exécutifs régionaux, lesquels ont la mobilité dans leurs compétences. Tout ce qui roule n’est pas visé. Il n’est pour l’instant question que des véhicules les plus polluants. La mesure vaudra pour les particuliers, ainsi que pour les utilisateurs des voitures professionnelles et de société.


Haro sur la taxe kilométrique bruxelloise
La mesure, qui répond au mal belge en termes de mobilité, fait l’objet d’une avalanche de critiques.

C’est vrai à Bruxelles mais aussi en Wallonie, régions où les écolos participent désormais au pouvoir. «Taxer la pollution des véhicules, c'est une priorité absolue en tant qu'écologiste», répète Philippe Henry, le nouveau ministre wallon de la Mobilité. 

Le Liégeois s’apprête à déclarer la guerre à l’automobile. Il vient ainsi de faire geler plusieurs projets autoroutiers, dégageant en conséquence une cinquantaine de millions d’euros qu’il destine à la mobilité douce.

Une spécificité wallonne  

Jusqu’à présent toutefois, en dépit des multiples annonces, le CO2 n’a jamais été pris en compte dans le calcul de base des taxes (sauf pour l'éco-malus) en Wallonie. Philippe Henry rétorque en assurant qu’il existe bien «un objectif commun visant à réduire les émissions de CO2 et le nombre de voitures dans les villes».

En janvier dernier, sous la précédente législature, le Parlement wallon avait déjà  voté un texte censé conduire à terme à l'instauration de zones basses émissions dans la région et à l'interdiction progressive, sur ses routes, des véhicules les plus polluants.

La Flandre à la pointe

La difficulté sera toutefois de faire respecter cette mesure sur un territoire essentiellement campagnard. La Wallonie manque de moyens. Or financer les caméras et les salaires des policiers qui auront à chasser les pollueurs demandera énormément d’argent.

Quant à la Flandre, elle ne s’intéresse pas qu’aux vieux tacots. Les taxes automobiles pour les nouvelles voitures les plus polluantes vont augmenter dès 2021. La région se basera sur les niveaux d'émissions WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures), le nouveau test d'homologation des véhicules européens qui calcule des émissions plus proches de la réalité et donc plus élevées.

Au 1er août, la Belgique comptait près de 5,9 millions de voitures privées, dont trois millions de diesels.
Au 1er août, la Belgique comptait près de 5,9 millions de voitures privées, dont trois millions de diesels.
Photo: Shutterstock

En résumé, chaque région belge aborde le problème de la pollution de manière différente. Bruxelles, où les véhicules les plus polluants sont déjà bannis, plaide pour une taxe intelligente, à l'usage. La congestion de la capitale coûte 8 milliards d'euros à l'État chaque année.

En Wallonie, Philippe Henry espère réduire les émissions de CO2 de 55% d’ici 2030 - cela en dépit des obstacles décrits ci-dessus. Le sud du pays veut en outre rattraper son retard sur la Flandre en créant une offre d'alternatives de transports en commun et en construisant de nouvelles pistes cyclables.


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C'est un véritable défi en Wallonie où le cycliste ne pèse rien face au trafic automobile. Puis viendra la refonte des taxes de roulage et de mise en circulation en fonction de la masse, la puissance et la pollution des véhicules.

Les villes belges et leurs périphéries suffoquent sous le trafic et la pollution. Au 1er août dernier, la Belgique comptait près de 5,9 millions de voitures privées, dont trois millions de diesels.


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