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Metz, capitale mondiale de l’environnement
Grande Région 6 3 min. 05.05.2019

Metz, capitale mondiale de l’environnement

 La société civile s'invite au G7 de Metz pour dénoncer «la mascarade» des grandes puissances face à «l'urgence climatique».

Metz, capitale mondiale de l’environnement

La société civile s'invite au G7 de Metz pour dénoncer «la mascarade» des grandes puissances face à «l'urgence climatique».
Photo: AFP
Grande Région 6 3 min. 05.05.2019

Metz, capitale mondiale de l’environnement

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Ces dimanche 5 et lundi 6 mai, la ville lorraine accueille un G7 tout spécial sur les enjeux de la transition énergétique. La société civile s'est également invitée pour dénoncer «la mascarade» des grandes puissances face à «l'urgence climatique».

(AFP et Marc Auxenfants) - Les Ministres de l’environnement du Royaume-Uni, du Japon, du Canada, des Etats-Unis, d'Italie et d'Allemagne se réunissent ces 5 et 6 mai au centre des congrès de Metz, pour un sommet du G7, à l'invitation du  ministre de la Transition Ecologique et Solidaire François de Rugy, afin d'évoquer les enjeux de la transition énergétique dans le monde.

La France, qui a pris au 1er janvier 2019 la présidence du groupe des économies considérées les plus riches du monde, compte aborder les thèmes entre autres du réchauffement climatique, de l’effondrement de la biodiversité, des pollutions massives ou encore de l’épuisement des ressources naturelles.

 Ils sont d'accord pour surtout ne rien changer  

La société civile s'est également invitée à l'événement: une cinquantaine de membres du collectif Alter G7 Metz a mimé dimanche «une scène de catastrophe naturelle» pour dénoncer «la mascarade» des grandes puissances face à «l'urgence climatique».

«On sait qu'ils sont d'accord pour surtout ne rien changer, continuer à engranger des profits et à faire en sorte que les pays soient en concurrence fiscale et que le système capitaliste soit bien protégé», dénonce Charlotte, membre du collectif. À côté d'elle, près de la gare, à proximité d'un barrage policier et à quelques centaines de mètres du Centre des congrès où se déroule le sommet, des hommes, des femmes et des membres du collectif déguisés en animaux sont allongés sur le sol. Habillés d'une combinaison blanche, «des exterminateurs» déposent des déchets plastiques et électroménagers, puis versent sur le sol du charbon et des boues rouges. 

Parmi les animaux, un lémurien, un poussin et un personnage de jeu vidéo, «parce que si on continue, on n'aura que des animaux artificiels», résume l'un des participants. Des hommes et des femmes en costume ou manteau noir, portant des masques représentant les visages des dirigeants du G7, les regardent en faisant semblant de trinquer, hilares. Leurs coupes en plastique sont remplies de faux billets de banque. 

«Le G7, cette jet-set», s'amuse l'un deux, cigare à la main et portant un masque de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. «On est en train de tout détruire, les copains! Je viens vendre des poulets à la Javel aux Européens», ironise-t-il. Ils trinquent avec un homme en costume sur lequel sont épinglés les noms de multinationales. «Les multinationales sont avec les grands du G7 pour se faire plein de pognon», dit-il. 

«C'est une scène de catastrophe naturelle pour dénoncer la mascarade du G7 Environnement», explique Charlotte. «On est dans l'inaction. Cela fait vingt ans, quarante ans, qu'on rabâche les mêmes solutions», regrette-t-elle. Après une vingtaine de minutes, encadrés par un cordon de forces de l'ordre, les militants ont chanté: «On est là, on est là, même si vous ne le voulez pas, nous on est là, face au G7 des cyniques, pour l'urgence climatique, nous on est là. Face aux plus grands des pollueurs et pour un monde meilleur, même si vous ne le voulez pas, nous on est là!».

Tout récemment, des scientifiques et diplomates de 130 pays s'étaient réunis à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. Un exercice qui s'était transformé en un sombre inventaire de la nature vitale pour l'humanité.