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Les infirmiers de Belgique à l'arrêt jeudi
Grande Région 2 min. 23.10.2019

Les infirmiers de Belgique à l'arrêt jeudi

Les conditions de travail au sein des hôpitaux privés belges se sont sérieusement dégradées.

Les infirmiers de Belgique à l'arrêt jeudi

Les conditions de travail au sein des hôpitaux privés belges se sont sérieusement dégradées.
Photo: Lex Kleren
Grande Région 2 min. 23.10.2019

Les infirmiers de Belgique à l'arrêt jeudi

Depuis juin dernier, le mouvement des blouses blanches ne faiblit pas. Le 24 octobre, il risque même d’atteindre un nouveau pic avec une grève générale du personnel hospitalier et des soins de santé au niveau national.

(ER) - «Épuisement», «conditions de travail de plus en plus pénibles», «déshumanisation» ou encore «charges de travail»: le personnel infirmier belge est de plus en plus inquiet quant aux conditions de travail et d'une manière  générale l'avenir de la profession. Les blouses blanches des hôpitaux privés comme des services de soins à domicile sont donc bien décidées à le rappeler aux autorités compétentes lors d'une grève programmée ce jeudi 24 octobre à travers tout le pays. 

Pourtant, il y a deux ans, un grand accord social avait été signé entre syndicats, gouvernement et représentants des hôpitaux privés. Hausse de salaires, classification de fonction et autres mesures: près de 100 millions d'euros avaient été dégagés. Mais à l'heure actuelle, syndicats et employeurs ne parviennent cependant pas à traduire ce pacte en conventions collectives.  

Six conventions réclamées

«C'est bien, mais pas suffisant. Les 100 millions octroyés permettent à peine de tenir un cinquième des progressions salariales espérées. Trente nouveaux millions sont attendus mais il faudrait, en réalité, 500 millions pour aller au bout», explique Yves Hellendorff, secrétaire national de la CNE, au journal Le Soir.

Les syndicats souhaitent que soient signées rapidement six nouvelles conventions réglant les vacances annuelles, la formation, la flexibilité des horaires, les heures supplémentaires… 

L'exode des personnels

Le son de cloche des responsables d'hôpitaux est tout autre. «On frise la paranoïa. Ils doivent arrêter de faire croire que les hôpitaux sont des grands voleurs, loin de là», estime Yves Smeets. Et le directeur général de la fédération hospitalière (Santhea) d'insister sur «le respect de l'accord social de 2017 et pas seulement des parties qui arrangent» les syndicats.


CHEM, Centre Hospitalier Emile Mayrisch, Foto Lex Kleren
Le Luxembourg, véritable aimant pour les infirmiers
Si les besoins en matière de soins ne cessent de croître dans le pays, cette demande touche directement les pays voisins, puisque plus de la moitié du personnel soignant n'est pas luxembourgeois. Ce qui n'est pas sans conséquence pour les hôpitaux de l'autre côté des frontières.

Autre problème pour les responsables des sites hospitaliers: la fuite des talents. Depuis quelques années, les établissements situés en province de Luxembourg, comme ceux de Lorraine, sont régulièrement confrontés à l'exode de leur personnel vers le Luxembourg. Ce phénomène s'est intensifié ces deux dernières années.  

Le Grand-Duché apparaît comme un véritable aspirateur qui attire les personnels de soins et santé formés de l'autre côté de la frontière.  Selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de la Santé, la part de personnel infirmier étranger est plus importante que celle des Luxembourgeois.   

C'est dans ce contexte particulièrement tendu que le personnel infirmier, en libéral comme hospitalier, va donc débrayer ce jeudi mais avec un service minimum prévu sur les différents sites. Certains hôpitaux ou services pourraient donc n'être pénalisés que d'un arrêt de travail de quelques minutes au fil de la journée. 


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