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Les «Huit de Cattenom» évitent la prison
Grande Région 1 2 min. 15.01.2020 Cet article est archivé

Les «Huit de Cattenom» évitent la prison

Greenpeace dénonce régulièrement les dangers du nucléaire en France par des actions spectaculaires.

Les «Huit de Cattenom» évitent la prison

Greenpeace dénonce régulièrement les dangers du nucléaire en France par des actions spectaculaires.
Photo: Luxemburger Wort
Grande Région 1 2 min. 15.01.2020 Cet article est archivé

Les «Huit de Cattenom» évitent la prison

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les militants de Greenpeace qui s'étaient introduits dans la centrale nucléaire lorraine, en 2017, ont été jugés ce mercredi. La Cour d'appel de Metz les a condamnés à des jours-amendes ainsi qu'un salarié de l'association. Mais près de 260.000€ devront être versés à EDF pour préjudices.

L'image avait fait le tour des journaux télévisés: des activistes écologistes franchissant l'enceinte de la centrale EDF de Cattenom et réussissant à déclencher un feu d'artifice au cœur des installations nucléaires. Une occasion de signaler une faille de sécurité en novembre 2017 qui, ce mercredi, s'est traduite par une décision de justice à l'encontre des huit militants impliqués et d'un personnel de Greenpeace France. Le choix de l'emprisonnement, un temps envisagé, n'a pas été retenu par les juges.

Aux premiers (cinq hommes et trois femmes, âgés de 29 à 50 ans), la Cour d'appel de Metz où a été rendu le jugement réclame 180 jours-amende s'échelonnant de 4 à 11 euros. Soit de 720 euros à 1.980 euros. Quant au second, Yannick Rousselet, directeur de la campagne nucléaire de Greenpeace, jugé pour complicité, il devra s'acquitter de 270 jours-amende à 10 euros, soit 2.700€.

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Mais surtout, la Justice française leur impose de verser solidairement à EDF 211.806€ au titre du préjudice matériel et économique, et 50.000€ en réparation du préjudice moral. Tandis que l'ONG a été condamnée à une peine d'amende de 25.000 euros.

Le 12 octobre 2017 à l'aube, vêtus d'une combinaison orange et munis d'une échelle, d'une disqueuse portative et de pinces, ces activistes antinucléaires avaient franchi trois clôtures pour pénétrer dans le site de la centrale nucléaire. Ils avaient alors tiré un feu d'artifice près du bâtiment abritant la piscine à combustible. Si les huit interpellés ont reconnu leur implication, ils ont plaidé la carte de «lanceurs d'alerte». 

Pour Roger Spautz, Chargé de campagne nucléaire Luxembourg et France, «cette décision reconnaît implicitement le bien-fondé de nos motivations et la réalité du danger nucléaire. En écartant les peines d’emprisonnement, les juges montrent qu’ils ont été sensibles à nos arguments et à la vague de soutien qui a accompagné ce procès». Et de regretter cependant que les militants, ayant agi «dans l’intérêt général pour dénoncer les risques liés aux défaillances des centrales nucléaires françaises, n’aient pas été purement et simplement relaxés». 


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