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Les déchets nucléaires sortent de l'ombre du covid-19
Grande Région 4 min. 03.06.2020

Les déchets nucléaires sortent de l'ombre du covid-19

La consultation populaire en ligne concernant les déchets nucléaires prend fin le 13 juin.

Les déchets nucléaires sortent de l'ombre du covid-19

La consultation populaire en ligne concernant les déchets nucléaires prend fin le 13 juin.
Photo: Shutterstock
Grande Région 4 min. 03.06.2020

Les déchets nucléaires sortent de l'ombre du covid-19

Si la communication et la cartographie de l'implantation de possibles sites d'enfouissement des déchets radioactifs en Belgique ont fait naître quelques tensions entre le Luxembourg et le royaume, elles ont eu le mérite de mettre en lumière un débat resté en retrait de la crise sanitaire.

(DH) - L'incident est clos. C'est en substance ce qu'a déclaré, ce mercredi au micro de RTL, Carole Dieschbourg (Déi Gréng), ministre de l'Environnement,  sur les tensions actuelles avec le gouvernement belge sur l'implantation future de sites de gestion des déchets radioactifs à proximité du Grand-Duché. Une décision qui fait débat dans le royaume et qui a électrisé le climat au Grand-Duché après que le géoportail luxembourgeois a cartographié les sites proposés sur base des éléments scientifiques indiqués par l'Ondraf.

Car l'organisme fédéral, chargé de la gestion des déchets nucléaires en Belgique, n'avait pas établi de carte lui-même. Mais il avait toutefois retenu certaines zones en raison de leur composition géologique qualifiée de «favorables» à l'enfouissement de pareils matériaux sensibles. Nombreuses en Wallonie, ces couches souterraines se trouvent être transfrontalières pour certaines, comme le soulignait la carte établie par le ministère luxembourgeois.

Les deux zones retenues par les autorités belges qui préoccupent le Luxembourg au plus haut point.
Les deux zones retenues par les autorités belges qui préoccupent le Luxembourg au plus haut point.
Détail : site Géoportail.lu

L'administration de l'Environnement pointe ainsi au plus loin les massifs de Rocroi (à 88 km de la frontière) et la région de Namur (80 km), et au plus près la Gaume et la couche géologique de Neufchâteau qui traverse le pays. Ce qui fait craindre à Carole Dieschbourg «la mise en danger de la qualité de notre eau potable».

Mais après avoir avancé ces observations, l'Ondraf se garde bien de les traduire en affirmations. L'organisme belge indique ainsi dans une publication que «le processus de choix d'une localisation d'un site de stockage n'est pas à l'ordre du jour», ni de sa proposition, ni de la consultation populaire en ligne qui prend fin le 13 juin. «L'évaluation des incidences environnementales qui accompagne le plan mentionne uniquement les roches hôtes qui pourraient théoriquement entrer en ligne de compte pour un stockage en Belgique», mentionne encore prudemment l'Ondraf.


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Alors que la consultation transfrontalière prend fin le 13 juin, c’est au tour du Comité national d’action contre le nucléaire de monter au créneau. Le collectif luxembourgeois s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une implantation notamment dans la région de Neufchâteau.

En définitive, si le Luxembourg a eu le mérite de mettre en lumière un débat passé quasiment inaperçu en raison de la crise sanitaire et du confinement, sur le fond, les décisions apparaissent encore lointaines. A la fois quant à la méthode de gestion par enfouissement, mais aussi quant à la localisation de sites «favorables». 

Pour rappel, la gestion des déchets radioactifs générés au Luxembourg se trouve sous-traitée en Belgique. Des déchets qui proviennent essentiellement de laboratoires de recherche ou de l'activité hospitalière. Selon l'Ondraf, le volume total de ces matériaux dangereux importés en Belgique pendant la période 1995-2010 correspond - après traitement et conditionnement - à un volume d'environ 0,5 m3.

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